PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE
dans une entaille, pratiquée dans le bois de la traverse, au moyen d'un gabarit spécial , c'est-à-dire . d'un modèle ainsi composé : deux bouts de rail fixés aux extrémités d'une barre de fer — à une distance telle que l'écartement soit précisément égal à la largeur de la voie projetée — sont placés dans deux coussinets et inclinés vers leur milieu d'une façon convenable ; je dirai tout à l'heure pourquoi cette inclinaison. Ce gabarit, placé sur chaque traverse à sabotter, sert à tracer les entailles. L'ouvrier chargé du sabottage exécute l'entaille, et lui donne l'inclinaison voulue par des essais successifs du gabarit. Puis, il perce les trous destinés aux chevillettes, les enfonce et de la sorte achève la pose du coussinet. Voici une traverse munie de ses deux coussinets:
Fig. 51. Assemblage d'une ti averse et des coussinets.
les rails y sont figurés par leur profil. Il importe que l'assemblage du coussinet et de la traverse ait la plus grande solidité possible; ai-je besoin d'en dire la raison? Il faut aussi qu'ils t soient placés de
telle sorte, que l'inclinaison des deux rails vers le milieu de la voie soit constante. Voici pourquoi cette inclinaison : la poussée latérale des roues tendrait , si le rail était posé verticalement sur la traverse, à le faire céder vers l'extérieur de la voie, par suite à le coucher dans ce sens. L'inclinaison est de 1/20 sur les parties droites d'une ligne ; elle va jusqu'à 1/10 dans les parties courbes.
Dans le système de rails à patins , les traverses ne sont point sabottées 1 , par la raison fort simple que les coussinets sont supprimés. Voici une traverse de ce genre munie de ses deux rails :-
Fig. 52. Assemblage d'une traverse de voie Vignole.
Le sabottage terminé, les traverses sont posées sur le ballast, à des distances de 90 centimètres, d'axe en axe ; sept traverses, nous l'avons déjà vu , pour un rail de six mètres. Les deux traverses entre
1. A moins qu'on n'entende par sabottage l'entaillage des traverses et le percement des trous destinés à recevoir les tirefoids : un ingénieur distingué, M. A. Castor s'est servi, pour cette double opération, d'une ingénieuse machine mue par la vapeur, dont l'invention lui est due. et qui a fonctionné sur les lignes de Soissons et de Chantilly.