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TROISIÈME PARTIE. — RÉFECTION DE LA VOIE

place de la sève, donnent au bois une plus grande durée. A l'Exposition universelle de 1878, la Compagnie du Midi avait exposé des traverses en pin,, préparées à la créosote et au sulfate de cuivre, qui, après 15 et 20 ans de service, se trouvaient encore dans un état de conservation très satisfaisant.

<< Après de très longues expériences, dit M. Jacqniin dans son Rapport sur le matériel des chemins de fer à l'Exposition de 1878, la Compagnie de l'Est préfère, à toutes les autres matières antiseptiques, l'huile lourde de goudron, la créosote, et elle l'emploie même pour le chêne, dont l'aubier s'injecte très bien, ainsi que les parties tendres du cœur. Les traverses ne sont intro-: duites dans les chambres de créosotage que taillées et percées, de manière que le goudron pénètre par toutes les surfaces qui doivent être en contact avec le métal. »

c< Soumises à des pressions de 6 à 7 atmosphères, les traverses en chêne absorbent 7 à 8 kilogrammes de créosote; mais les traverses en hêtre ou en sapin en absorbent de 30 à 35 kilogrammes. On peut espérer qu'imbibées d'une quantité aussi importante jl'huile, les traverses offriront une grande résistance à toutes les causçs de destruction provoquées par leur enfouissement. » ' \

Veut-on avoir une idée de la quantité de bois

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que nécessite remploi des traverses? Voici un. calcul fort simple qui satisfera la curiosité du lecteur à cet égard. Les pièces de bois choisie* pour cet usage doivent être équarries, de façon. à conserver le moins d'aubier possible — l'aubier* est la partie la plus promptement attaquée parla pourriture — et on leur donne une longueur de 2 m ,70 environ, sur une épaisseur de m ,15 à m ,20, et sur une largeur de m ,30 à œ ,35; il est aisé d'en conclure qu'elles cubent un peu plus d'un décistère, ce qui ne fait pas dix traverses par mètre cube. Or on compte, pour chaque longueur de rail de 6 mètres, sept traverses. Calculez maintenant ce qu'exigent de traverses les 60 000 kilomètres dont se compose aujourd'hui la longueur totale des voies 1 du réseau des chemins de fer de France; multipliez le nombre de stères de bois par 60, prix moyen entre les prix extrêmes de 75 fr. et de 45 fr., et vous trouverez, sauf erreur, le capital énorme de 360 millions de francs, enfouis dans le ballast, sous forme de traverses. Bien plus, comme la durée de ces pièces de bois varie entre douze et quinze années, c'est, à chaque période de cet intervalle, un capital à renouveler, déduction faite toutefois de la valeur intrinsèque des bois hors de service.

1 . Je dis des voies, non des lignes, comptant dans ce nombre, outre la Jongueur de la double voie, celle des voies de service, si multipliées dans les gares et stations de tout ordre.

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