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PLAQUES TOURNANTES

Les voitures el wagons généralement employés sur les chemins de fer uméricains ayant une très grande longueur se prêtent difficilement à l'emploi des plaques lournantes, qui ne devraient pas avoir moins de 15 mètres de diamètre, pour pouvoir être appliquées à leur manœuvre. Aussi ne fait-on pas usage dans les stations de plaques lournantes {Turn tables) pour cette manœuvre; on les réserve pour celle des locomotives.

Triangles de rebroussement. — Dans les commencements, certains chemins de fer, tels que ceux de Baltimore-Ohio et de l'Union- Pacific, ont même évité la construction des plaques lournantes pour le service des locomotives, en établissant des triangles de rebroussement, formés de courbes d'environ 120 mètres de rayon (pl. XXXVIHL, fig. 7). Sur l’Union-Pacific, c’est dans le double but de créer des voies de chargement, entourant les dépôts de traverses et d’autres matériaux, et de remplacer les plaques tournantes, que ces courbes de rebroussement ont élé établies. Les pertes de temps que le parcours de ces courbes entraîne pour le service des locomotives, les fréquentes interruptions qu’y subit la circulation par suite de l’amoncellement des neiges, tendent à les faire abandonner aujourd’hui.

Plaques tournantes en bois. — La nécessité de construire des plaques tournantes de 15 à 16 mètres de diamètre à des intervalles plus ou moins considérables à fait naturellement chercher le moyen le moins coûteux de les établir. En les construisant en bois et en réduisant la plaque tournante à un pont tournant d’une portée de 15 à 16 mètres, on est parvenu à réduire sensiblement les dépenses de premier élablissement. Sur les chemins de fer qui datent d’une vingtaine d'années, on rencontre encore de ces plaques tournantes; c'est ainsi que sur le chemin de fer de l’'Érié, entre Buffalo et Niagara Falls, à la station de Tonawanda, il existait en 1873 une plaque tournante posée dans une fosse blindée par un cuvelage formé de madriers jointifs.

Une grande pierre de taille portait le tourillon central; la crapaudine élait prise entre deux poutres de 0",45 sur 0,40, qui supportaient les deux longerons soutenant la voie. Ces longerons étaient

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renforcés par des contre-fiches el des haubans en fer rond qui se rattachaient aux extrémités des poutres en passant sous des potelets supportant les longerons par le milieu.

Des galets, fixés près de l'extrémité de chaque poutre, reposaient sur un rail circulaire logé dans l'intérieur de la cuve.

Pour faire tourner cette plaque, on se servait de deux leviers d'environ 2 mètres de long que l'on adaptait aux extrémités des volées, et il fallait de trois à quatre hommes pour faire la manœuvre, lorsque la machine se trouvait sur la plaque.

Sur le chemin de fer de Louisville-Nashville, on construit encore maintenant en bois les plaques tournantes des nouveaux embranchements.

Ainsi qu'on le voit fig, 13, 14 et 15, pl. XXXIF, la plaque tournante, d’une longueur totale de 15,86, est portée par deux poutres de 0,30 d'épaisseur sur 0,36 de haut, soutenues au milieu par un cadre qui recoit sur sa face inférieure un cercle en fer s'appuyant sur les galets. Les traverses centrales qui embrassent la crapaudine sont surmontées d’une potence formée de poutres ayant 0,23 d’équarrissage, et présentant, au-dessus de la voie, une largeur libre de 3,36 el une hauteur libre de 5 mètres. Chaque longeron esl soutenu dans chacune des volées par deux haubans de 32 milli mètres de diamètre, passant par-dessus les montants érigés au mi lieu du pont tournant.

L'appareil de rotation se trouve concentré sous la partie centrale. Le pivot en fer a 0",45 delong et 0",10 de diamètre; il ne porte aucune charge et n’a d’autre objet que de guider le mouvement de rotation, Tout le poids est supporté par 26 galets en fonte de 0",30 de diamètre, rattachés par des tringles, sur lesquelles ils tournent librement, à une couronne centrale embrassant le pivot. L'’écartement des galets entre eux est maintenu par un cercle qui les entoure et que traversent les tringles formant les axes de rotation des galets.

