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L'aménagement de l'Afrique Occidentale comporte l'établissement d’une grande voie ferrée qui la traversera de part en part. Sur ce tronc principal qui aura plus de 3000 kilomètres de long viendront s'embrancher ensuite toutes les lignes particuliéres qui partent de la côte dans les trois colonies de la Guinée Française, de la Côte-d'Ivoire el du Dahomey.
Notre Transsoudanais est divisé en deux parties sensiblement égales en deça et au delà du Niger. On travaille en ce moment sur la première partie, qui aura dans l'avenir de l'A. O.F. une influence incalculable. En effet elle mettra la vallée du Niger en communication directe avec la mer. De magnifiques perspectives s’oftrent pour cette partie de nos possessions. C’est une autre Egypte, plus grande qui possède quatre millions d'hectares au lieu de trois- Cette région est, il est vrai, très peu peuplée comparativement à l'Egypte, mais avec la paix que nous y faisons régner, avec le service d'hygiène qui y est assuré pour combattre la mortalité infantile, étant donné la fécondité de la race noire, on peut espérer que les habitants s'y multiplieront rapidement.
On peut en conséquence avoir grande confiance dans le rapide essor qui attend, dès qu’elle sera mise en relations faeiles avec le monde civilisé une région où toutes les cultures qui ont fait la prospérité de l'Egypte peuvent être entreprises dans des conditions identiques.
Le 9 décembre 1902 par dépêche n° 2391 le Ministre des colonies a décidé l’organisation d’une mission d’études du chemin de fer Sénégal Soudan sur la demande du Gouverneur Général de l'Afrique Occidentale.
L'idée de réunir le Ségnégal au Soudan par voie ferrée avait été préconisée à plusieurs reprises depuis le Gouvernement de Faidherbe. L'existence du chemin de fer Dakar-Saint-Louis, l'importance sans cesse grandissante du port de Dakar, avaient amené dès 1900 le Gouverneur Général à se préoccuper de la construction d’une voie ferrée reliant directement la ligne Dakar-Saint-Louis à Koyes c’est-àdire Dakar au Soudan. A cet effet le colonel Rougier, Directeur des Chemins de fer du Soudan, était chargé d'étudier l’organisation d’une mission d'officiers du Génie qui pourraient être chargés des études préalables à l'établissement d’un chemin de fer destiné à relier un point choisi sur la ligne Dakar-Saint-Louis avec Koyes tête de ligne
du chemin de fer du Soudan. Le projet de mission ne put pas être suivi d'exécution en raison de l'épidémie de fièvre jaune de 1900 qui désorganisa les services de la Colonie
Cependant M. le Gouverneur Roume se préoccupa de la reconstitution de la mission et le Ministre des Colonies décida de constituer des missions pour l'amélioration de l'hydrographie du Sénégal et l'étude d'un avant-projet de voie ferrée entre Dakar-Saint Louis et Koyes. Le colonel Rougier fut désigné pour diriger la mission d’ensemble qui comprenait un commandant, deux capitaines, dix sous-officiers caporaux et sapeurs et un docteur. Le personnel indigène devant être recruté au Sénégal.
La mission après avoir reçu les instructions du Ministre des Colonies et du Gouverneur Général, se réunit à Thyés le 13 janvier 1903. Elle se divisa en deux groupes de reconnaissance. Dans sa lettre du 9 janvier 19093 adressée au colonel Rougier, le Gouverneur Général donnant des instructions très nettes et fixait le but de la Mission.
€ La ligne projetée, disait le Gouverneur Général, ne doit pas être considérée seulement comme une ligne de transit à créer entre les deux voies ferrées existantes, il est indispensable qu'elle trouve et qu’elle appelle des éléments de trafics locaux. Il importe donc qu'elle desserve sur son parcours des régions déjà cultivées ou susceptibles d’être mises en exploitation agricole et dont elle assurera le développement graduel.
« Le point de raccordement de la nouvelle ligne devant être aussi rapproché que possible du port de Dakar, conduit à fixer Thiès comme point central des études à entreprendre.
« Le tracé devra être tenu dans la direction de Dionibel en vue de desservir la région de Baol qui est habitée et cultivée, mais en restant en dohors de la zone d'action de la rivière Saloum. A partir de Dionibel il semble indiqué de s’infléchir vers le Sud de façon à traverser les régions cultivables qui s'étendent au Nord de la Gambie et il conviendra de chercher à se rapprocher de cette rivière jusqu’à la distance toutefois qui apparaitra comme devant être maintenue pour que le rendement économique de la future ligne projetée ne soit pas directement influencé par le voisinage de cette voie navigable.
« Faire des reconniissances sur la nature et les particularités du sol, sur la profondeur des nappes souterraines. L,
« Quand la mission sera arrivée dans la Haute-Gambie en amont
Ed
de Mac Carty, lies considérations résultant de la nature des terrains fixeront le point où le tracé devra se redresser pour se diriger vers le Sénégal... »
Les officier de la mission s’efforcèrent de suivre les instruction le mieux possible malgré les difficultés multiples qu'ils rencontrèrent, dûes au climat et à la pénurie d’eau sur le cours suivi.
Au point de vue technique, il s'agissait d’après les instructions de l'Inspecteur Général des Travaux Publics de faire un texte de reconnaissances au 1/10.000 susceptible de permettre la rédaction d'un avant-projet sommaire de chemins de fer à voie de 1 mètre.
Cet avant-projet devait montrer si la construction d’une voie ferrée était possible, dans quelles conditions de traction cette voie ferrée pourrait être exploitée et enfin d’une façon approximative quel serait le cours de sa construction
Direction générale du tracé.
De Thiès à M'Gahaye (kil. 140 de Thiès) la direction générale du tracé est l'Est. :
De Diourbel à N'Gahaye, ancienne vallée du Sivre.
De N'Diobé à Ouarnéo on est dans l’ancienne vallée du Saloum.
De N’Gahaye à N'Diobé plateau de séparation des deux vallées.
Il emprunte les 48 Kk. 650 du tracé Marmier jusqu’à Séou, passe au nord de Diourbel et atteint N’Gahaye en s’élevant tout d’abord légèrement vers le Nord de façon à traverser les régions de Sambé, Tainabé et N'Diaraldu, régions trèe peuplées et bien cultivées. Entre Kael et N’Gahaye on trouve une région de forêts inhabitées, mais habitables, De N'Gahaye le tracé se dirige sur Ouarneo pendant 14 kilomètres, puis à cause de la densité de la végétation et du manque d’eau on doit se rabattre sur N’Dioté vers le sud-est (kil. 206) puis passer par Gadiaka et M'Paffa pour arriver à Ouarnes sur le Saloum supérieur (kil. 234).
Pour atiteindre le Kalou Kadougôdu et la vallée de Nianimerou on prit Lampour comme point de direction générale et arrivé à N’Dioum on se dirigea sur Guerimes. On se maintenait ainsi à 50 kil. de Mac Carty distance estimée suffisante pour que le chemin de fer ne se trouve pas dans le rayon d'action de la Gambie navigable. Dans cette partie le chemin de fer passe la mare de Kaffai, franchit les marigots de l’Assassa, atteint le village.de N'Dioum et se maintient dans l'Est à une distance moyenne de 4 kilomètres au nord de Nianimarou jus-