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TRAMWAYS FUNICULAIRES

Enfin tout récemment le tramway funiculaire devait prendre droit de cité en France, à Paris même, mais en recevant quelques perfectionnements.

Le chemin de fer funiculaire de Belleville dessert l'importante agglomération qui constitue les XIX* et XX' arrondissements et la met en communication rapide avec la place de la République.

Le tracé, partant du commencement de la rue du Faubourg du Temple, traverse le canal Saint-Martin, le boulevard du Temple et remonte la rue de Belleville jusqu'à réglise; il a une longueur totale de 2 kilomètres. La différence de niveau entre le point de départ et le point d'arrivée est de 63 mètres.

La rue de Belleville n'ayant que 7 mètres de largeur, le funiculaire a dû être installé à voie unique, avec des garages de distance en distance.

L'application du système à voie unique, faite pour la première fois, a nécessité quelques dispositions spéciales.

Les poulies de support et de guidage des brins montant et descendant, se trouvent accolées sous l'ornière unique : pour que les deux brins demeurent en tous points libres de se prêter à l'action du grip, il a fallu modifier la forme des poulies pour chacune des courbes rencontrées.

Au lieu d'établir la galerie des câbles, en bois avec cadres en fonte, comme dans les tramways deSan-Francisco, on a préféré la constituer par un tube en béton, ^ avec armature, en fer pour soutenir les rails et l'ornière.

Fio. 88. — Macbines matrices des Ir

La galerie a 35 centimètres de largeur et 65 centimètres de hauteur.

Le câble est en fil d'acier ; il est composé d'une âme €t de six torons ; son diamètre est de 3 centimètres, sa longueur de 4200 mètres et son poids de 13.000 kilogrammes.

Tramways à air comprimé, — L'air comprimé peut être employé pour la traction des tramways. Dans le système Merkarsky, l'air est comprimé par les machines fixes d'une station centrale, dans des réservoirs situés sous les voitures.

La ligne de Vincennes à Ville Evrard, de 63 kilomètres de longueur, est actuellement exploitée par des voitures automobiles Merkarsky.

Tramways électriques. — Deux systèmes principaux sont employés pour les tramways mus par l'électricité : tantôt on produit l'électricité dans une station, située en un point quelconque du parcours, et on envoie le courant au moteur placé sur la voiture ; tantôt, au contraire, on alimente le moteur par une batterie d'accumulateurs, chargée à l'usine et placée sur le véhicule. Chacun de ces deux systèmes peut se prêter à plusieurs dispositions différentes.

Pour les tramways alimentés par une machine fixe, le 1

•courant de la dynamo peut être conduit au moteur par ^

-différents procédés. Dans le système Siemens et Halske, i

les essieux sont isolés des roues, et le moteur communique avec les rails par des balais ou des galets qui frottent ou qui roulent sur leur surface. La première application

TRAMWAYS ELECTRiaUES 35 I

a été faite à Berlin en 1879 puis en 1881 entre l'École Militaire et la gare de Lichterfelde. Cette dernière ligne a 2400 mètres de longueur : le parcours dure 8 minutes. Les rails sont posés le long de la route ou dans les champs sur des traverses ordinaires en bois, sans aucune précaution spéciale pour l'isolement. A la traversée des routes, ils sont isolés.

Une ligne du même genre fonctionne en Angleterre entrelajetée de Brighton etKempton, sur une longueur de 2 kilomètres : les traverses des rails sont simplement posées sur le galet de la plage, sans autre précaution.

Ce système se recommande au point de vue de la simplicité et de l'économie, mais il exige un emplacement séparé des rues et des autres voies, et les rails sont difficiles à isoler.

Dans un second système, MM. Siemens et Halske amènent le courant par un rail central isolé ; le retour se fait par les rails ordinaires. La ligne de Portrush à la Chaussée des Géants, d'une longueur de 9600 mètres, et celle de Bessbrook à Newry, d'une longueur de 4800 mètres, toutes deux en Irlande, sont établies sur ce principe.

Divers tramways ont été également construits en Amérique suivant des systèmes analogues, différant entre eux par le mode d'arrivée du courant au rail central et par les dispositifs isolants.

Dans le système Smith, appliqué à la ligne de Blackpool, il y a au milieu de la voie une rainure semblable à

celle des tramways funiculaires dans laquelle se trouve le conducteur qui amène le courant. La même disposition a été adoptée par MM. Siemens et Halske pour le tramway électrique de Buda-Pest, d'une longueur de 10 kilomètres.

Enfin, dans un dernier système, le courant est amené par des conducteurs aériens et le retour se fait par les rails. Le conducteur aérien peut être formé soit d'un tube creux, dans lequel glisse un piston relié à la voiture, soit de barres métalliques sur lesquelles frottent des galets. Il est, dans tous les cas, soutenu par des poteaux munis d'isolateurs. Ce système, peu employé en Europe, est assez répandu en Amérique.

. Ce système a été successivement appliqué en 1881 au tramway de l'Exposition du Palais de l'Industrie à Paris, en 1883 au tramway de Moedling près de Vienne, en 1 884 à celui de Francfort-sur-Mein à Offenbach et en 1890 au prolongement de la ligne de Lichterfelde, près

de Berlin.

Aux Etats-Unis, les principales applications du système à conducteur aérien sont faites par MM. Thpmson-Houston qui ont établi un grand nombre de lignes à Washington, Boston, Omaha, Syracuse, etc. La figure 89 représente le tramway électrique de Washington. ' Dans le système Thomson-Houston le contact est éta- .bli par une poulie à gorge qui roule sur le fil et d'où le courant descend jusqu'aux moteurs, au nombre de deux, -^raisond'un par essieu.

/ Lorsque. les tram\vays sont alimentés au moyen d'ac-

TRAMWAYS ELECTRiaUES JJJ

cumulateurs, ces appareils sont placés soit sous la caisse de la voiture, soit sous les banquettes. Les voitures sont ramenées périodiquement au dépôt pour

Fio, 89. — Tramway éltcWique de Washington (système Thomson Houston).

charger à nouveau les accumulateurs ou pour les remplacer.

Des voitures marchant par accumulateurs circulent à Paris sur la ligne de la Madeleine à Levallois-Perret, à Bruxelles, à Londres, à Birmingham, et à Barking. -

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