TROISIÈME PARTIE. — RÉFECTION DE LA VOIE. 19T
cela fait en moyenne, par kilomètre courant; 13 233 fr. 33 c. C'est, comme on le voit, une fourniture assez importante, mais sur laquelle il ne convient pas de faire porter des économies; là, comme en beaucoup d'autres cas, ce seraient des économies mal entendues. La bonne conservation des traverses en dépend ; par suite, la durée de la chaussée, la stabilité des rails, et, en dernière analyse, la sécurité des voyageurs.
Arrivons aux traverses. Tout le monde sait que les bandes de fer qu'on nomme les rails ne sont pas directement posées sur le sol — la voie n'aurait ainsi aucune stabilité — mais bien, ordinairement du moins, sur des pièces de bois placées en travers sur le ballast, perpendiculairement à l'axe du chemin : ces pièces de bois sont les traverses. A l'origine, on a essayé de fixer les rails sur des dés en pierre, sortes de blocs cubiques enterrés de distance en distance dans le sol; mais, si un tel système présentait des avantages au point de vue de l'économie, la pierre durant indéfiniment pour ainsi dire, il n'en était pas de même au point de vue de la stabilité. Les deux lignes de rails d'une même voie, que les traverses rendent solidaires, se déplacent aisément, s'écartent, lorsque les dés s'écartent et se déplacent euxmêmes sous l'action des mouvements du sol : de là des inconvénients graves, des dangers de déraillement pour les machines et pour les trains.
Aussi les dés sont-ils abandonnés généralement, ce qui n'empêche point les inventeurs de revenir à la charge 1 .
Quant aux traverses, elles offrent de nombreux avantages, et n ont guère qu'un inconvénient, celui de coûter fort cher à établir, tout en n'ayant qu'une durée trop limitée. Parmi ces avantages, citons celui de transmettre à la voie la pression du convoi et de rendre le mouvement des trains fort doux, et cet autre, non moins important, .de maintenir le parallélisme des deux lignes de rails.
Le chêne, le hêtre, le sapin, le pin, voilà pour là nature des bois employés. Mais tous ne se con* servent pas également bien, et il n'y a guère que le chêne dont on puisse se servir sans préparation : c'est le bois qu'on emploie le plus en Belgique et en France, tandis qu'en Angleterre, en Allemagne, les traverses sont le plus souvent en bois de sapin ou de pin préparé. Des injections de sulfate de fer ou de cuivre, de créosote, de chlorure de zinc, voilà, en deux mots, la nature des préparations le plus généralement adoptées. L'expérience prouve que ces substances, en pénétrant à l'intérieur des fibres, et en prenant la
1. « L'Exposition (de 1878) a vu reparaître les traverses en pierre, en béton, en briques soudées les unes aux autres. Rappelons une fois de plus que ces matières ne présentent pas les conditions d'élasticité, de possibilité d'attache qui sont indispensables, et qu'il n'y a rien à espérer de leur emploi. i> (Jacqinin.)