CHAP, VII — ABRIS CONTRE LA NEIGE
ques parliels, ajoutés après coup, plus que celles du Mont-Cenis, bien qu'ayant une hauteur deux fois plus grande.
Abris contre les avalanches, — Indépendamment de ces galeries à section symétrique par rapport à l'axe, il a été aussi construit dans les parties exposées aux avalanches, des toitures suivant le type représenté par les figures 5 et 6 pl. XXVI, présentant des inclinaisons variables suivant les cas. Ces charpentes, qui ont l’avantage de se prêter très bien à la ventilation, sont habituellement construiles avec des bois d’un équarissage plus fort que les galeries précédemment décrites, et les fermes y sont beaucoup moins espacées; cet espacement varie entre 1",40 et 1,60, landis qu’il est en moyenne de 2",44 dans les autres galeries, Le cube de bois employé varie naturellement avec le profil des tranchées ; en général, il est d'environ 8"*,40 par mètre courant.
Des lirants, scellés à l’une de leurs extrémités dans le rocher, sont destinés à prévenir la dislocation des fermes.
Précautions contre l'incendie, Pour prévenir les incendies auxquels ces divers systèmes de galeries couvertes sont encore exposés malgré les revêtements métalliques additionnels, il a dù être constitué un service spécial, Des trains de wagons, munis d’un atlirail de pompes, sont loujours prêls à se porter sur les points où l'on signale un commencement d'incendie; ces trains doivent passer avant tous les autres; des gardes, postés à l’intérieur des galeries à des distances de 1500 à 2000 mètres, leur donnent par le télégraphe le signal d’alarme.
Sur le Central Pacific, ces trains de secours contre l'incendie (fre trains) stalionnent en permanence aux gares de Blue Cañon, Emigrant Gap, Summit et Truckee.
Les postes télégraphiques d’alarme entre ces gares sont au nombre de vingt-six.
Les incendies deviennent moins fréquents à mesu e que l’on construit de nouvelles longueurs de revêtements métalliques; mais il ne se passe guère d'année où il ne s’en produise.
En 1877, le feu a dévoré sur le Central Pacific 1446 mètres de galeries, dont près de 1000 mètres dans le seul mois de juillet. La voie même, plusieurs wagons et deux locomotives ont élé détruits.
Malgré cet inconvénient, les avantages que présentent les galeries couvertes pour assurer la permanence de l'exploitation en temps de neige sont de plus en plus appréciés en Amérique. Sur la
ligne canadienne de l'Intercolonial, qui a été livrée à l'exploitation en 1876, à la suite des obstruclions qui avaient interrompu le service de l'exploitation dans le premier hiver, on a pris le parti d’élablir un certain nombre de ces galeries, principalement dans la Nouvelle-Écosse entre les stations de Londonderry etde Wentworth, en même temps que l’on construisait sur d’autres parties moins menacées de simples écrans dans le système décrit précédemment,
En résumé, les ingénieurs américains ont emprunté à l’Europe les abris contre la neige, mais en les adaptant aux condilions sptciales où étaient placées les lignes qu'ils avaient à construire, ce qui les a conduits à remplacer partout la pierre par le bois pour l'exécution de ces abris, el en les établissant sur une échelle tout à fait inusitée jusqu'alors, ils en ont liré un parti lout nouveau. Grâce à l'emploi qu'ils ont fait des galeries couvertes, ils ont pu faire franchir à la voie ferrée des hauteurs qu’elle n’eût jamais osé aborder, et éviler par là la construction de longs souterrains dont l'exéculion aurait retardé pendant de longues années l'ouverture de la ligne du Pacifique. La solution ainsi apportée aux difficultés que présente la traversée des hautes montagnes, essentiellement conforme à l'esprit à la fois hardi et pralique des Américains, qui les porte à accélérer par tous les moyens possibles la mise en exploilalion des chemins de fer, en réservant à l'avenir le soin de les perfectionner, pourrait trouver vraisemblablement des applications dans d’autres pays.
L'élablissement ultérieur de souterrains, combinant avec l’avanage d’une sécurité absolue celui de réduire la hauteur à franchir, devient alors pour les lignes qui ont de l'avenir une affaire de temps. Pour le chemin de fer du Pacifique en particulier, il a déjà été question d’un souterrain de 5 kilomètres de longueur, qui serail en outre ulilisé pour conduire à San Francisco les eaux du lac Tahoe, et qui permettrait d'abréger le parcours de la ligne de 22 kilomètres, en abaissant de 300 mètres la hauteur du faite à franchir à la traversée du Nevada.
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