CONSTRUCTION
non indiqué.
Incendies
Ouragans
Crues
Mauvais état
Plancher rompu au passage des trains
Fermes rompues..
Chute simple
Causes inconnues.
Malgré le petit nombre de cas d'incendie, on voit que les estacades en bois sont de beaucoup celles qui offrent le plus de danger, puisque la moitié des accidents de cause connue leur est imputable. Après les estacades viennent les fermes du système Howe, dont la chute parait due à Tinsuffisance des dimensions de leurs parties métalliques.
Il résulte en même temps de ce tableau que la plupart des accidents de ponts sont le résultat de déraillements amenant la rupture soit des entretoises du plancher, soit des fermes.
Il arrive le plus souvent que le train déraillé vient heurter contre les fermes; or les fermes du système américain, constituées par une agglomération de pièces articulées sans liaison transversale entre elles, sont tout à fait incapables de résister à un choc, et le déraillement amène ainsi fatalement la chute du pont lui-môme.
M. Clemens Herschel, ingénieur à Bostou, a fait ressortir à cet égard la grande supériorité des ponts en treillis, que leur grande rigidité transversale et la solidarité établie entre toutes les pièces par les mailles du treillis rendent beaucoup plus aptes que les fermes du système américain à résister à des chocs transversaux. Il a cité plusieurs exemples de fermes à treillis où des arbalétriers avaient été ployés ou brisés par le choc des wagons déraillés, sans qu'aucun accident s'ensuivit.
L'accroissement considérable des charges supportées par les ponts, surtout par les ponts de faible ouverture, par suite de l'adoption des locomotives des types Mogul et Consolidation, paraît en outre avoir contribué dans une certaine mesure à multiplier les accidents de ponts, et nous avons vu qu'une commission d'ingénieurs civils avait proposé d'en tenir compte dans les surcharges normales à imposer aux ponts de chemin de fer et surtout à ceux de faible portée (t. I, p. 131).
On attribue également à l'augmentation de puissance des machines l'accroissement dans ces dernières années du nombre des déraillements : le nombre des accidents dus à cette cause se serait élevé de treize en 1873 à quarante et un en 1877. Aussi tous les ingénieurs de la voie manifestent-ils en Amérique comme chez nous une grande répugnance pour l'introduction des machines puissantes.
En résumé, la plus grande fréquence des accidents sur les chemins de fer d'Amérique a pour cause principale l'état imparfait
dans lequel la voie est généralement livrée & l'exploitation, et l'absence des mesures d'ordre et de précaution ayant pour objet, sur le continent européen, d'obvier au défaut de prudence du public et des employés; le système de construction du matériel roulant, et l'organisation qui en règle la marche et l'emploi, n'y ont qu'une faible part.
La vitesse et le nombre des trains, généralement faibles sur les nouvelles lignes, tendent d'ailleurs & en diminuer lés risques.
Les accidents deviennent en définitive plus rares, à mesure qu'en développant leur trafic les chemins de fer sont amenés à perfectionner leur exploitation, et si la part des accidents par imprudence continue à être en Amérique plus forte qu'en Europe, par suite de la plus grande liberté dans leurs mouvements que tiennent toujours à conserver les Américains, celle des accidents de trains proprement dits dans les États de l'Est est dès à présent renfermée dans d'assez étroites limites, grAce A une organisation du matériel et de personnel, qui, sur certaines lignes, ne le cède en rien à celle de nos grandes lignes européennes.