‹ Les chemins de fer et la navigationChapitre 3 sur 6 · I PAR PAR PAR I PAR · texte numérisé non relu

I PAR PAR PAR I PAR

Tonne Kilom. Tonne ! Kilom,

Ouest

Nord (abonnement, wagon complet).

Est

Lyon (tarifs spéciaux)

Orléans

F. Ci G.

F. Cl C

Ainsi , le chemin de l'Ouest, qui a un trafic scindé, désavantageux à l'exploitation, transporte ces marchandises, qui devraient être pour lui l'assiette de ses bénéfices les plus clairs, à 33 et 50 0/0 meilleur marché que le Nord et l'Est, et à 20 et 30 0/0 meilleur marché que les chemins de Lyon et d'Orléans , les plus favorisés par les longs parcours et, par conséquent, les plus favorables à l'exploitation.

On a pu apprécier, par ce qui précède , l'importance de la lutte engagée entre le chemin de fer de l'Ouest et la navigation. Nous avons fait connaître par quels moyens et au prix de quels sacrifices la compagnie entretenait cette lutte désastreuse. Pour les faire ressortir, nous n'avons eu qu'à puiser dans les tarifs mêmes de la compagnie, sans avoir besoin de toucher autrement que d'une manière générale aux tarifs communs.

L'objet du tarif commun, on le sait déjà, consiste à souder deux lignes ensemble, de manière à établir des prix directs partant des points d'une de ces hgnes pour toutes les destinations de l'autre. C'est un moyen pour tous les chemins de fer de se prêter mainforte contre l'ennemi commun.

La compagnie du chemin de fer de lOuest, plus que tout autre, avait besoin de contracter de ces sortes d'alliances avec les autres compagnies. Leur concours puissant lui était nécessaire pour la soutenir dans l'œuvre entreprise contre la navigation de la Seine.

Les prix de ces tarifs communs, qui n'ont aucun rapport ni avec les tarifs généraux des compagnies ni avecles'règles kilométriques, sont combinés de telle sorte qu'il est impossible que les marchandises puissent, pour telle partie que ce soit de la distance qu'elles ont à parcourir, emprunter une voie rivale de lune ou l'autre ligne ; en un mot, c'est un traité offensif et défensif que contractent deux compagnies dans leur intérêt exclusif:

Le tarif commun que le chemin de fer de l'Ouest est parvenu à réaliser le plus complètement est celui qui lie son réseau avec celui d'Orléans; nous allons en expUquer la composition et les résultats.

Ce tarif établit les concessions réciproques que se font entre elles les deux compagnies sur les prix de leurs tarifs généraux. On va voir par le tableau qui suit combien ces concessions sont étendues; et ce qu'il est bon surtout de faire remarquer, c'est qu'elles se pratiquent à l'exclusion de toute autre entreprise de transports. Ainsi , des marchandises de toute nature , telles que coton , sucre, café, tissus, expédiés du Havre ou de Rouen, par navigation, en destination du réseau d'Orléans, paieraient à la gare d'Ivry 30 et 40 0/0 de plus que si elles y étaient apportées par le chemin de l'Ouest. Il est bien évident qu'au moyen de ce tarif le chemin de fer de l'Ouest est parvenu à fermer littéralement la porte du chemin de fer d'Orléans à toutes les marchandises provenant de Normandie et arrivant à Paris par toute autre voie que la sienne.

C'est encore dans les tarifs que nous prendrons

les chiffres au moyen desquels nos lecteurs apprécieront facilement les faits que nous venons tVindiquer.

Choisissons pour exemple , parmi toutes les destinations qu'embrasse le tarif commun , le Havre et Rouen d'une part , Nantes et Bordeaux de l'autre ; nous comparons dans le tableau suivant les prix du tarif général et ceux du tarif commun , et nous décomposons le prix total de l'un et l'autre tarif pour indiquer la part qui revient à chaque compagnie pour son parcours :

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