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recette kilométrique totale, T et V le nombre de tonnes et de voyageurs transportés à distance eutière.
La voie du chemin de fer Dakar-Saint-Louis est de 1 mètre à l’intérieur des champignons. La longueur totale est de 264 kilomètres 202. Tous les arrêts prévus au projet ont été exécutés. Deux gares terminus, Dakar et Saint-Lonis, avec chacune une remise à machines et atelier de réparations. Des stations à Rufisque, Poul, Thiés, Tivaouane, Pire Gouraye Kelle, N'Dande, Kebemer, Louga, M'Pal avec bâtiments à voyageurs et quai d'embarquement pour marchandises.
Des haltes à Tiarye, N'Gage-Mekhè, Gaimbo-Guéoul, Sakal, Rao- Poundioun, avec batiments à voyageurs seulement.
Des réservoirs avec grues hydrauliques pour l’alimentation des machines ont été installés en outre à Thiès, N'Dande, Louga, M'Pal.
Tous ces travaux de construction de gares, ont coûté assez cher et les gares d’ailleurs peu luxueuses, n’ont pas été en rapport avec les nécessités climatériques. Aussi en 1897, la Compagnie a dû obtenir l'autorisation de reconstruire des bâtiments nouveaux, dont le type
ù serait plus conforme aux nécessités du climat sénégalais. Ces travaux de reconstruction ont coûté 1.133.709 fr. 16,
A l'heure actuelle, la ligne Dakar, Saint-Louis bien améliorée, est complétement transformée et on'peut considérer l'ère des travaux complémentaires comme close
Examinons maintenant l'exploitation commerciale. Le détail des recettes a été, en 1885, pour les voyageurs de 335.747 86; pour les bagages, 29.787; pour les messageries, de 40.701 87; pour la petite vitesse, 267.568 01 ; ce qui donne un total général de 673.804 74.
En 1895, voyageurs recettes, 523.528 17; bagages, 26.740 40; messageries, 54.912 45 ; petite vitesse, 548.484 21 ; produits divers, 41,880 51 Total général, 1.195.545 72.
En 1904, voyageurs recettes, 878.407 15 ; bagages, 45.504 68; messageries, 76.318 26; petite vitesse, 1.307.612 75; produits divers, 165.209 30 ; total général, 2.473.052 14.
En 1907, voyageurs recettes, 1.100.782 51 ; bagages, 54.110 71; messageries, 71.923 54; petite vitesse, 1.803.387 47; produits divers, 96.011 78 ; total général, 3.126.216 01.
On voit par ces chiffres, que le trafic suit une progression croissante. La ligne Dakar St-Louis, a eu le particularisme de créer
l'industrie dans le pays alors qu'en Europe c’est l'Industrie qui crée les chemins de fer.
Parmi les produits industriels qui ont le plus contribué au développement commercial, il faut citer l’arachide qui pousse dans toute la région du Cayor.
En 1840, on importa pour la premiere fois en France de la graine d'arachide, le rendement fut trouvé favorable, et dès lors ce produit fut demandé.
Dès que l'attention du noir fut éveillée par les achats de ce prodnit, la culture alla se développant, par l'effet des demandes croissantes et les indigènes s’habituérent tous les ans à fournir un effort plus grand.
L'exportation qui n’était en 1846 que de 175 fr. s’éleva de 1867 à 1880 à 20.000 fr., en 1904, 137.773.509 kilogr. étaient exportés, ce qui correspondait à une mise en culture de 150.000 hectares.
Le mouvement important de ce produit n’a lieu qu'après la récolte, de décembre à mai, époque de la traite.
Les arachides doivent être rapidement évacuées: il ne faut pas les laisser aceumuler dans les stations, sinon elles offrent d’abord un danger d'incendie, ensuite il faut qu'ils aient quitté les quais des stations avant le mois de juin, sinon elles reçoivent les premières
pluies qui les déprécient. La Compagnie est tenue de mettre, pendant la période de la traite, un certain nombre de trains supplémentaires en circulation.
