‹ Les chemins de ferChapitre 16 sur 139 · PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

mètres, mires et jalons, un havresac garni de provisions plus substantielles? Le travail exécute avec un zèle rare et une méthode irréprochable, puis les repas sur l'herbe, au bord des ruisseaux, les gaies chansons au beau soleil, tout cela s'entremêle d'une façon qui prévient toute monotonie.

Mais en quoi consiste le nivellement?

Imaginez la surface liquide des mers, dont le niveau est généralement inférieur au continent, partout prolongée au-dessous du sol. La terre ainsi régularisée formerait, vous le savez, une immense sphère polie; mais, grâce aux énormes dimensions de notre globe, chaque portion de la surface, dans un rayon d'une certaine étendue, aurait l'apparence d'une nappe plane, tant la courbure en serait insensible. C'est ce miroir idéal, cet horizon inférieur, souterrain, qui sert de plan de comparaison — c'est le mot technique — pour la mesure des hauteurs verticales des différents points du sol. Et voilà pourquoi vous entendez dire : « Le sommet de cet édifice est à 85 mètres au-dessus du niveau de la mer; le mont Blanc s'élève à 4810 mètres au-dessus du même niveau. »

Ces hauteurs verticales exprimées en mètres se nomment cotes dans le langage du métier. Quand le plan de comparaison est au-dessus du sol, les cotes se comptent de bas en haut, d'où il résulte qu'un point est d'autant plus élevé que sa cote est

moins considérable. C'est le contraire quand on prend le niveau de la mer, ou en général un plan inférieur au sol, pour plan de comparaison.

Mesure-t-on directement les cotes? Non : il suffît de déterminer celle d'un point du plan ; on obtient alors les autres, en mesurant la différence de niveau qui existe entre ce point et les premiers.

Voulez-vous connaître les deux instruments qui servent à ce travail, le niveau d'eau 1 et la mire*! Les voici (fig. 6 et 7) :

Au moyen du niveau d'eau, l'œil, rasant les surfaces du liquide contenu dans les deux fioles

extrêmes, est as- ^ sure d'avoir pour ligne de visée une ligne droite parfaitement horizontale.

En peut-il être autrement, si les fioles communiquent entre elles par un tube horizontal que l'eau remplit ?

Au moyen de la mire, règle verticale de 2 mètres de hauteur — il y en a de 4 mètres à coulisse, —

1 . On se sert aussi du niveau à bulle d'air, susceptible d'une précision plus grande, puis des mires parlantes, qu'on emploie dans un nivellement de quelque importance.

Fig. 6. Niveau d'eau.

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