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Les galeries partant de la tête de l'est et du puits central en allant vers l’est se rencontrèrent le 12 décembre 1872, et les deux autres à l'ouest, le 27 novembre 1873. Ce n'est toutefois qu’un an plus tard, en décembre 1874, qu’eut lieu l’achèvement complet des déblais.
D’après MM.Shanly, l'extraction de chaque mètre cube a exigé en moyenne le percement de 4",45 de longueur de trous ; dans la roche schisteuse où l’on employait la poudre ordinaire, il a fallu 3 kilogrammes de poudre en moyenne par mètre cube; pour les roches plus compactes, on s’est servi de la dynamile n° 1, à raison de 1K,50 par mètre cube en moyenne.
Les trous avaient 0",05 de diamètre, et de 2,50 à 4 mètres de profondeur.
Dans la dernière période du percement, en 1873, on se servait simullanément à chaque front d'attaque de six perforatrices Burleigh qui percaient chacune en moyenne une profondeur de trou de 0*,0305 par minute, en travaillant sous une pression de cinq atmosphères.
Le travail élait organisé par relais de huit heures; dans l'intervalle de chaque relai, deux à trois heures étaient employées au percement des trous au nombre de douze, et le reste du temps à l’enlèvement des produits de l’explosion.
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MM. Shanly estiment que l'emploi des perforatrices Burleigh a procuré une économie de temps et d'argent des deux tiers. La dynamite n° 1 employée à partir de 1870, et la poudre au mica (mica powder) \, introduite en 1874 pour les abatages complémentaires, leur ont donné les résullats les plus satisfaisants.
Quant au revêtement du souterrain, ilavait été déjà effectué avec ‘adier sur une longueur de 250 mètres à partir de la tête de l'Ouest; le revêtement a été ensuite prolongé sans radier sur 410 mètres. Plus loin, il cesse d’être continu; il n’a plus été exécuté que de place en place, partout où la cohésion de la roche a paru douleuse. La longueur lolale des parties ainsi revètues ne dépassait pas 770 mètres au commencement de l’année 1876.
Il est loutefois probable, d'après l'avis de l'ingénieur consulté en dernier lieu sur l'extension à donner aux revêtements, M. Philbrick, qu'ils devront dans un avenir plus ou moins prochain comprendre la plus grande partie du souterrain.
est en 1875, le 3 février, que le premier train a parcouru le souterrain; mais la circulation régulière des trains de voyageurs n'a commencé qu'en octobre de la même année, et ce n’est que le 1e" juillet 1876 que le souterrain a été déclaré officiellement terminé, et qu'il a été définitivement livré à l'exploitation.
Des travaux complémentaires ont dû néanmoins y être exécutés
jusqu’en 1877 : à l'Ouest, la voûte a été prolongée et des murs de
soutènement ont été construits à la suite du souterrain; on a en outre établi une Lête en maconnerie à l'Est.
Jusqu'à présent on n’a encore posé qu’une seule voie.
Des précautions spéciales sont prises pour assurer la sécurité des trains. La longueur totale du souterrain est divisée en quatre sections égales par trois lampes portant des indications qui permettent aux mécaniciens de régler leur vitesse d’après leur posilion; en outre le télégraphe arnonce à chaque tête l'entrée et la sortie des trains, qui parcourent tout le souterrain en un temps variant de dix à vingt minutes, suivant qu’il s’agit d’un train de voyageurs ou de marchandises.
L'exécution du souterrain de Hoosac a en définitive duré vingtdeux ans, de 1854 à 1876, et coûté 51 400 000 francs, soit par mètre
1. Composé analogue à la dynamite, mais dans lequel on se sert de la poussière de mica pour absorber la nitroglycérine (voir p. 113).
courant 6726 francs, c'est-à-dire plus que le tunnel du Mont-Cenis, qui a élé percé en quatorze ans, et dont la dépense, de 75 millions, répartie sur une longueur de 12 850 mètres, nefail ressortir qu'une dépense de 5900 francs par mètre courant.
Si les résullats de cette comparaison sont tout à l'avantage du grand tunnel européen, cela s'explique par les conditions particulièrement favorables dans lesquelles s'est présentée son exécution. Le caractère d'utilité internationale de celte grande entreprise lui a assuré dès le principe le concours financier de deux gouvernements qui n'ont rien épargné pour lui imprimer la plus grande activité et lui éviter toutes les causes d'interruption; elle s'esl trouvée en outre pourvue, presque dès le commencement, des machines, qui, en se substituant au travail à la main, devaient si notablement accélérer sa marche. I en a été Lout autrement pour l’enlreprise du Hoosac tunnel; commencée avec des moyens insuffisants par une Compagnie, puis bientôt interrompue, et enfin reprise par un État ne disposant que de ressources fort limilées, ce n'est en définitive que fort tardivement qu’elle s’est trouvée en mesure de recevoir une impulsion en rapport avec son importance.
