‹ Les chemins de ferChapitre 43 sur 139 · DEUXIÈME PARTIE. — LES OUVRAGES D'ART · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LES OUVRAGES D'ART

extérieur du souterrain. Voilà pour la direction.

Les profils consultés permettront de déterminer aisément les profondeurs de la galerie en ses différents points, et l'étude géologique du sol sousjacent fera connaître la nature des couches qu'elle doit traverser. On pourra commencer alors à creuser, de distance en distance, un certain nombre de puits situés en ligne droite, tantôt dans Taxe du tunnel projeté, tantôt à quelques mètres de cet axe, — nous verrons tout à l'heure pourquoi cette seconde méthode est préférable. — Quant à la distance des puits entre eux, elle est très variable, et dépend surtout de la rapidité qu'on veut imprimer au travail : ainsi, tandis que les dix puits du tunnel de Saint-Cloud ne sont guère espacés que de cinquante mètres en moyenne, le souterrain de Blanzy a été percé au moyen de vingt et un puits, distants les uns des autres d'environ deux cents mètres. La durée de la construction a été, il est vrai, de quinze mois pour le premier, de trois ans et demi environ pour le second.

Une fois les puits creusés chacun jusqu'au niveau de la voie, un atelier armé de pioches, muni de lampes et de boussoles — ces dernières servent à indiquer la direction précise de l'axe du tunnel — attaque le terrain dans les deux sens opposés, de manière à pousser de part et d'autre une gale* lie vers les ateliers voisins. Je suppose ici que

les puits ont été creusés dans l'axe même de la voie. Dans le cas contraire, avant de percer la galerie longitudinale, on creusera dans chaque puits une galerie transversale jusqu'à l'axe. Cette manière d'agir est, sous bien des rapports, préférable à la première. En effet, les galeries transversales sont utilisées pendant toute la durée des travaux; elles servent de lieu de dépôt pour les matériaux et les outils, tandis que les puits creusés dans l'axe gênent constamment le service.

Rencontre-t-on des sources, des infiltrations, on a soin de donner aux puits une profondeur plus grande de deux ou trois mètres. L'eau de la galerie, conduite par une rigole qu'on a pratiquée audessous du niveau de la voie, se rend à ces sortes de réservoirs, qu'on épuise ensuite au moyen de pompes.

Comment se font les fouilles? Cela dépend de la nature des couches de terrain que rencontre le tunnel : la pioche, le pic, la pince, la mine servent souvent tour à tour dans une même entreprise. Quant à l'extraction des déblais, elle peut se faire de deux façons : par les puits, au moyen de manèges, de treuils établis à leur partie supérieure; ou par les extrémités de la galerie, quand les tranchées qui servent d'entrée au tunnel sont terminées à temps.

Voulez-vous avoir une idée des différentes phases par lesquelles passe la construction du souterrain?

Page 1