Le rail circulaire sur lequel roulent les galets est formé de quatre segments en fonte, tandis que le cercle, par l’intermédiaire duqnel la plaque tournante repose sur les galets, est en fer plat de 0,10 de largeur sur 0",025 d'épaisseur. Son diamètre moyen est de 3,20. Le mouvement s’imprime au moyen de deux leviers en bois fixés aux extrémités des volées. C'est sans doute pour faciliter l'exécution et surtout la pose qu’on n’a pas fait les galets coniques.

Cilons encore la construction des petites plaques tournantes en bois, de 8,24 de diamètre seulement, que l’on rencontre sur certains embranchements de la même ligne.

Les fig. 9, 10, 11 et 12, pl. XXXII, montrent une plaque tournante exécutée sur l'embranchement de Bardstown. Pour ce faible diamètre, la poutre double remplace la ferme à haubans, ei le nombre des galets est réduit à douze, leur diamètre à 0",23, Le rayon moyen de la voie circulaire sur laquelle roulent les galets est de 1,58,

Ilentre dans une plaque tournante de ce type 5,26 de bois, 610 kilogrammes de fonte, et 356 kilogrammes de fer,

Plaques tournantes métalliques, — Sur les chemins de fer prospères, toutes les plaques tournantes sont en fer; il en est de même de toutes les plaques établies au centre des grands dépôts de locomotives de toutes les lignes, quelles qu’elles soient. Les inconvénients résultant d'une irrégularité ou d’une interruption de service de ces plaques tournantes sont trop graves, pour que l’on n'attache pas la plus grande importance à les prévenir.

Le type le meilleur et le plus répandu est celui que fournit la grande maison Sellers, de Philadelphie (pl. XXXIT, fig. 1 à 8).

Le plancher de ces plaques tournantes recouvre toute la cuve; indépendamment de l'avantage de mettre la fosse à couvert et d'empêcher l'introduction de la neige ou de toute autre matière pouvant nuire au mouvement, on évite ainsi tous les dangers qui résultent pour la circulation des ouvriers de l'existence d’une fosse ouverte. Les extrémités des poutres qui supportent la voie sont soutenues par des galets portant sur un rail circulaire ; de plus, sur le diamètre perpendiculaire à l’axe de la voie, il y a également des galets qui servent à prévenir tout déversement de la plaque.

Le plus grand soin est apporté à la construction de la partie centrale, c’est-à-dire du pivot et de la crapaudine.

Le système de construction du pivot, particulier à la maison Sellers (Seers antifriction pivot), n’est autre que celui que nous avons déjà décrit en traitant des ponts tournants. Sur le pivot, s’élevant sur un pilier central, repose la crapaudine qui présente un jeu suffisant pour pouvoir tourner et osciller facilement. Cette crapaudine recoit, par l'intermédiaire d’une couronne formée de galets coniques, la boîteen fonte à laquelle se rattachent les poutres supportant la voie. Par l'effet de cette disposition, qui permet à la plaque de tourner, soit sur

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la couronne de galets, soit sur le pivot, et par suite du jeu de la crapaudine, le mouvement est rendu très facile et n'est pas compromis par une légère dénivellation, Le jeu de la crapaudine facilite en

outre considérablement la pose de la plaque tournante,

Le mouvement est imprimé au moyen de pignons engrenanl avec une crémaillère circulaire logée dans la cuve, Des tringles, manœuvrées d'en haut, servent à fixer la plaque dans les diverses positions correspondant aux voies qu'elle dessert, Le plancher esl supporté par des traverses en bois reposant, d’une part, sur des poutres en fonte, d'autre part, sur des longerons en bois armés de fer qui forment le cadre rigide de la plaque.

Un seul homme peut faire lourner une de ces plaques tournantes, dont le diamètre est, en général, de 15,25,

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