PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE
pas le côfé économique de la question : c'est un point, d'ailleurs, qu'il ne m'appartient pas de traiter ici.
Ceci nous amène à dire un mot des chariots de service.
Le prix considérable des plaques tournantes a décidé la plupart des compagnies de chemins de fer à employer, pour le service des gares, des appareils d'une autre nature. Ce sont des chariots circulant sur des voies transversales, établies en contre-bas des voies parallèles, qu'elles doivent desservir. Ces chariots portent, sur leur plancher supérieur, une voie dont le niveau est le même que celui des rails de ces voies. Un véhicule placé sur le chariot peut donc passer sur Tune quelconque d'entre elles : il suffit pour cela, de le faire mouvoir jusqu'à ce que ses rails se trouvent sur le prolongement exact des rails de la voie dont il s'agit.
L'inconvénient de ces engins est d'interrompre les voies qu'ils ont pour objet de desservir. Aussi est-on parvenu à leur substituer des chariots, qui circulent sur des rails de même niveau. Des pompes, faisant partie d'une sorte de machine hydraulique, permettent de hisser les voitures sur le chariot, qui se trouve alors placé à l'intersection de la voie transversale et de la voie sur laquelle repose la voiture. Roulant alors le chariot jusqu'à la ligne qu'on veut faire prendre au véhicule, on supprime le jeu
de l'appareil hydraulique, et la voiture est déposée sur les rails de la nouvelle voie.
D'autres systèmes de chariots, dont la description m'entraînerait trop loin , fonctionnent aussi sur plusieurs lignes françaises et étrangères. J'ajouterai seulement, que j'ai vu manœuvrer dans les ateliers de La Chapelle, sur la ligne du Nord, un chariot mû par une petite locomotive que surveillait et manœuvrait un ancien ouvrier du chemin. C'était merveille de voir avec quelle précision, ce moteur en miniature conduisait le chariot en face des voies parallèles : la consommation de la petite machine est d'ailleurs si faible, qu'il y a une réelle économie à employer un système aussi commode.
Il me reste encore, pour terminer ce qui concerne le matériel fixe de la voie, à dire un mot des passages à niveau, c'est-à-dire des points de la ligne de fer que traversent des routes ordinaires, au niveau même de Ja voie. Pour empêcher que la saillie des rails ne soit un obstacle au passage des voitures, la voie est pavée dans toute la largeur de la route, au niveau même des rails. Seulement , comme il faut donner passage au bourrelet des roues, on établit des rainures le long du rail, et à l'intérieur de chaque voie; puis on borde d'un contre-rail l'autre côté de ces rainures.
Ce n'est pas tout. Comme il serait dangereux au passage des trains, aussi bien pendant le jour que