‹ Les chemins de fer en Afrique et leur rôle dans l'expansion colonialeChapitre 2 sur 51 · AA · texte numérisé non relu

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de notre marine permettait de relever la tête ; de là, une politique pus hardie, servie d’ailleurs par les vieilles rancunes historiques, qui s'étaient ravivées, sous la République et l'Empire.

Pour lutter contre l’iufluence anglaise, la France, en 1842, étendait son protectorat sur les Archipels de l'Océanie, et pour répondre à l'occupation et au développement considérable de l'Australie, Dupetit Thouars installait des missionnaires français en Nouvelle Calédonie.

Des partisans irréductibles de la politique coloniale en Afrique nous assuraient la possession de Grand-Bassam et de Boutou 1842, des deux rives de la rivière Garravay et des territoires d’Assinie et de Dabou, 1843.

Le traité du 1° avril 1844 consacrait la prise de possession de la rive gauche du Gabon, qu'occupait le commandant Bouet-Willaumez,.

Donc, en 1848, on est indifférent, en France, au développement colonial el pourtant nos colonies avaient traversé deux crises, causées par la suppression de l’esclavage décrétée en 1848 et par la modification apportée au régime des sucres, crises très graves qui, pour quelques-unes de nos colonies, faillirent devenir mortelles.

L'alliance avec l'Angleterre, qui fut la grande pensée du règne de Napoléon III, nous interdisait de faire une concurrence active à notre nouvelle alliée, qui déjà aspirait à l’omnipotence coloniale.

Cependant en Afrique, la colonie du Sénégal, administrée remar-

quablement par le général Faidherbe, s’augmentait du Lagor et du pays des Maures, Tragas. Le fleuve Sénégal devenait nôtre jusqu’à Médine. Le maréchal Randon imprima à la pénétration saharienne une vigoureuse impulsion. De plus, Faidherbe organisait la mission du lieutenant de vaisseau Mages qui reconnaissait le pays, entre Haut-Sénégal et le Niger, de Saint-Louis à Bamako.

En Asie, la France et l'Angleterre, avaient imposé à la Chine, le respect de l’Europe et obtenu l'ouverture de ce grand pays au commerce. À la suite de cette guerre, on prit pied en Cochinchine ou l'empire d’Annam nous céda trois provinces en 1862, trois autres en 1867, et le protectorat sur le Cambodge était établi.

On espérait utiliser la vallée du Mei-Kong pour notre commerce. Nous mettions déjà la main sur cetempire d’Annam limitrophe de la Chine, relai nécessaire sur la grande route maritime en Extrême- Orient.

Denx évènements, eurent sur le développement de nos colonies de

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1860 à 1870, une influence considérable. Le premier est la promulga-

tion de la loi du 5 juillet 1861 qui autorisait aux colonies l'importation de toutes les marchandises étrangères, moyennant le paiement d’un droit de douanes égal à celui qui les frappait en France, et l'emploi du pavillon étranger pour toutes les relations commerciales des colonies, soit avec la métropole, soit avec les pays étrangers. Cette loi faisait crouler l’ancien système colonial, et inaugurait une nouvelle politique, affirmée par les traités de commerce de 1860.

Le deuxième évènement, est le percement de l’isthme de Suez, qui allait détourner les nations de l'Amérique et de l'Atlantique, pour le ramener en Orient, berceau des civilisations et des luttes premières

En résumé, la politique du second empire n’a pas été complètement stérile, elle a posé des jalons sérieux, pour notre actuel empire colonial, qui depuis 1870 a pris le développement le plus considérable et le plus intense.

Notre empire colonial, comptait en 1871, une superficie de moins d’un million de kilomètres carrés, et une population inférieure à cinq millions d'habitants. Nous possédions l'Algérie, où l’élément européen était encore assez peu nombreux, et dont l'outillage économique était rudimentaire. Malgré l’habile administration du général Faidherbe, nous n'avions pas fait des progrès trop considérables au Sénégal.

En ajoutant à nos colonies d'Afrique, St-Pierre et Miquelon, les Antilles, la Guyane, les Mascareignes, les possessions de l'Inde et de la Cochinchine, de l'Océan Pacifique, nous pouvons établir, que notre domaine d’Outre-mer avait un commerce extérieur de moins de 600 millions, dont plus d’un tiers, avec l'étranger. La métropole donnait 32 millions de subventions, dont 22 pour l'Algérie. Il fallut donc, une réaclion énergique, pour créer l'empire colonial que nous possédons aujourd'hui, et surtout, pour arriver à l’organiser économiquement.

Aux voyages entrepris par des particuliers succèdent les explorations d'Etat, organisées et dirigées par des officiers, des ingénieurs. Aux conquêtes de la monarchie de juillet, et du second empire, la République a substitué le système des annexions immenses et en moins de vingt ans, elle a établi son protectorat sur la Tunisie qu'elle a joint à l'Algérie, imposé sa domination à l'empire d’Annam tout entier. Madagascar annexé, surveille la route de l'Océan Indien.

A ce sujet, il est intéressant d'établir, quelles idées directrices, ont influé sur notre politiqne d'expansion coloniale, pendant ces trente dernières années.

Il n’est pas possible de croire qu'il existe.en cette matière, une idée directrice unique. Chaque doctrine d'expansion coloniale, contient sa part d'erreurs et d'illusions, amenées par les divers évènements diplomatiques et politiques. Cependant, on peut sans crainte, déclarer que toute notre politique coloniale, n’est pas issue du désir de promener le drapeau français, aux quatre coins du monde, mais bien qu’elle est née d’une nécessité économique, dont toutes les nations doivent subir le joug.

La politique coloniale de la troisième République, est fille de la politique industrielle. Gambetta, avait reconnu, que la France n’est pas sujette aux mêmes fatalités d'expansion coloniale que l’Angleterre. Il voulait une politique de conservation et de maintien de notre patrimoine « et c’est surtout disait-il dans la Méditerranée que nous « devons exercer une vigilance toute particulière ».

Dans son discours du 1‘ décembre 1882, à propos d'un crédit sur les opérations militaires en Tunisie, il s’écriait : « Ne sentez vous pas, « que les peuples étouffent, dans ce vieux continent, est-ce que vous «ne cherchez pas à créer au loin des marchés, des comptoirs, à favo- « riser partout une expansion nécessaire, et nécessaire en quoi, «Messieurs, nécessaire à l'accroissement denotre prospérité nationale ».

Et en cela, il était d'accord avec un homme qui a peut-être donné le plus d’impulsion à notre mouvement colonisateur. Jules Ferry avait fondé sa politique coloniale, sur le respect des engagements pris et des entreprises commencées sous les régimes antérieurs à la République, sur la nécessité de donner à notre Marine des points d'appui et des bases de ravitaillement. Les Colonies doivent être des marchés privilégiés pour l'exportation des produits français : « Tout « le monde aujourd’hui, veut filer et tisser, forger et distiller. Toute « l'Europe fabrique le sucre à outrance et prétend l'exporter. L'entrée «en scène des derniers venus de la grande industrie, les Etats-Unis «d’une part, l'Allemagne de l’autre, l'avènement des petits Etats, des « peuples endormis ou épuisés, de l'Italie régénérée, de l'Espagne «enrichie par les capitaux français, de la Suisse si entreprenante et «si avisée à la vie industrielle sous toutes ses formes, ont engagé « l'Occident tout entier, en attendant la Russie qui s'apprête et qui

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