‹ Les chemins de ferChapitre 87 sur 139 · TROISIÈME PARTIE. — RÉFECTION DE LA VOIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — RÉFECTION DE LA VOIE

à peu, les machines employées devenant de plus en plus puissantes — traduisez : de plus en plus lourdes, ce sont choses corrélatives — les poids des rails ont peu à peu augmenté, jusqu'aux nombres actuels. Le rail Vignole à patin, dont vous avez vu plus haut le gabarit, pèse 222 kilogrammes : comme l'indiquent les chiffres du dessin, il a 125 millimètres de hauteur totale, et son champignon a 62 millimètres de largeur.

Depuis 1856, époque où l'ingénieur anglais Bessemer a fait connaître un procédé nouveau pour la conversion en grandes masses de la fonte en acier, la fabrication de ce métal a pris partout un développement considérable. Il en est résulté une baisse dans les prix de revient, baisse qui en a fait préférer l'emploi à celui du fer dans nombre de cas, et a causé, on peut le dire, non seulement dans la métallurgie, mais dans l'industrie en général, une véritable révolution.

On comprendra que l'industrie des chemins de fer devait être une des premières à essayer de profiter de l'abaissement de prix de l'acier : en effet, la mise hors de service d'un rail dépend bien de la plus ou moins grande fréquentation de la ligne où il est posé; on estime qu'un rail en fer doit être remplacé, lorsqu'il a subi, par le fait do la circulation des trains, une charge totale de douze millions de tonnes ou de douze milliards de kilogrammes. Or la résistance de l'acier paraît

être de six à sept fois aussi grande que celle ai fer, et par suite là durée d'un rail en acier pour* rait dépasser dans la même proportion, à circulai tion égale, la durée d'un rail en fer. ; r >

Dès 1857, des essais étaient faits pour substituai l'acier au fer dans la fabrication des rails de* tinés, soit aux changements et croisements de voie$ soit aux sections les plus fréquentées des lignes alors existantes. L'énorme accroissement de-hi production de l'acier Bessemèr qui, de 1856 tonnes en 1865, arrivait au chiffre de 200000 tonnes en 1877, favorisa cette substitution d'une façon beaucoup plus rapide qu'on ne pouvait le croire il y a quinze ans. En 1866, la tonne d'acier Bessemèr valait 585 francs; en 1877, elle était tombée à 220 francs, tandis que la tonne de rails de fer valait 210 francs. En 1878, une fourniture de 9000 tonnes de rails Bessemèr était faite en Angleterre à raison de 162 fr. 50 la tonne. « Selon toute apparence, dit M. Jacqmin, ces prix s'abaisseront encore ; en Angleterre, en Belgique, en Allemagne, on a cité des marchés pour l'exportation à 150 francs la tonne. »

Voici du reste des chiffres qui prouvent avec quelle rapidité se fait, en France, la substitution de l'acier au fer dans la fabrication des rails. Pendant sept années, de 1871 à 1877, les grandes Compagnies françaises ont reçu en rails une quantité totale de 1 221 766 tonnes, sur lesquelles 600 278

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