En 1885, 13.133 tonnes d’arachides, parcourant un parcours kilométrique de 1.666.854, ont donné à la Compagnie comme produit, 131.858 fr. 80.
En 1890, 18.892 tonnes, parcourant 2.518.069 kilom., avec un produit de 200.362 80.
En 1895, 34.837 tonnes, parcourant 3.867.112 kilom., avec un produit de 372.288 25.
En 1900, 90.386 tonnes, parcourant 8.912.517 kilom,, avec un produit de 994.138 25.
En 1905, 53.817 tonnes, parcourant 9.214.309 kilom,, avec un produit de 604.786 25. 6
En 1907, 101.832.675 tonnes, parcourant 1.958.320 kilom., avec un produit de 1.144.228 65.
La pacification est pour beaucoup dans ce résultat.
Mais la construction et l'exploitation du chemin de fer a eu un
grand effet sur le développement agricole des régions traversées.
En raison même des crises économiques, que subit l’arachide, on a essayé d’implanter au Sénégal, la culture du coton. Des essais ont cte entrepris à Richard Toll, que le service d'agriculture de la colonie veut préciser, surtout dans la vallée du fleuve, où la culture cotonière pourra être pratiquée, le jour où le fleuve Sénégal sera utilisé comme fleuve d'irrigation.
Ajoutons à cela la gomme, qui a longtemps fait l’objet unique du commérce sénégalais, le caoutchouc, l'huile de palme qui donne d'excellents résultats.
L'industrie s’est également implantée. Quoique elle soit encore assez peu développée, elle ne pourra prendre définitivement son essor, que lorsque l'agriculture sera complètemant développée. Une huilerie d’arachides s’est installée en 1890, à Saint-Louis, une briqueterie en 1898 à Bop N’Kior.
Antérieurement à 1890, les comptoirs commerciaux n’existaient guère qu’à Saint-Louis et à Gorée.
Comme Gorée, port sans abri, où les navires ne pouvaient trouver de bons mouillages, ne répondait plus aux besoins du trafic, on développa les ports de Dakar et de Rufisque. Le dernier devint le centre du trafic des arachides, et bientôt en 1889-1890, dès que le chemin de fer fut sérieusement exploité, les agences des grandes maisons de commerce du 2° arrondissement, installées à Gorée, émigrèrent de la Petite Côte et du Saloum à Rufisque.
En même temps, les négociants de la Casamonce, cédèrent leurs comptoirs à la Société Commerciale et Agricole de la Casamonce, laquelle choisit Dakar comme port de transit.
De plus, l’affermissement de notre autorité, en différents points du territoire sénégalais, et notamment dans les provinces du Cayor et du Baol, avait donné au commerce une nouvelle impulsion, mais le chemin de fer accrut non seulement les relations de l’extérieur avec l’intérieur, mais encore créa autour des gares, en raison du développement donné à la culture de l’arachide, de nombreuses boutiques, et donna naissance à un important courant commercial,
Les populations des provinces du Cayor et du Baol, plus heureuses sous notre protectorat que sous la domination des Damels et des Teignes, se livrèrent à la culture de leurs champs, se transportèrent par les routes et les chemins créés, vers les stations de la voie ferrée,
rl) —
pouf y vendre les graines, et en retour se procurer les marchandisesd'importation.
Bientôt, Louga, Thiès et Tivaouasse en raison de l'accroissement de leur population et du mouvement commercial, furent constituées en communes mixtes le 31 décembre 1904.
Dans le Siné Saloum et la Casamonce, le même mouvement ascentionnel du commerce est à signaler.
Ainsi donc, la colonie du Sénégal nous apparait comme une de celles dont nous pouvons être le plus fier.
Le chemin de fer a contribué puissamment à son développement. La construction et l’exploitation de la ligne Thiès à Rayes, fera de la colonie, la voie naturelle de transit entre l'Océan et le centre africain, et ainsi sera réalisée l'œuvre du gouverneur Faidherbe qui avait voulu faire de nos misérables comptoirs du Sénégal, une colonie qui devait devenir l’amorce d’un grand empire. à
Chemins de fer Thiès à Kayes.