‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 97 sur 227 · DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE

les entreprises publiques de transport. La poste aux chevaux permettait plus encore, il est vrai, mais Dieu sait à quel prix; quant au roulage, sa régularité, son bon marché, sa vitesse relative semblaient défier tous les efforts de la concurrence.

Jamais cependant, hélas ! la décadence n'avait été si proche. Rails, locomotives, chemins de fer eurent fait à peine leur apparition, qu'en peu d'années, diligences, chaises de poste et roulage furent relégués au second plan ; non pas détruits, je l'ai dit ailleurs. Mais dès lors la route de terre tendit de plus en plus à devenir la succursale du rail-way, et son règne appartiendra bientôt à l'histoire.

Les anciens modes de transport pouvaient aisémçnt pressentir leur fin prochaine. Déjà, le dernier siècle avait vu le triomphe de la vapeur dans la grande industrie. Le moteur nouveau était donc trouvé.

Mais la lourde chaudière restant immobile et comme fixée au lieu même de son travail, l'application aux transports en parut d'abord impossible, du moins en ce qui concerne les routes de terre. Après une série de remarquables progrès, les premières années du dix-neuvième siècle furent témoin d'une nouvelle conquête , qui installa la puissante machine sur une demeure mobile : Fulton réalisait, dans le bateau à vapeur, le rêve de Papin. C'était un premier pas vers la solution du problème. Quel

autre pas restait-il à faire? Il fallait rendre le moteur lui-même automobile.; il fallait employer ce mouvement même à remorquer la charge qu'on veut transporter au loin.

Ce pas fut fait, et la locomotive inventée.

Sous la pression de quelles exigences s'est accomplie cette décisive réforme, dans l'industrie des transports, c'est ce que je n'ai point mission de dire. Qu'on songe feulement à l'immense développement du commerce et des arts industriels, en Amérique comme en Europe, depuis la fin du dixhuitième siècle, et l'on comprendra, que les sociétés modernes ne faisaient qu'obéir à une nécessité chaque jour plus pressante, celle de traduire en faits matériels et pratiques, la grande pensée qui a fait éclosion dans le monde, il y a soixante* douze ans.

C'est à ce mouvement qu'on doit rattacher, ce me semble, les progrès de la locomotion, ceux de la télégraphie, et bien d'autres encore.

Comme la plupart des grandes inventions mécaniques, la locomotive n'est point venue tout dhipe pièce* Informe à l'origine, c'est grâce aux efforts de cent hommes de génie ou de talent, grâce au concours de la théorie et de la pratique, qu'elle est devenue la merveilleuse machine que vous savez, Aussi, est-ce bien à la locomotive qu'on pourrait appliquer aujourd'hui la comparaison d'un maître

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