QUATRIÉME PÈRIODE DITE DE PROLONGEMENT
En dix-sept ans, 168 kilomètres de voie avaient été construits, soit une moyenne de 10 kilomètres par an d'avancement, ce qui est un rendement bien minime. Si la progression de chemin de fer s'était : faite dans de pareilles conditions il eut fallu une période de cinquante ans pour atteindre le Niger.
Le département des colonies, désireux de donner une impulsion plus vive et plus régulière à la marche des chantiers, approuve un projet élaboré sur sa demande par la Direction du chemin de fer et qui permettait d'assurer en 1906 l'achèvement de la ligne jusqu’à Toulimandio, par une construction annuelle de 4) à 50 kilomètres en moyenne. La dépense devait s'élever à 24.719.000 francs.
Une convention conclue, entre l'Etat et la Colonie, le 10 février 1898, devait assurer les ressources nécessaires. Approuvée par l’article 35, de la loi des finances de 1898, la colonie du Soudan s’engageait à partir du 1° janvier 1899 à verser pendant vingt-quatre ans une subvention de £00:000 francs au budget annexe du chemin de fer de Kayes au
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Niger. L'Etat s'engageait à participer aux travaux pour une somme de 12 millions au moyen de versements annuels qui ne pourraient être inférieurs à 500.000 francs, ce qui mettait à la disposition une subvenüon annuelle de 1 million pendant vingt-quatre ans. permettant de gager un emprunt de 16.369.844 francs et permettant la construction jusqu'au kilomètre 330 à 20 kilomètres au dela de Kita. Mais la question financière n'était pas complétement résolue. Pour réaliser ce programme il fallait trouver une somme dé 8.320.156 francs formant le complément nécessaire entre le montant de l'emprunt et le chiffre des dépenses prévues de 24.719.000 francs.
Au commencement de 1899 un nouvel emprunt de 3.200.00 francs gagé par 24 annuités de 204.428 fr. 76 était contracté.
Ces ressources nouvelles permirent de faire arriver à la fin de l’année la plate-forme au kilomètre 230.710 et le rail au kilomètre 211.420, ce qui faisait un prolongement de 60 kilomètres de plateforme et 43 kilomètres de voie.
En 1900 un nouvel emprunt de 4.500.000 francs fut contracté, gagé par 24 annuités prélevées sur la subvention anuuelle de l'Etat. Mais la fièvre jaune du Sénégal empêcha la montée à Kayes de la presque totalité du matériel expédié de France. On prolongea quand même la plate-forme de 22 k. 958 jusqu’au kilomètre 253.668 et le rail du kilomètre 40.580 au kilomètre 252.
Le pont de Toukoto sur le Backoy comprenant 14 travées métalliques de 25 mètres était terminé et l'ouverture d’un chantier au Mananbougou était effectuée. Mais la nécessité d'une impulsion plus rapide encore pour la mise en valeur de notre empire soudanais se fait sentiretil faut d'autre part restreindre les dépenses résultant du transport du personnel et du matériel de Kayes au Niger.
Au cours de l’année J901 le département des Colonies adopte un nouveau programme permettant l'achèvement complet de la ligne à la fin de 1904 au lieu de 1906 en construisant annuellement 80 kilomètres de voie.
Le terminus du chemin de fer était transporté à Koulikoro à 20 kilomètres au delà de Toulimandio afin d'éviter les rapides existant entre ces deux points.
Pour réaliser cette vitesse de 80 kilomètres, il fallait renoncer au système de la construction à l'avancement, ouvrir des chantiers sur une assez grande longueur et les pousser assez loin en tête du rail.
Mais pour cela il fallait organiser les transports à âne ou par voitnres Léfèvre, ce qui était assez coûteux et ce qui portait le prix du kilomètre à 74.150 francs.
