‹ Les chemins de fer en Amérique [microforme]Chapitre 114 sur 195 · LARGEUR LIBRE, | HAUTEUR LIBRE · texte numérisé non relu

LARGEUR LIBRE, | HAUTEUR LIBRE

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Pour un certain nombre de ces tunnels à simple voie revètus en bois, le prix de construction a varié de 1673 à 2395 francs par mètre courant.

Tunnels de la ligne du Pacifique,

Les tunnels établis de 1866 à 1869 sur la ligne du Pacifique servent en général à traverser des contreforts trop saillants. Construits provisoirement pour une seule voie, ils sont percés dans le granite, et, bien que le plus long ne dépasse pas 505 mètres, ils ont présenté, surtout sur le Central Pacific où ils sont le plus nombreux, des difficultés particulières d'exécution en raison de leur altitude! (ils sont généralement élevés à plus de 2000 mètres au-

1. Il existe maintenant un tunnel plus élevé que ceux de la ligne du Pacifique : c'est

dessus du niveau de la mer), de la violence des ouragans de neige qui sévissent fréquemment sur les cimes des montagnes, el de l’escarpement des rochers qu’ils traversent. Pendant une grande partie de l’année, les abords de ces souterrains sont couverts de neige, et il a fallu plus d’une fois, pour commencer les galeries d'attaque et en maintenir libresles accès, ouvrir non seulement des tranchées, mais même des souterrains dans la neige.

Les ouragans cet les avalanches ont à diverses reprises détruit les installations servant au logement des ouvriers et enseveli ceux-ci sous leurs débris.

Pendant l'hiver de 1866 à 1867, on a compté jusqu’à quarantequatre tempêtes de neige à la suite desquelles l'épaisseur des bancs de neige a atteint parfois jusqu’à 4 mètres; l’une de ces tempêtes a duré vingt-trois jours.

La plupart de ces tunnels sont en courbe; il y en a dont le rayon s'abaisse jusqu’à 175 mètres. Pour l'exécution du plus long, celui de Summit, ayant 506 mètres de longueur, et situé à 120 mètres du faite de la Sierra Nevada, il a été percé au centre un puits de 23 mètres de profondeur en quatre-vingt-cinq jours. Malgré ce puits, l'achèvement du tunnel n’a pas demandé moins de trois ans, de 1866 à 1869.

Les travaux d’extraction ont été exécutés presque entièrement par des Chinois; il y en a eu, pendant cette période de travaux, de 6000 à 9000 sur la ligne. Il n’a été effectué dans tous les tunnels que des revêtements en bois, dont le profil type a été précédemment décrit.

Tunnels du Cincinnati-Southern R.R.

La construction du Cincinnati-Southern R.R. a entrainé le percement de 27 souterrains dont la longueur varie de 58 mèires à 1220 mètres (longueur du King’s Mountain tunnel), à travers la roche calcaire, les schistes et les grès houillers; la roche est désagrégée seulement sur quelques points.

Plusieurs de ces souterrains sont établis en courbe et en pente de 0%,0113. Le rayon des courbes n’est pas inférieur à 291 mètres.

le tunnel d'Oroya (Pérou), situé à 4710 metres au-dessus du niveau de la mer, et de 1173 mètres de longueur. A cause de la raréfaction de l'air, on n’a pu y employer que des ouvriers d’une constitution exceptionnellement robuste ; les ouvriers chinois ne pouvaient pas y résister.

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Il en est un assez grand nombre où l’on a pu se passer de revèlement; dans les autres, on s’est contenté d’un revêtement en bois. Celui de King’s Mountain a été percé avec trois puits de 36 mètres de profondeur maxima.

Le prix de ces souterrains, construits pour une seule voie, conformément aux types reproduits fig. 10 et 11, pl. XXVIHE, ressort par mètre courant de 451 à 1522 francs.

Un fait curieux, signalé aussi dans le percement du Sutro tunnel (Nevada) dont il sera question plus loin, s’est produit dans celui de plusieurs souterrains du Cincinnati-Southern : c'est le soulèvement du plafond du tunnel, bien que constitué par des bancs de roche compacte. Ce fait est attribué, par le géologue M. Sterry Hunt, à un état de tension préexistant dans la masse.

Souterrain de Nesquehoning (Lehigh et Sasquehanna R.R.).

