‹ Les chemins de ferChapitre 17 sur 139 · PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

on lit la hauteur du trait horizontal ou ligne de foi, qui partage en deux parties égales la plaque que vous montre le dessin (fig. 7). Cette plaque glisse à volonté, le long de la règle graduée, et s'y fixe par une vis de pression.

Voulez-vous savoir, par exemple, de combien le point A est au-dessus ou au-dessous du point B? Venez avec moi sur le terrain. Installez-vous , avec le niveau d'eau, à peu près à égale distance des deux points. Quant à moi, je me poste avec la mire, d'abord en A, puis en B, en ayant Fig * 7 * La mire ™ 6 ■" scs deux faces * soin, dans les deux cas, d'abaisser ou d'élever la plaque suivant les ordres que me transmettent vos gestes, de manière que la ligne de foi coïncide avec la ligne de visée de votre niveau.

Est-ce fait? J'ai lu sur la règle graduée de la mire, ici en A : m ,67, là en B : l m ,85, et j'en conclus que la différence l m ,18 exprime précisément la différence de niveau des points en question.

On peut opérer de la sorte pour tous les points du terrain que bon semblera. On rencontre, il est vrai, des cas particuliers, et l'on modifie, pour

chacun d'eux, cette manière d'agir; mais voilà le principe, l'esprit de la méthode : c'est tout ce que j'avais en vue.

Les géomètres ne se contentent pas de déterminer ainsi les cotes des points isolés du terrain : ils tracent sur leurs plans une série de lignes qui ont reçu le nom de courbes de niveau, et qui permettent de juger avec une grande facilité, et au

Fi g. 8. Opération du nivellement

premier coup d'œil, des diverses sinuosités du sol.

Une image va vous faire saisir à la fois, et le sens de ces lignes, et les procédés que les géomètres emploient pour les tracer sur leurs plans. Voyez-vous (fig. 9) ce paysage à demi submergé?

Il offre deux surfaces bien distinctes, celle des eaux, plane et horizontale; celle du sol, découpée, ondulée en sens divers. Une ligne les sépare bien nettement, suivant toutes les sinuosités du sol ;

l'REMIÈRE l'ÀlliïE. — LA VOIE. OU

c'esl li? bord mè.me du rivage, la ligne d'affleurement des eaux. Pour tous les points de celle ligne, même niveau, le niveau de la mer, si la mer est hi nappe liquide nui les baigne. Telle, est noire première courbe. An Heu île la mer, imaginez un lac, les eaux d'une inondation, la courbe, de niveau sera eolce 10, 15, etc..., suivant la cote d'un quelconque de ses points.

Puisque nous sommes en veine de suppositions, imaginez que l'inondation monte : notre courbe se resserre et monte d'autant. Arrêtons-la à 10 mètres au-dessus de la première : voici une seconde COQrfae de niveau. Que les flots montent encore, et toujours; à chaque, ascension de 10 mètres, c'est une nouvelle, courbe, et nous trouvons à la fin cet assemblage, assez bizarre au premier as-

pect, mais dont la signification est en réalité fort simple 1 .

Le niveau d'eau, peu à peu montant avec l'ingénieur qui le porte, voilà notre inondation à nous. L'œil rasant la surface de l'eau contenue dans les lioles du niveau va marquer au loin sur le sol ces lignes, si précieuses pour l'intelligence de son relief.

J'aurais voulu vous expliquer encore comment

Fig. 10. Courbes de niveau.

on opère, pour obtenir la détermination géométrique de ces courbes.... Mais en voilà bien long déjà sur un sujet qui n'est pas particulier au tracé de chemins de fer et qu'on trouvera développé

J. Que représente, en effet, une courbe de niveau 1 La série continue des points qui sont tous placés à la même hauteur verticale. Deux courbes, si éloignées soient-elles, qui ont la même cote, sont situées à un même niveau : leurs situations respectives indiquent seulement a quel massif elles appartiennent

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