TRACÉ DÉFINITIF. — ÉTUDE DU TERRAIN
Idée sommaire des opérations effectuées sur le terrain pour le levé des plans et pour le nivellement. — Triangulation topographique. — Le nivellement ; usage du niveau d'eau et de la mire ; cotes et courbes de niveau. — Profils du chemin en long et en travers.
Peu à peu, grâce aux études préliminaires du tracé, les jalons se multiplient sur notre ligne et en resserrent la direction dans des limites de plus en plus étroites. Aux grandes cités, qui formaient comme les têtes de ligne du chemin de fer, sont venus s'adjoindre des points d'une importance secondaire : Dijon, Mâcon, Avignon, Valence, ont divisé la grande voie en tronçons partiels, dont chacun donnera lieu à une étude spéciale.
Mais aussi, à mesure que ces tronçons diminuent de longueur, les conditions du tracé sont de plus en plus du ressort de la science, et, par le fait, susceptibles d'une précision plus géométrique. L'ingénieur devient le souverain juge de la solution définitive. Ses conceptions, il est vrai,
restent toujours soumises à l'aphorisme fondamental des Compagnies : Proportionnel* la dépense au produit présumé du trafic présent ou à venir; mais pour tout le reste, c'est à sa science pratique, aux règles de son art que désormais il doit tout rapporter.
Dans chaque tronçon, si petit qu'il soit, de la ligne projetée, il est deux de ces règles que l'ingénieur doit respecter plus impérieusement que toutes les autres, et dont voici l'énoncé :
« Ne point dépasser la limite supérieure d'inclinaison des rampes et des pentes, limite déterminée par l'expérience et par la théorie ;
« Ne faire suivre à la direction du chemin aucune courbe dont le rayon soit inférieur à une autre limite pareillement déterminée. »
J'aurai bientôt l'occasion de vous parler de ces règles; disons seulement que, pour être rigoureusement suivies, elles exigent une série d'études très précises, ayant pour but la connaissance du terrain. Or, je ne vois qu'un moyen de vous faire comprendre ce que sont de telles études, c'est de vous inviter à accompagner l'ingénieur, avec tout son personnel auxiliaire, sur le champ même des opérations. Comme jusqu'à présent nous ne sommes guère sortis des considérations générales, toujours un peu abstraites, par suite un peu ennuyeuses peut-être, il ne pourra nous déplaire d'aller par monts et par vaux, courant çà et là en