TROISIÈME PARTIE. — RÉFECTION DE LA VOIE
pour le poids des rails en fer et 621 488 pour celui des rails en acier. De 15 075 tonnes en 1871, la fourniture des nouveaux rails s'est élevée à 136 549 en 1877, c'est-à-dire a presque décuplé. Dans cette dernière année, les mêmes Compagnies n'avaient reçu que 48 888 tonnes de rails de fer, à peu près trois fois moins. Il est donc probable qu'avant peu de temps, cette substitution sera complète ou, du moins, que les rails en fer seront réservés aux seules sections à faible fréquentation, qui n'auraient aucun avantage à adopter l'acier. D'ailleurs les avantages de ce dernier métal sont incontestables de tout point. Outre une plus grande résistance, l'acier offre, grâce à la perfection des procédés nouveaux de fusion, une homogénéité parfaite ; on n'a plus à redouter les défauts de soudure des pièces composant les paquets, et le contrôle de réception des rails s'en trouve considérablement simplifié.
. Enfin, on peut fabriquer et l'on fabrique des pièces de rails beaucoup plus longues, qui atteignent jusqu'à 50 et 55 mètres de longueur. On n'emploie pas sans doute en voie courante des rails d'aussi grandes dimensions, qui, à raison de 50 à 38 kilogrammes par mètre courant, pèseraient de 1500 à 1900 kilogrammes. On se borne toujours aux longueurs de 6, 8 et 9 mètres (cette dernière longueur a été adoptée aux États-Unis). Mais un rail de 50 mètres coupé en 8 morceaux de
6 mètres chacun ne donne que deux déchets, un à chaque extrémité. Jadis, il fallait fabriquer 8 barres de 7 mètres, ce qui faisait en tout 16 morceaux perdus ou du moins ne pouvant plus servir qu'à une fabrication nouvelle. Il y a donc, de ce chef, une notable économie.
Disons, pour terminer, que les Américains fa*, briquaient, en 1877, 332 550 tonnes de rails en fer et 432169 tonnes de rails en acier, ce dernier chiffre semble beaucoup plus fort au total que celui de la fabrication française, mais est en réa-
Fig. 65. Assemblage d'une traverse et de ses coussinets.
lité beaucoup moindre, si Ton considère la propor-. tion du nouveau métal à l'ancien. Chez nous, on a vu que cette proportion s'élève à peu près à 3 contre 1 ; aux États-Unis, elle n'est guère que de 1,3 contre 1. Le nouveau monde se laissa ici devancer par l'ancien.
Il faut parler maintenant de la pose de la voie. S'agit-il du système ordinaire, rails à double champignon, coussinets, traverses, alors, avant de placer les traverses sur la voie, il reste à en faire le sabotage. Voilà encore un mot nouveau,