TROISIÈME PARTIE. — RÉFECTION DE LA VOIE
— Et qui charge-t-on du soin de reconnaître et de réparer ces accidents?
— C'est toute une hiérarchie : des gardes-voie, pour la surveillance journalière et les menues réparations; des cantonniers poseurs, pour les réparations urgentes, qui exigent un outillage spécial et T habitude de ces sortes de travaux ; des ateliers de démontage, dépose et de substitution, pour les remaniements qui se font sur une grande échelle; des conducteurs, à qui est confiée la surveillance des gardes-voie et des cantonniers, la visite de la voie et l'exécution des réparations indispensables à la sécurité des convois. Enfin, dominant tout ce personnel, vient r ingénieur de la voie. Une fois par mois, au moins, ce fonctionnaire doit inspecter la ligne entière, s'assurer de l'observation des règlements, prendre note de travaux extraordinaires, en rédiger les projets, et les faire exécuter après autorisation de la direction.
« Tel est le personnel attaché à la surveillance et à l'entretien de la voie.
« Tu as pu remarquer, tout le long du chemin de fer, et de distance en distance, ces modestes employés, le plus souvent vêtus d'une blouse bleue et coiffés d'un chapeau de cuir bouilli, sur le front duquel se détachent ces mots découpés dans une bande de cuivre : Chemin de fer; postés près des passages à niveau, un petit drapeau roulé à la main, ils indiquent au chef de train que la voie
est libre, quand ils tendent le bras dans une direction parallèle à la voie l ; le drapeau déployé, vert ou rouge, en travers du chemin, est au contraire un signal de ralentissement ou d'arrêt. Ce sont les gardes-voie.
« Enlever de la voie — du moins dans la partie qui leur est confiée — tous les objets qui pourraient entraver ou seulement gêner la marche des trains, donner ou transmettre les signaux, ouvrir et fermer les barrières, écarter les bestiaux, nettoyer à fond les rainures sous les passages à niveau, constater les ruptures de rails, les éboulements, donner, s'y a lieu, le signal de ralentissement ou d'arrêt, ramasser avec soin le coke tombé sur leur triage, les effets, les ballots échappés des wagons et des voitures, tel est le service assigné aux gardes-voie. Les règlements les rendent responsables des retards occasionnés par un embarras qu'ils n'auraient pas fait disparaître, ou au moins signalé.
« Voyageurs, chaudement renfermés dans vos voitures bien closes, à l'abri du mauvais temps, songez quelquefois à ces vigilants gardiens, dont l'active surveillance est la sauvegarde de votre sécurité. Une pauvre guérite, voilà tout ce qu'ils ont pour se garer des plus violentes bourras-
I. Les gardes de station se placent au contraire à angle droit sur la voie, annonçant ainsi au train qu'il doit s'arrêter.