Quelque jugement que l’on puisse porter sur la manière dont les {travaux ont été conduits et sur l'utilité du percement en lui-mème, on ne saurait refuser à celle entreprise un certain caractère de grandeur ; la persévérance dont l'État de Massachusetts a fait preuve, en la menant à bonne fin à travers de sérieuses difficultés et au prix de sacrifices considérables, lui fait d'autant plus honneur, que les esprits sont peu portés en Amérique vers les entreprises placées en dehors de la spéculation par leur longue durée.
I ne faut pas oublier d’ailleurs que le percement du Hossac tunnel a été en Amérique le point de départ des progrès accomplis dans la construction des perforatrices mécaniques, qui, s’ils avaient été déjà réalisés au moment où ce percement a été commencé, en auraient considérablement réduit la dépense el la durée.
TFannel de Sutro (Nevada |).
Bien que ce tunnel ne soit pas à proprement parler un tunnel de chemin de fer, les conditions spéciales dans lesquelles il a été entrepris le signalent à laltention comme exemple d’une entre-
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On sait qu'un des filons les plus riches de l'État de Nevada, qui lient aujourd'hui avec celui d'Utah le premier rang pour la production des métaux précieux, est celui du Comstock, d'où l'on a extrait depuis 1860 pour plus d’un milliard de francs d'or et d'argent, Les affleurements de ce filon se trouvent près du sommet du mont Davidson, faisant partie.d'un contrefort de la chaine des montagnes de Washoe qui sépare les deux gorges de Gold Cañon et de Ten Mile Cañon, débouchant dans la vallée où se trouve Carson City, capilale du Nevada
Le filon du Comstock plonge du Nord au Sud sous le massif de syénile qui constilue presque entièrement le mont Davidson, avec une inclinaison variant de 38° à 45°. Son épaisseur à l'affleure-
ent alleint dans certains endroits de 180 à 390 mètres; à une >fondeur de 120 à 180 mèlres, elle est encore de 30 à 40 mètres, plus bas elle se réduit à 18 mètres et à 9 mètres.
Un très-grand nombre de puits ont été percés pour Pextraction du minerai par plus de quarante compagnies particulières ayant chacune ses galeries et son matériel d’épuisement et d'extraction. Pendant longtemps un certain nombre de ces compagnies a trouvé dans ce système d'exploitation d'assez grands bénéfices ; mais on a dû prévoir le momentoù, malgré la grande richesse du minerai, d’où l'on n'extrait guère aujourd'hui que 75 pour 100 du métal contenu, celte exploitation, surchargée de tous les frais occasionnés par la multiplicité des installations el par la profondeur toujours croissante des puits d'extraction !, cesserail d'être rémunéralrice, et cette préoccupalion a fait surgir l’idée de la construction d’un souter- ‘ain qui, partant du centre de la masse à exploiter, pour déboucher dans la vallée de Carson, permettrait, en simplifiant considérablement l'extraction et le transport du minerai, d'exploiter avantageusement à de très-grandes profondeurs toute la masse aurifère et argentifère.
Le projet de ce souterrain est dû à M. Alex. Sutro, qui a oblenu
1. 11 y a des puits qui atteignent dès à présent une profondeur de plus de 400 mè-
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en 1865 de la législature de l'Etat de Nevada une concession, lui accordant le droit de passage sur tous les terrains traversés. La plupart des Compagnies minières se sont en outre engagées à payer au concessionnaire 10 francs par tonne de minerai extrait, et le Congrès l’a autorisé: 1° à occuper tous les terrains faisant partie du domaine de l’État, nécessaires pour la construction du souterrain, moyennant une indemnité de 15 francs par hectare; 2° à acheter au prix de 60 francs par hectare dans un rayon de 600 mètres toutes les parcelles de terrain non encore occupées, contenant du mincrai; 3 à exiger de toutes les exploilations déjà existantes une redevance égale à celle qui lui avait déjà été promise par un certain nombre de compagnies, à la condilion toutefois que le tunnel crail ouvert en 1877.
Le souterrain, commencé par la Compagnie du Sutro tunnel, organisée au capital de 100 millions de francs, s'ouvre dans la vallée de Carson à 2 kilomètres de la rivière; il doit atteindre le filon de Comstock à 6100 mètres de son entrée, et à 660 mètres environ au-dessous du sommet du mont Davidson; il doit présenter une pente de 0",0025 et une largeur suffisante pour l'établissement de deux voies.
Les lravaux ont été commencés le 19 octobre 1869; quatre puils ont été percés pour l'extraction des déblais, savoir: