‹ Les chemins de fer en Afrique et leur rôle dans l'expansion colonialeChapitre 12 sur 51 · DEUXIÈME PÉRIODE D’ABANDON · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PÉRIODE D’ABANDON

La période qui s'étend de 1885 à 1890 est, selon l’expression de M. le rapporteur Hubert la période d'abandon. Le Parlement, découragé par l'insuccès du début, n’alloua plus que des sommes insignifiantes destinées à l'entretien des travaux existant. L’avancement était arrêté, au moment précis où le matériel commandé en France arrivait à Kayes.

* Cependant, le colonel Gallieni, commandant supérieur des troupes, résolut de mettre en œuvre ce matériel et, grâce à son énergique impulsion, le rail arriva à Bafoulabé, au 126° kilomètre (1888). Maïs ce n’était pas à proprement parler un chemin de fer; le colonel Gallieni demanda que le service du chemin de fer fut confié à un personnel militaire et la militarisation, sous la direction du colonel Archinard, devint un fait accompli en 1889. De 1889 à 1891, avec un personnel tout à fait sommaire, l'artillerie de marine s’occupa activement d’améliorer la voie, de refectionner les ouvrages d'art, d’adoucir les rampes et d'assurer les transports de ravitaillement. Pour assurer ces transports entre Bafoulabé et Kale (23 kilom.), l'artillerie de marine songea à utiliser la voie Decauville de 0"50, qui avait èté envoyée de France en 1887, par le département des Colonies. On établit cette voie sur 40 kilomètres au delà de Bafoulabé; un bac assurait le passage du

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Bafing, à Bafoulabé et la voie fut poursuivie en 1891 jusqu'à Diouléba.

L'installation était tout à fait primitive et la traction se faisait à l’aide de mulets jusqu’à son terminus. Mais la voie de 0"50 fut rapidement hors d'usage, On la remplaça sur 38 kilomètre par une voie Decauville. La traction se faisait au moyen de locomotives, malheureusement souvent indisponibles à cause des réparations.

On avait donc sur 169 kilomètres une étrange succession de trois types de voies :

126 kilomètres de voie de 1 mètre, de Kayes à Bafoulabé.

38 — — 0"60, de Bafoulabé, rive droite, au k" 38. 5 — — 050, du kilomètre 38 à Diouléba.

De Diouléba à Badunbé, les transports s’effectuaient par la voie fluviale et de Badunbé à Koulikoro par des convois de voitures Lefèvre.

Les dépenses, pendant cette période de 1885 à 1892, furent de 1.869.532 francs.

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