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PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

33 cent. C'est, comme on le voit, une fourniture assez importante, mais sur laquelle il ne convient pas de faire porter des économies; là, comme en beaucoup d'autres cas, ce serait des économies mal entendues. La bonne conservation des traverses en dépend ; par suite la durée de la chaussée, la stabilité des rails, et, en dernière analyse, la sécurité des voyageurs. Or, il y a là un ensemble d'avantages qu'une compagnie, soucieuse des intérêts du public et des siens propres, ne saurait trop veiller à obtenir.

Arrivons aux traverses. Tout le monde sait que les bandes de fer, qu'on nomme les rails, ne sont pas directement posées sûr le sol — la voie n'aurait ainsi aucune stabilité — mais bien, ordinairement du moins, sur des pièces de bois placées en travers sur le ballast, perpendiculairement à l'axe du chemin : ces pièces de bois sont les traverses. A l'origine, on a essayé de fixer les rails sur des dés en pierre, sorte de blocs cubiques, enterrés de distance en distance dans le sol; mais si un tel système présentait 'des avantages au point de vue de l'économie, la pierre durant indéfiniment pour ainsi dire, il n'en était pas de même, au point de vue de la stabilité. Les deux lignes de rails d'une même voie, que les traverses rendeflt solidaires, se déplacent aisément, s* écartent, lorsque les dés s'écartent , et se déplacent eux-mêmes, sous l'action des mouve-

ments du sol ; de là, des inconvénients graves, des dangers de déraillement pour les machines et pour les trains. Aussi les dés sont-ils abandonnés généralement.

Quant aux traverses, elles offrent de nombreux avantages, et n'ont guère qu'un inconvénient, celui de coûter fort cher. Parmi ces avantages, citons celui de transmettre à la voie la pression du convoi, et de rendre le mouvement des trains fort doux, et cet autre, non moins important, de maintenir le parallélisme des deux lignes de rails.

Le chêne, le hêtre, le sapin, le pin, voilà pourjla nature des bois employés. Mais tous ne se conservent pas également bien, et il n'y a guère que le chêne, dont on puisse se servir sans préparation : c'est le bois qu'on emploie le plus en Belgique et en France ; tandis qu'en Angleterre, en Allemagne, les traverses sont le plus souvent en bois de sapin ou de pin préparé. Des injections de sulfate de fer ou de cuivre, de créosote, de chlorure de zinc, voilà, en 1 deux mots, la nature des préparations le plus généralement adoptées. L'expérience prouve que ces substances, en pénétrant à l'intérieur des fibres, et en prenant la place de la sève, donnent au bois une plus grande durée. Mais s'ensuit-il qu'il y aitxlans l'emploi de ces procédés une réelfe économie? C'est un point, sur lequel les hommes compétents ne paraissent pas encore suffisamment édifiés, quel que

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