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DEUXIEME PARTIE. — LES OUVRAGES D'ART

Les machines motrices employées étaient des turbines dont chacune faisait mouvoir un arbre à trois bielles commandant le mouvement des pistons de trois cylindres compresseurs. A chaque va-et-vient d'un piston, l'air était aspiré d'un côté du cylindre et refoulé de l'autre par des systèmes de soupapes d'admission et de refoulement, puis comprimé à sept ou huit atmosphères. Les cylindres à double enveloppe et la tige creuse du piston permettaient la circulation continue d'eau froide, de manière à compenser l'échappement dû à la compression, au moment de la compression même; et, dans le même but, une petite quantité d'eau était injectée dans le cylindre à l'état pulvérulent. Cette disposition était d'une grande importance pour la conservation des organes de la machine.

Des réservoirs ou cylindres en tôle où l'air comprimé était emmagasiné, il passait par des tubes métalliques à l'entrée du tunnel, puis à l'intérieur jusqu'à l'atelier de forage, d'où il passait à l'aide de prises d'air et de tuyaux en caoutchouc jusqu'aux machines perforatrices.

Ces dernières machines ont reçu elles-mêmes, graduellement, des perfectionnements qui ont permis de simplifier l'opération finale, laquelle consiste dans le forage de trous de mine au front de taille de la roche. Les trous percés à la profondeur voulue, des cartouches de dynamite y étaient

introduites, qui, par leur explosion, brisaient et faisaient sauter la roche.

Nous avons dit déjà plus haut comment Ta comprimé, après avoir mis en œuvre l'outil forateur, servait, en se répandant dans les ries, à remplacer l'air vicié par la respiration ouvriers, la combustion des lampes et la prodi tion des gaz déterminée par chaque explosion. Les perforatrices n eussent pas suffi à fournir Fa» frais et pur nécessaire au renouvellement ; aussi des robinets d'aérage disposés sur la conduite d'air permettaient de suppléer à cette insuffisance; la quantité d'air comprimé par les pompes dépassant de beaucoup celle qui était nécessaire au forage. ..

Enfin l'air comprimé a été employé, au Saint- Gothard, à un usage non moins important. La roche abattue, il s'agissait de déblayer, d'enlever les débris et de les transporter hors du tunnel, travail qui devint de plus en plus considérable à mesure que la galerie s'enfonçait plus avant sous les profondeurs de la montagne. Pour activer ce transport, qui, par jour, pouvait atteindre des centaines de mètres cubes, on ne pouvait songer à employer la vapeur; le foyer d'une locomotive eût accru la température déjà forte et contribuée vicier l'air. C'est encore à l'air comprimé qu'on a eu recours. Un ingénieur du tunnel, M. Ribourt, imagina et fit construire une locomotive

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