Pour l'exécution de ce programme nouveau la dépense s'élevait à partir de 1899 à 30.056.904 francs, soit un excédent de 5.300.000 francs sur les prévisions du programme de 1899.
Mais cet excédent se trouvait compensé par les économies réalisées par les transports de l'Etat et de la Colonie, le tarif kilométrique du chemin de fer étant à la montée de 050 la tonne et de 007 à la descente au lieu de 3 francs la tonne kilométrique par voiture Léfévre.
M. Bienvenu Martin, député, au nom de la commission du budget en 1901, nous donne dans unrapport le détail des dépenses néces saires à l'exécution de ce projet.
Amélioration de l’ancienne voie.........:....,.,.... 2.600.000 » Construction de Oualia à Koulikoro 77 kilomètres à 61.210 francs le kilomètre......... 4.715 47025 310 kilomètres à 74.393 francs le kilomètre......... 23.061.830 » Pont defffoukoto.z. set" /s.ns tee Rene 2 390.000 » Excédent probable des dépenses sur les recettes kilométriques de MS AI O0 San ee LE SERA RDEES 111.000 » OA ne Tr 30.836.000 »
A déduire la valeur du matériel en magasin au ES D CE LEE Ge 20) dei Let) Le NN AS Ie GERS te À ANDRE TE 779.095 75 ReSHE TEA En 30.056.904 25
Mais pour réaliser ce nouveau programme il fallait en sus des 16.369.844 francs d'emprunt gagés par les 24 subventions annuelles de 100.000 francs trouver encore 13.687.060 fr. 24.
Une combinaison financière fut étudiée.
La Colonie et l'Etat fourniraient l’un et l’autre pendant 24 ans, une subvention annuelle de 417.000 francs ce qui permettait la conclusion d’un emprunt de 13.688.060 fr. 24 à la caisse des dépôts et consignations. Le Conseil général de la colonie acceptait l'inscription à son budget de cette subvention annuelle à partir du 1° janvier 1902. L'Etat fit lui-même l'avance des sommes nécessaires à l’achèvement du chemin de fer. La loi du 4 mars 1902 sanctionna cette combinaison qui permettait de mettre fin aux difficultés financières.
On avait désormais les ressources nécessaires à l'exécution du programme technique de 1901.
Les budgets de 1901, 1902, 1903, 1904 ont été établis conformément à ce programme et la Direction des chemins de fer s’est appliquée à réaliser le plan de campagne actuel.
Cependant d’autres difficultés surgirent. En 1900, épidémie de fièvre jaune au Sénégal qui empêcha la montée du matériel, en 1901, épidémie de fièvre jaune au Soudan qui fait de nombreuses victimes dans le personnel de surveillance des travaux. En 1902 l'absence de crue du fleuve Sénégal empêcha tout mouvement du matériel de Saint-Louis à Kayes, Ces contre-temps quoique modifiant la marche des travaux ne retardèrent pas heureusement l'achèvement de l'œuvre.
Le tableau ci-contre indique les prévisions et l'avancement des travaux de 1899 à 1904.
Grâce à l'impulsion donnée en 1904 aux chantiers de pose de voie et de ballastage qui ont progressé avec une vitesse mensuelle de 14 kilomètres, le retard occasionné par les épidémies de fièvre jaune et l'insuffisance de crue du Sénégal, retard qui s’élevant à 97 kilomètres à la fin de 1903, a été regagné presque en totalité puisque en décembre 1904 le rail atteignait le terminus de Koulikoro devançant de quelques mois la date prévue au programme d'achèvement suivi depuis 1901.
Le 10 décembre 1904 le chemin de fer fut ouvert à l'exploitation sur toute sa longueur, soit 553 kilomètres.
En résumé du 1° janvier 1899 au 31 de 1904 on a construit 387 kilomètres de chemins de fer soit une vitesse annuelle moyenne de. 65 kilomètres.
En 1905 les travaux de parachèvement ont été exécutés, ils ont porté sur :