‹ Les chemins de fer en Afrique et leur rôle dans l'expansion colonialeChapitre 13 sur 51 · TROISIÈME PÉRIODE. — ÉTUDES ET RÉFECTIONS · texte numérisé non relu

TROISIÈME PÉRIODE. — ÉTUDES ET RÉFECTIONS

L'administration des Colonies, décidée à reprendre l’œuvre abandonnée, mieux éclairée par les difficultés du début, ne voulut commencer aucun travail de prolongement sans avoir en mains un avantprojet et une évaluation de dépenses aussi complète que possible.

Deux missions, composées d'officiers et d'hommes de troupe du 5° régiment du génie, furent constituées sous les ordres des commandants Marmier et Joffre.

En 1892 et 1893, ces missions opèrent sur le terrain, la première de Bafoulabé à Kita, la deuxième de Kita à Toulimandio.

Le commandant Marmier établit en quelques mois un projetcomplet de voie ferrée de 199 kilomètres, de Mahina, sur le Bafing, à Kita. Le point de passage du Bafing était fixé à Mahina, à six kilomètres en amont de Bafoulabé, en un point qui rendait facile l'établissement d'un grand ouvrage d'art. Le coût kilométrique était fixé a 76.000 fr. Le Comité des travaux publics, qui examina le projet en 1892, l’approuva entièrement et demanda que l'étude du tracé fut poursuivie de Kita à Bamako.

La mission Joffre était chargée :

1° D’assurer l’entretien et l'exploitation de la ligne Kayes-Bafoulabé- Diouléba ;

2° D'étudier les travaux de refection nécessaires pour mettre la pre-

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mière, de ces lignes dans des conditions normales d'exploitation;

3 D'établir l’avant-projet du chemin de fer de Kila au Niger.

Il ressortait de ces études que la ligne pouvait être continuée de Kita au Niger dans les mêmes conditions techniques que la section Mahina- Kita.

Le coût kilométrique était évalué à 75.0(0 francs. Le point d’'aboutissement choisi sur le Niger était Toulimandio. Les dépenses totales étaient évaluées de la façon suivante :

Améliorations de la premiére section de Kayes à LE NE RSR AE RE MA FAST ANR EE DE MOUSE Le RATE 3.060 CCO »

Construction du chemin de fer entre Mahina, point substitué à Bafoulabé, pour le passage du Bafing, et Toulimandio, sur le Niger, y compris un embranchement de 6 kilomètres sur Bammako, 427 kilomètres à

RNA RES ICE LS LIL Rae CT ee Us: ONE OCR) Construction de deux ponts, l'un à Mahina, l’autre LL RE OR EPS 205 AS CN TETE RTE LOL AROIRRE LRE C 750 (CO » Prolongement de la ligne jusqu'à Koulikoro, sur Île Duben 120 klernbtres})# ie eus LIVRE 1 500 Q » DOM ST Ne. es 40270 00e

Le personnel du génie, tout en s’occupant de ces études, assurait l'exploitation de la ligne qui fut ouverte au commerce le 1° janvier 1894, par arrêté ministériel du 19 novembre 1893. Il entréprenait d'urgence l'amélioration de la voie existante de Kayes à Balfoulabé et la réparation du matériel roulant, qui était très fatigué. En même temps, avec une partie des crédits affectés-à l'entretien, le génie construisait les piles du pont de Mahina, sur le Baling; M. Delcassé, sous-secrétaire d'Etat aux Colonies, obtint du Parlement, en 1895, les crédits nécessaires à l’achat et à la pose du tablier. Au mois de mai 18£6, le pont était lancé et le rail, dont la pose avait été arrêtée par l'obstacle du Bafing, franchissait le fleuve. On débroussailla, on piquela la plateforme au-delà de Mahina et on acheva 14 kilomètres de voie. Cet événement marqua un revirement d'opinion en faveur du chemin du Soudan. Il ranima la confiance ébranlée.

En 1897, par l’article 93 de la loi de finances, le Parlement décidait a création d’un budget annexe et accordail aussi son autonomie au chemin de fer; il autorisait en outre le Ministre à poursuivre progress-

vement i'éxécution du programme approuvé par le Comité des Travaux Publics des Colonies pour le prolongement du chemin de fer. La subvention annuelle fut portée à 7.680.000 francs, dont 168.000 pour l'entretien de la demi-compagnie du génie et 600.000 francs pour la construction, ce qui permit d'établir la plateforme et de poser la voie sur 14 kilomètres, de Mahina à Cuninville, et d'acheter en outre 25 kilomètres de voie neuve.

En 1898, le Parlement accorde le même crédit qu’en 1897, mais le celonel de Trentinian, lieutenant gouverneur du Soudan, abandonna au budget annexe le produit des recettes douanières de la colonie, ce qui permit de contracter un premier emprunt de 919.645 francs à la Caisse des dépôts et consignations, remboursable par quatre annuités de 250.000 francs, que la colonie du Sénégal s'engageait à verser : comme quote-part au Soudan dans les recettes des douanes.

Grâce à ces ressources les travaux reprirent avec activité. IIS furent poussés vigoureusement. Le terminus de la voie de un mètre était avancé jusqu'à Oualia, kilomètres 168. La voie avait progressée de 38 kilomètres en un an. Cela permit de supprimer la voie de 060 que l'artillerie de marine avait établie et elle fut employée à l’exécution des terrassements du prolongement. Dès lors on put faire le trajet Kayes Diouléba en un jour au lieu de deux.

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