‹ Les chemins de ferChapitre 26 sur 139 · PREMIÈRE PARTIE. - LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. - LA VOIE

à un cercle de plus petit rayon. Ainsi, dans notre exemple, le rayon BO est plus du double du rayon bo; de sorte que, pour passer d'une direction à l'autre, dans le premier cas le convoi devra par courir 2500 mètres, je suppose, tandis que, dans le second cas, la transition s'effectuera sur un kilomètre environ, c'est-à-dire sera beaucoup plus brusque.

Laquelle des deux courbes devra-t-on choisir? Tel est le problème dont la solution varie beaucoup suivant les cas.

Une route ordinaire peut tourner court; elle admet des courbes de 25 mètres de rayon. Mais il est loin d'en être ainsi pour les chemins de for. A moins de circonstances exceptionnelles, les courbes adoptées ont des rayons dont la longueur ne descend guère au-dessous d'un demi-kilomètre, et monte assez souvent à 800 et à 1000 mètres. En Angleterre et en France, le minimum du rayon de courbure est 500 mètres; il descend assez souvent au-dessous dans les chemins de fer d'Allemagne, mais il faut ajouter que la vitesse de marche des convois y est moindre aussi que sur les chemins anglais et français.

Dans le voisinage des villes et par conséquent des gares, on admet, il est vrai, des courbes tracées avec un rayon de 200 à 500 mètres; mais c'est là un minimum, au-dessous duquel il semble imprudent de descendre.

— Mais d'où viennent, me demandez-vous, ces nouvelles exigences?

— Le voici :

Tout mobile, en vertu d'une loi naturelle irrésistible, tend à poursuivre en ligne droite le chemin déjà parcouru. L'obligez-vous, par une action nouvelle, à changer sa direction première et à suivre une ligne courbe, il réagit aussitôt contre cette contrainte et développe incessamment une force qui l'éloigné à chaque instant du centre de la courbe. Le mobile décrirait la tangente, si la cause qui le maintient venait à être supprimée. Vous connaissiez sans doute le nom de cette force ; les physiciens l'appellent la force centrifuge.

C'est la force centrifuge qui presse contre un cercle tournoyant la pierre placée sur son bord inférieur, il l'empôche d'obéir à la pesanteur; c'est la force centrifuge qui chasse en ligne droite la pierre, d'abord retenue par la corde d'une fronde ; c'est elle qui fait pencher, et quelquefois verser., du côté extérieur à la courbe, la voiture qui se meut avec rapidité le long d'une route circulaire ; c'est elle enfin qui, dans les parties courbes de chemin de fer, chasse contre les côtés des rails les roues de la locomotive et des wagons, menace de faire dérailler le convoi, et, dans tous les cas, produit une résistance nuisible à la marche et destructive des rails eux-mêmes. Effets d'autant plus intenses que la force centrifuge est plus vive,

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