‹ Les chemins de fer en Afrique et leur rôle dans l'expansion colonialeChapitre 20 sur 51 · EE · texte numérisé non relu

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création d’une route pouvant recevoir non plus une voie Decauville mais un vrai chemin de fer de pénétration vers le Niger.

Le capitaine Salesses fut chargé d'une nouvelle mission d'étude en 1897 et 1898. Les résultats de cette mission dissipèrent tous les doutes qui avaient pu s'élever sur l'impossibilité, prétendue de conduire la locomotive au travers des massifs montagneux du Fouta-Djallon. On constata qu'il fallait aboutir au Niger en aval des rapides de Bafara près du Kouroussa, a l’origine d'un bief navigable d'environ 850 kilomètres de long qui se termine à Bamako.

Le tracé fut modifié par suite de considérations politiques et rejeté ver le Nord afin de s'éloigner de la frontière anglaise et pour se rapprocher d'avantage des centres commerciaux indigènes. Une variante desservant la région du Konkouré avec prolongement sur Timbo et le Niger par la vallée de Tinkisso fut reconnue praticable. Comme conséquence de ces études préparatoires, le capitaine Salesses présenta le 1 juillet 1889 un avant-projet de chemin de fer de Konakry à Kouroussa et passant par Friguiagbé et Timbo. La longueur de la ligne projetée était de 680 kilomètres et la dépense kilométrique . prévue de 90.000 francs mais quoique le tracé eut été reconnu jusqu’au Niger, l'étude détaillée de l’avant-projet n'avait pu être faite que sur les 275 premiers kilomètres.

Des conditions principales de ce projet étaient les suivantes :

La ligne projetée partirait de Konakry et s’élèverait graduellement vers la région montagneuse du Fouta-Djallon en atteignant d’abord vers le kilomètre 47 à Kindia l'altitude de 160 mètres. puis au col du Kindia, kilomètre 148 l'altitude de 448 mètres, enfin l'altitude 715 mètres au col de Koumi,qui est le point culminant du tracé. La ligne passerait à environ 30 kilomètres de Timbo, principal centre du Fouta-Djallon, du col de Koumi le tracé descendrait vers le Niger qu'il atteindrait à une altitude de 375 mètres.

La voie était prévue avec un mètre de largeur entre les bords intérieurs des rails ; les déclivitées ne devaient pas dépasser 25 millimètres par mètre et les courbes ne devaient pas descendre en dessous de 100 mètres de rayon.

Ce projet fut soumis à l'examen du Comité des Travaux Publics des Colonies qui, dans sa séance du 22 juillet 1899, donna un avis favorable à la mise en exécution.

Le Ministre, sur la proposition du Gouverneur Ballay, décida que

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les travaux seraient immédiatement entrepris par la Colonie, qui fut autorisée à contracter un emprunt de 8 millions près la Caisse Nationale des Retraités pour la Vieillesse. Cet emprunt consenti au taux de 4,10 0/0 est convertissable en quarante ans et donne lieu à une annuité de 408.000 francs.

Il restait à passer à l'exécution.

Les pourparlers furent engagés avec des groupes sérieux de constructeurs, mais ils durèrent plus de eux ans sans amener de résultats. Comme on ne pouvait rester aussi longtemps dans l'inaction, le Ministre décida, sur la proposition du Gouverneur Ballay, qu'à titre provisoire on procèderait à l'exécution par la Colonie, des 120 premiers kilomètres.

L'adjudication portant sur l'infrastructure divisée en deux lots de 60 kflomètres chacun eut lieu le 16 février 1900. MM. Mairesse et Christmann furent déclarés adjudicataires.

Le capitaine Salesses nommé Directeur des Chemins de fer, avait obtenu le 19 novembre 1899 l'envoi d’un détachement du génie pour les travaux de débroussaillement et de piquetage, d'exécution des plans et profils au 1/2.000 pour la mise en train des travaux à l'entreprise.

Les travaux furent commencés le 1 juillet 1900 sous le contrôle technique du personnel du génie.

La mort de l'entrepreneur M. Mairesse auquel, après de longs pourparlers, se subtitua son frère M. J.-B. Mairesse, jeta un trouble profond dans la marche des travaux. D'autre part, des divisions naquirent dans le personnel entre les militaires et les civils.

L’Administration des Colonies avait assuré sur les chantiers, au mois de novembre 1900, la présence de 6.000 travailleurs. Pour diverses raisons, il n'en restait plus que 2.500 un mois après et seulement un millier à peine en lévrier 1901.

La résiliation des travaux dut s'imposer et la convention de résiliation fut signée le 4 février 1902. La Compagnie continua les travaux en régie.

Le Directeur, grâce à des renseignements recueillis au Congo Belge, avait organisé le fonctionnement d'équipes de travailleurs à la tâche, recrutés par les chefs d'équipe à côté desquels se groupaient les indigènes venus de tous les points du pays.

Les travaux purent ainsi reprendre leur activité et en 1902 des

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