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TROISIÈME PARTIE. — REFECTION DE Là VOIE

Voici du reste, sur ce point, d'intéressants renseignements puisés à bonne source, puisque nous les empruntons au Rapport du savant directeur de la compagnie des chemins de fer de l'Est, M. Jacqmin, sur le matériel des chemins de fer à l'Exposition universelle de 1878 :

« Les six grandes Compagnies françaises ont eu besoin pour l'entretien et les réfections de leurs voies, en 1877, de 2 563 000 traverses. Rapporté à la longueur totale des voies principales exploitées, ce chiffre énorme représente par kilomètre 93 traverses et par jour une consommation moyenne de plus de 7000 traverses.

En supposant qu'un arbre donne en moyenne dix traverses (ce nombre est faible pour le hêtre et trop fort pour le chêne), il faut, pour le service de l'entretien des voies du réseau actuel français, abattre par jour plus de 700 beaux arbres.

Lorsque le réseau projeté sera construit, on peut prévoir que ce chiffre s'élèvera à 1000 arbres par jour.

« A cette énorme consommation vient s'ajouter celle qui est exigée pour l'entretien du matériel roulant, que l'on ne saurait évaluer à moins de 140 000 mètres cubes par an. Enfin, il faut prévoir que, d'ici à dix ou quinze ans, la construc* tion de 20 000 kilomètres de voies nouvelles exigera la fourniture de vingt millions de traverses nouvelles.

« Les chemins de fer doivent donc être considérés comme le plus grand consommateur de bois d'un pays, et, dans le public, on ne s'est peut-être pas assez préoccupé de l'importance de cette question. »

Pour en finir avec les traverses, ajoutons qu'on a essaye de la forme triangulaire, puis demicylindrique, mais qu'on a renoncé à toutes deux : à la première, parce qu'elle permet difficilement l'aplomb de la pièce de bois sur le ballast; à la seconde, parce que les rondins, débités en deux par la scie, pourrissent rapidement sur la surface inférieure exclusivement formée d'aubier. Divers systèmes, aujourd'hui encore à l'essai (systèmes Brunon, Vautherin, Vidal, Papin et Giessner), ont pour objet de substituer aux traverses en bois des traverses en fer de formes variées. Le principal avantage, on le comprend, serait d'éviter la dépense coûteuse du remplacement de traverses à chaque période de douze ou quinze années.

Mais deux inconvénients graves s'opposent jus-» qu'ici à cette substitution qui, tout en épargnant nos forêts, fournirait un nouvel aliment à notre industrie métallurgique. Le premier défaut des traverses en fer est leur manque de stabilité; elles exigent de fréquents bourrages. A la suite des grandes pluies, l'eau désagrège le ballast tout autour de la traverse qui n'est plus maintenue* Le second inconvénient, qui est une suite du

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