Le souterrain de Nesquehoning, établi de 1870 à 1872 par la Lehigh Coal and Navigation Company, se distingue à la fois des précédents par l’objet en vue duquel il à été construit, et par l’application en grand des nouveaux procédés mécaniques d'extraction qui y a

été faite. Cette Compagnie possède dans la vallée de Panther Creek une vaste étendue de mines de charbon, pour l'exploitation desquelles elle a installé le système ües plans inclinés avec voies de rebroussement du Mauch-Chunk, célèbre depuis longtemps par les dispositions ingénieuses qui perinettent d'utiliser le poids des wawons pour leur faire franchir une partie de j'intervalle séparant les mines du réseau des voies navigables cc ferrées qui en transportent les produits aux ports de l’Atlantque. Une machine fixe sert à élever les trains jusqu’au sommet d’une montagne d’où ils redescendent ensuite vers la vallée du Lehigh.

Pour remédier à l'insuffisance reconnue de cette installation, la Compagnie s’est décidée à percer, à travers le Locust Mountain, un souterrain de 1160 mèlres de longueur, qui évite la remonte en passant à 164,7 au-dessous du sommet de la montagne, pour déboucher à 4,50 au-dessus du niveau des eaux du Lehigh.

Ce souterrain traverse d’abord, sur 300 mètres, des bancs de grès renfermant des couches de houille inclinées à 45°; puis des conglomérats et des schistes rouges, et vers son extrémilé, sur 90 mètres, des débris de roches décomposées.

On a utilisé pour son percement une ancienne galerie de mines de 360 mètres de longueur, partant de la tête sud, ainsi qu’un puits servant à ventiler cette galerie, et plongeant suivant l’inclinaison des stratifications, que l’on a élargi pour l'extraction des déblais (fig. 5, pl. XXVII).

Construit dans la roche compacte pour une seule voie, le souterrain du Nesquehoning a été établi immédiatement pour deux voies dans les autres parties, pour éviter la gêne que la reprise de la voûte causerait en cas d’élargissement, et pour assurer une meilleure ventilation. |

Pour les extractions dans la roche compacte, les trous de mine ont été forés, soit à la main, soit avec des perforatrices Burleigh actionnées par l'air comprimé; il y avait deux compresseurs à air et seize perforatrices, dont la moitié était habituellement tenue en réserve. L'air comprimé.était amené par un tube en fer de 0",15 de diamètre jusqu’à une distance de 1140 mètres, à une pression de 7 atmosphères, qui subissait en route une perte de 10 pour 100 environ; une faible congélation se produisait à l’'échappement dans les cylindres des perforatrices.

Le percement de la roche dure s’est fait à raison de 32 mètres d'avancement par mois. On a compté qu'il fallait 2",60 de longueur de trous de mine, en moyenne, pour extraire un mètre cube de déblai, et que le coût d'extraction du mètre cube étail : avec les perforatrices, de 4,91, et avec le forage à la main, de 191,35; le trou de mine de 0",037 de diamètre revenait le mètre couraat : à la machine, à 2,31, et à la main, à 9,24. Le poids de poudre dépensé par mètre cube a été de 1,91.

Le percement de la galerie d’attaque partant de la tête nord a été très difficile à cause de la présence de l’eau, convertissant la roche décomposée en une masse semi-fluide, où l’on n’a pu avancer qu’à l’abri d’un bouclier rappelant par ses dispositions le bouclier employé par les ingénieurs anglais sous la Tamise.

Le revêtement, exécuté en briques, a demandé six mois et un tiers; il a marché à raison de 16 mètres par mois. L’exécution complète du souterrain a demandé trente mois; le percement de la galerie sud jusqu’à la rencontre de la galerie nord, dix-huit mois et demi.

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Souterrain du Musconetcong (Easton et Amboy R.R.\.

La ligne sur laquelle est situé ce tunnel, percé sous la direction de MM. Sayre et Drinker, prolonge jusqu’à la mer le chemin de fer du Lehigh Valley à partir de la station d’Easton. Avant sa construction, le chemin de fer ne dépassant pas cette ville, marchandises et voyageurs étaient {. ansportés à partir de la station terminale par d’autres lignes, soit vers New-York, soit vers Philadelphie.

Depuis la construction du souterrain de Musconetcong, les transports de la ligne du Lehigh Valley, qui recoit une énorme quantité de charbons, se font directement jusqu’au port de Perth-Amboy.

