‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 72 sur 227 · PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

lesquelles se trouvent les bouts de deux rails consécutifs sont dès lors distantes de 60 centimètres au lieu de 90. Mais voici d'une part un plan, d'autre part une vue en perspective d'une portion de voie, qui me dispenseront d'une plus longue description.

Fig. 53 et 54 Vue et plan d'une portion de voie.

Comment sont réunis les deux bouts de rails?

Dans le dessin qui précède, c'est par le moyen de deux pièces en fonte, fixées latéralement dans les rainures des rails, et solidement unies par des boulons.

Lorsqu'on ne se sert pas d'éclisses — c'est le nom de ces pièces — les abouts des rails portent sur une traverse, et sont réunis dans un coussinet spécial. Si la pose des rails est bien faite, les joints sont tels, que les voitures, en passant d'un rail à l'autre, n'éprouvent qu'une très-faible secousse, condition aussi agréable au voyageur que favorable à la conservation du matériel. Je n'ai rien dit des précautions à prendre pour que la pose des traverses s.e fasse avec le niveau convenable, ni du bourrage du sable à ses extrémités, ni du redressement de la voie; mais je ne puis m'empêcher de mentionner ce qui concerne l'écartement des bouts des rails à leurs joints ; car il ne faut pas croire que les rails se touchent bout à bout. La raison en est simple : comme le fer se dilate par la chaleur, et, au contraire, se contracte sous l'influence d'un abaissement de température, il faut de toute nécessité laisser à cette dilatation le jeu dont elle a besoin. La pose a-t-elle lieu en hiver, on laisse quatre millimètres d'espace ; deux millimètres seulement, si cette pose a lieu en été. Sans cette précaution, qu'arriverait-il? Vous allez faire vous-même la réponse : les rails, en s'allongeant , se comprimeraient les uns les autres par leurs extrémités, le niveau de la voie s'infléchirait, et les coussinets pourraient sauter.

Laissons maintenant les ouvriers poser la se-

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