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Dans les six premières années, de 1867 à 1873, le réseau des chetnins de fer s'est accru de 121 pour 100, et le capital engagé, de t23 pour 100, pendant que les recettes brutes subissaient une augmentation de 57 pour 100 et les produits nets, de 75 pour 100; dans le cours de cette période, l'augmentation de la masse des transports et la hausse des tarifs ont concouru à augmenter les recettes brutes et le produit net, bien que dans un rapport bien moindre que celui des capitaux employés.
On estime, d'autre part que la population ne s'est accrue dans la période décennale de 1866 à 1876 que de 23 pour 100, soit quatre fois moins que les chemins de fer, et, dans les États de l'Ouest en particulier où ils se sont étendus le plus vite, on no comptait plus, &la fin de cette période, que 265 habitants par kilomètre de chemin de fer, tandis qu'au commencement la proportion était de 488.
Le produit brut et le produit net kilométrique en 1873 ont déjà baissé d'une manière sensible, et le rapport du produit net au capital engagé est réduit de près de moitié.
Le tableau ci-Klessus montre ensuite, de 1873 à 1877, une décroissance progressive du produit brut et du produit net total, malgré le développement des réseaux. La concurrence entre les lignes agit en sens contraire de l'accroissement des transports pour diminuer les recettes; il est à remarquer qu'en même temps les frais d'exploitation baissent progressivement, les compagnies s'attachant de plus en plus à les réduire, et que, malgré la baisse considérable des tarifs, le coefficient d'exploitation diminue sensiblement. Malgré ces progrès réalisés dans l'exploitation, le rapport du produit net au capital engagé diminue de plus en plus : les intérêts d'une grande partie des obligations, 30 pour 100 pour l'année 1876, soit un capital de plus de 3 milliards, sont impayés, tandis que 60 pour 100 du capital-actions, représentant plus de 6 milliards et demi, ne reçoivent aucun dividende. Les compagnies les plus solides, le Baltimore et Ohio R.R. et le Pennsylvania R.R. sont forcées de ré« duire ou de supprimer complètement les dividendes. Le New- York Central et Hudson River R.R. continue seul à servir un dividende des pour 100 à ses actionnaires.
Nous avons dit tout à l'heure que la masse des transports avait continué cependant à s'accroître dans cette période. M. H. V. Poor estime que, de 1875 à 1876, le tonnage des transports, qu'il évalue pour 1875 à 197 millions de tonnes, s'est encore accru^de 6 millions
de tonnes; néanmoins les recettes ont encore baissé d'une année à l'autre de 14 millions par suite de la baisse des tarifs.
A partir de la reprise des affaires en 1878, les recettes brutes reprennent pour l'ensemble des lignes leur marche ascendante ; mais elles dépassent à peine en 1879 celles de 1873^ bien que le réseau soit plus considérable de 28 pour 100^ et que le mouvement des transports, favorisé par des circonstances exceptionnelles, se soit considérablement accru dans Tintervalle.
On n'estime pas à moins de 71,5 pour 100 l'augmentation du tonnage des marchandises transportées, de 1873 à 1880, eti 95 pour 100, celle du tonnage kilométrique, qui s'est élevé, dans celte période, de 11 537 millions à 22 532 millions de tonnes kilométriques, le parcours moyen s'étant sensiblement accru dans l'intervalle et ayant été porté de 253 à 288 kilomètres. Comparées aux recettes de 1873, celles de l'année 1880, qui peut être considérée comme une année exceptionnelle à cause du grand mouvement d'exportation des céréales, ne présentent en définitive qu'un accroissement de 28 pour 100, par suite de l'abaissement général des tarifs, descendus en moyenne sur les treize principales lignes des Étals de l'Est, du Centre et de l'Ouest de 5 à 3 centimes par tonne et par kilomètre ^
Quant à la répartition des recettes totales entre le trafic-voyageurs et le trafic-marchandises, elle a peu varié dans toute la période comprise entre 1871 et 1880 : le rapport des recettes marchandises aux recettes totales n'a oscillé qu'entre 73 et 75 pour 100, en passant des plus mauvaises aux meilleures années. Ce rapport est d'ailleurs beaucoup plus élevé qu'en Angleterre et qu'en France, où il est d'environ 53 pour 100.
Il est & remarquer en outre que, si, de 1877 à 1880, le rapport du produit net au capital employé s'est accru d'une manière assez rapide, l'accroissement s'est fait sentir plus lentement sur les dividendes; ce qui s'explique à la fois, parce que l'amélioration a surtout profité aux obligations, dont les intérêts ont pu être payés de nouveau sur des lignes où ils avaient cessé de l'être, et parce que» sur les lignes les plus importantes, une grande partie des excédents de recette ont été employés à des renouvellements de matériel et & la création d'un fonds d'amortissement.