Le tracé de la ligne traverse en plein la montagne du Musconetcong, dont le sommet s'élève à 275 mètres au-dessus du niveau de la mer et à 142 mètres au-dessus du niveau de la voie. Celle-ci présente deux pentes opposées à partir du milieu du souterrain: la plus forle de ces pentes ne dépasse pas 0",003,

Sur une longueur totale de 1472 mètres (fig. 1, pl. XXVIL), le souterrain traverse, à partir de sa tête occidentale, d’abord des argiles, puis des calcaires et une roche syénilique présentant une surface mamelonnée, dont les premières couches sont dans un état de décomposition plus ou moins avancée, et qui, à une certaine distance de la lête, finit par devenir extrêmement dure. Cette syénite se présente avec des stratifications bien accusées, plongeant vers l'Est avec une inclinaison d'environ 60 degrés.

Du côté de l'Ouest, le souterrain est précédé par une tranchée de 800 mètres de longueur, dont la profondeur dépasse 22 mètres; cette tranchée est ouverte dans des couches d’argile surmontant des bancs calcaires. Pour devancer le moment où l’approfondissement de cette tranchée permettrait d'attaquer le percement du souterrain par la tête ouest, on a ouvert tout d’abord un puits ayant l'inclinaison des stratifications, et pénétrant à 250 mètres de cette têle dans la roche calcaire.

A l’aide de ce puits, on put commencer deux galeries d'attaque en se servant d’abord de la barre à mine, puis des perforatrices, et on avança pendant un certain temps à raison de 29 mètres par mois; mais les galeries n’ayant pas tardé à être envahies par l’eau, en rencontrant la surface de contact de la roche calcaire avec l’ar-

gile, on fut obligé de les abandonner. Après avoir fait baisser avec beaucoup de peine l'eau dans les galeries et percé deux nouveaux puits vers l’ouest, dont un au delà de la tête du souterrain, dans le but de faciliter à la fois les épuisements et la multiplication des points d'attaque, on parvint, à l’aide du système de boisage représenté par la fig. 4, pl. XXVII, à pousser jusqu’à leur rencontre les portions de souterrain amorcées à l’aide des nouveaux puils. On ouvrit d’abord une galerie supérieure d'avancement, puis une galerie inférieure d’assèchement, et on exécuta ensuite le revêtement représenté par la fig. 3, pl. XX !T.

Le percement à l'Est du puits ‘: 126, sur 699 mètres de longueur dans la roche syénilique, gêné aus: d’abord par les eaux et par le défaut de consistance de la roche, finit par s'organiser dans des conditions qui permirent de le pousser avec une grande activité, grâce à l'emploi des perforatrices mécaniques.

Le matériel se composait pour celte tête d'attaque de quatre compresseurs Burleigh, actionnant ensemble neuf perforatrices du système Ingersoll, où l’air comprimé était amené jusqu’à une distance de 900 mètres à une pression de cinq à six atmosphères.

Les perforatrices étaient montées sur deux chariots circulant sur deux voies placées symétriquement par rapport à l’axe du souterrain (fig. 16 et 17, pl. XXVII).

Après chaque série de coups de mine, tous les ouvriers réunis remplissaient rapidement des produits de l’explosion les wagons amenés sur une voie centrale. La largeur totaie de la galerie étant de 7",92 laissait pour ces manœuvres la place nécessaire.

Le travail de la mine commençait par la partie centrale du front d'attaque; il était conduit de manière à détacher d’abord un noyau central en forme de coin et à élargir ensuite progressivement l’excavation de chaque côlé. A cet effet, sur le front d'attaque représenté par la figure 16, planche XXVIT, occupant une hauteur de 2,30 à 2,40 au-dessous du ciel du souterrain, on forait d’abord à une distance de 1,35 de l’axe douze trous placés six à six sur les mêmes verticales et convergents, de 3",16 de profondeur et de 0,04 à 0,07 de diamètre, que l’on chargeait avec 11 et 22 kilogrammes de dynamite de première et de deuxième qualité. Le premier abatage obtenu, on faisait une série d’abatages latéraux au moyen de trous de mines disposés trois à trois sur la même verticale, divergents horizontalement, ct plus profonds que les premiers, que l’on chargeait

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avec de la dynamite de deuxième qualité. Le tableau suivant indique la distribution des trous et des charges par abalage :

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