TROISIÈME PARTIE. — RÉFECTION DE LA VOIE
Tout le monde a pu voir à l'intérieur des gares trois ou quatre hommes manœuvrer un wagon, qu'ils font tourner lentement au-dessus d'un grand disque, de diamètre variable, et mobile avec la voiture qu'il supporte. Ce disque est une plaque tournante. On a pu aussi, à l'arrivée dans une station un peu importante, ressentir une secousse qui se répète à chaque voiture, en laissant entendre un son métallique. Cette secousse est produite par le passage du train sur une ou plusieurs plaques. Le mécanisme des plaques tournantes est aussi facile à comprendre que leur emploi. En quoi consistet-il? Le voici :
Sur le fond d'une fosse circulaire, de 80 centimètres environ de profondeur, de diamètre variable, repose ce qu'on nomme la partie fixe de la plaque. Elle se compose principalement d'un cercle métallique, portant à sa circonférence une sorte de rail circulaire, dont la forme est précisément celle du rail Brunel. C'est sur ce cercle que roule le plateau mobile de la plaque. La surface de roulement en est tournée avec le plus grand soin.
La seconde partie essentielle d'une plaque tournante est aussi composée, à sa partie intérieure, d'un cercle de roulement, le plus souvent venu de fonte d'un seul morceau, et relié à la partie centrale, comme le premier, par des bras métalliques. Des galets roulent entres ces deux cercles, comme
sur les rails d'un chemin de fer, avec cette différence qu'il y a double ligne de rails au-dessus et au-dessous, et que les disques ont une forme conique qui facilite le glissement de la plaque mobile. Enfin, cette dernière repose sur un pivot en fer tourné dont le sommet arrondi est constamment lubrifié par l'huile d'un godet situé audessous et au centre de la plaque; une cloche en fonte recouvré ce godet, de façon à le mettre à l'abri de la poussière .
Il est facile maintenant de concevoir comment le plateau mobile, portant sur sa surface supérieure des portions de voie qui forment entre elles un certain . angle, peut servir à faire passer un véhicule d'une voie sur une autre. Donnons-en quelques exemples.
Voyez d'abord une plaque tournante, à voies rectangulaires (fig. 77) : quatre bouts de rails formant un carré, des coins de même nombre faisant suite aux rails permettront évidemment à une voiture qui repose sur la plaque de passer d'une voie sur une autre qui coupe la première à angle droit. Il suffira de faire décrire au plateau mobile un quart de tour. D'ailleurs, la continuité des voies qui se croisent ainsi n'est pas interrompue. Le même dessin représente une vue intérieure ou coupe verticale de la plaque, et achève ainsi de faire comprendre la description qui précède.