PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE
question des rampes dans le problème du tracé, comme dans l'exécution du chemin de fer?
Qu'on songe à l'énorme différence qui peut exister pour les travaux de terrassement ou de maçonnerie, entre deux tracés admettant, l'un une voie horizontale, ou d'une inclinaison variant au plus de à 5 millimètres, l'autre une série de pentes, de paliers et de rampes, dont l'inclinaison maximum peut atteindre 12 millièmes. Dans le cas d'une rampe continue, je suppose, sur une longueur de 3 kilomètres seulement, le premier tracé entamera le sol à une profondeur de 16 mètres et nécessitera l'ouverture d'une tranchée : le second tracé, au contraire, s'élèvera au-dessus du sol lui-même, exigeant la construction d'un remblai. On conçoit qu'une combinaison sagement ménagée de rampes, de pentes et de paliers, supprime ou tout au moins diminue, ici les tranchées, là, les remblais, plus loin les ouvrages d'art quelconques : la dépense de premier établissement peut varier ainsi d'une manière énorme.
Est-ce à dire enfin que l'emploi de fortes inclinaisons n'ait que des avantages? Hélas! la médaille a son revers. En allégeant les dépenses premières, on grève indéfiniment les frais d'entretien annuels. Qu'il s'agisse du transport des voyageurs ou de celui des marchandises, les rampes sont, pour les compagnies, une source continue de dépenses quelquefois considérables.
Je citerai un seul fait : il est éloquent.
« Sur le chemin de fer de Turin à Gènes, la dépense pour les trains de voyageurs est doublée, lorsque la pente s'accroît d'un centième à trentecinq millièmes; elle est deux fois et demie aussi grande pour les trains de marchandises. »
Et quels sont ces frais extraordinaires? Les voici : il est indispensable, pour le remorquage des convois sur les rampes, d'entretenir, toujours allumées, plusieurs machines de renfort; de là, avec l'augmentation dans la consommation du combustible, l'accroissement du personnel, une plus grande usure dans les pièces de machines. Les rails eux-mêmes s'usent plus vite, se cassent avec plus de facilité. Enfin, point de vue que ne négligent jamais les compagnies, le capital fixe engagé dans les dépenses représente un intérêt qui s'ajoute aux frais dont nous parlons.
A l'ingénieur de calculer tout cela, et de trouver la solution la plus pratique et la plus véritablement économique.
— Cela est bel et bien, vous entends-je dire; mais pourquoi ces conditions, ces limites adoptées pour l'inclinaison de la voie? Quelle est la raison de ces exigences qui se traduisent en dépenses si coûteuses, tantôt sous la forme de frais de premier établissement, tantôt sous celle de frais d'entretien?
— Réfléchissez deux minutes seulement, et