DEUXIÈME PARTIE. — LES OUVRAGES D'ART. 1<M
percés dans un sol très dur, très consistant; les revêtements en maçonnerie sont alors inutiles, et le prix de revient oscille entre 900 et 1000 francs le mètre courant. Les terrains assez durs pour se passer d'cjfcayement, mais qui néanmoins néces sitent un revêtement en maçonnerie, donnent lieu à une seconde catégorie. Il s'agit alors de 1200 à 1500 francs, pour le prix du mètre courant du tunnel; enfin, si le terrain est mou, qu'il nécessite à la fois étayement, maçonnerie et blindage des puits, le prix monte de 1700 à 2400 francs le mètre 1 .
Le souterrain de Kilsby, sur la ligne de Londres à Birmingham, a coûté 3140 francs le mètre courant; celui de Saltwood, sur le chemin de Londres à Douvres, 3664 francs. Si la dépense totale de construction du grand tunnel du mont Cenis, s'est élevée, comme on dit, à 75 millions de francs, cela donne plus de 6000 francs pour le prix de revient du mètre courant de ce gigantesque travail . Mais là, il s'agit d'une entreprise tout à fait exceptionnelle, à cause de difficultés toutes spéciales. Nous y reviendrons plus loin.
1. Veut-on avoir une idée de la manière dont se décompose la dépense totale dans ce dernier cas? Voici un tableau emprunté aux archives du chemin de fer de Versailles, et relatif aux tunnels de Saint-Cloud et de Nontretout. Le premier de ces souterrains mesure 504 mètres de longueur, et la profondeur des puits y atteint 75 mètres. Le second a 168 mètres de longueur, et les puits n'ont guère que 10 mètres; mais on a rencontré des car-
Sur les chemins de fer de France, deux souterrains attirent l'attention par leur longueur, par les travaux considérables qu'a nécessités leur percement, et par les sommes énormes dont ils ont grevé le prix de revient des lignes auxquelles ils appartiennent.
Nous voulons parler des tunnels de Blaizy et de la Nerthe.
Le chemin de fer de Paris à Lyon, après avoir gravi, suivant des pentes croissantes, la vallée de la Seine, celles de l'Yonne, de l'Armançon, de la [ï renne et de TOze, atteignait, près de la station
rières qui ont nécessité des travaux particuliers de consolidation
et augmenté la maçonnerie.