‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 42 sur 227 · PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

gravi, suivant des pentes croissantes, la vallée de la Seine, celles de l'Yonne, de l'Armançon, de la Brenne et de l'Oze, atteignait, près de la station de Blaisy-Bas, une hauteur de plus de 400 mètres audessus du niveau de la mer. Arrivé là, il lui restait à franchir un dernier obstacle, pour passer du bassin de la Seine dans celui du Rhône, et pour relier ainsi, par une ligne continue de fer, les eaux de la Manche à celles de la Méditerranée. La hauteur maximum du massif à entamer était de 200 mètres, la longueur, plus de 4 kilomètres. Un souterrain fut décidé et construit ; en voici l'entrée du côté de Blaisy-Bas :

Fig. 26. Entrée du tunnel de Blaisy, sur la ligne de Paris à Lyon.

De 200 mètres en 200 mètres, vingt et un puits ont été creusés pour rétablissement du tunnel, et maçonnés à l'intérieur comme la galerie. On en a conservé quinze, pour l'aérage. Disons à ce propos que des ingénieurs fort compétents, qui ont étudié d'une façon particulière la construction des sou* terrains, regardent comme inutile la conservation des puits. L'expérience prouve, selon eux, qu'ils ne donnent sensiblement ni air ni jour, et qu'ils sont en revanche des causes fréquentes d'accidents. Les courants, dont la fonction est d'aérer le tunnel, s'établissent par les deux têtes.

Il est vrai de dire que cette opinion était formulée à une époque où il s'agissait de tunnels d'une longueur dépassant à peine un demi-kilomètre; or, le tunnel de Blaisy atteignant près de neuf fois cette longueur, il est à présumer que les ingénieurs, en conservant les trois quarts des puits, n'ont pas exagéré les prescriptions de la prudence et de l'hygiène 1 .

Du reste, si vous êtes curieux de voir de quelle façon les puits creusés pour la construction de ce

1. De Tinégale profondeur des puits, résulte, on le sait, une différence d'équilibre dans les colonnes d'air qui les remplissent, par conséquent, un courant dans la galerie.

C'est le principe même de l'un des modes d'aérage employés dans les mines. Quand la profondeur devient très-considérable, on emploie des moyens mécaniques, par exemple, des ventilateurs mis en mouvement par des machines.

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