‹ Les chemins de fer français de 1905 à 1910Chapitre 14 sur 19 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

millions

Non compris les dépenses à la charge

de l’État et celles de son réseau.

Cette augmentation si rapide et si considérable résulte de la poussée brusque du trafic à partir de 1904 et de la nécessité qui s’est imposée de mettre le plus rapidement possible au niveau des besoins accrus, les lignes, les installations des gares et le parc du matériel roulant.

1° Voie.

En hâte on a doublé, quadruplé, même sextuplé les voies sur les lignes le plus chargées de trafic ; on a multiplié les voies de garage, agrandi les gares de triage, créé de nouveaux chantiers pour ces triages.

Simultanément la mise en service, comme on le verra plus loin, de machines plus puissantes pour la traction de trains plus rapides et plus lourds, rendait nécessaire le renforcement des voies et des ouvrages inférieurs sur les grandes lignes.

Ces travaux d’augmentation du nombre des voies sur les lignes exploitées au milieu des agglomérations rencontrent souvent des sujétions considérables à cause du voisinage des habitations ou des voies

publiques.

En occasionnant de grandes dépenses, ils donnent ample matière à l’ingéniosité des constructeurs.

Un des exemples le plus remarquables de cette ingéniosité est donné par les travaux d’élargissement de la tranchée des Batignolles dans le goulet d’accès à la gare Saint-Lazare.

Cette gare, certainement une des plus chargées qui existent, puisqu’elle a par jour, dans les deux sens, un mouvement normal de 1.262 trains et machines pour 6 directions, ne dispose pour tout ce mouvement que de 6 voies principales dan£ la tranchée et le tunnel des Batignolles.

La tranchée est d’ailleurs bordée d’un côté par une rue importante qu’on ne pouvait déplacer, de l’autre par un jardin public qu’on ne devait pas songer à réduire.

Pour trouver la place de 6 voies nouvelles, 4 voies principales et 2 voies de service, M. Rabut, Ingénieur en Chef à la Compagnie de l’Ouest, imagina de loger ces voies sous des encorbellements en béton

Fig. 12. — Viaduc des Fades.

armé supportant les parties de la rue et du jardin qui empiètent sur le chemin de fer, encorbellements très audacieux dont les porte-à-faux atteignent jusqu’à 7 mètres.

On peut rattacher à ces doublements de voie la construction de la ligne de Miramas à l’Estaque, concédée à la ligne de P.-L.-M. et destinée à dégager les abords encombrés de Marseille. Les travaux de cette ligne qui contourne au Sud l’étang de Berre comportent la construction actuellement en cours d’un ouvrage métallique tout-à-fait exceptionnel traversant l’étang de Garonte.

Cet ouvrage, d’une longueur totale de 888 m. 30 entre les culées, comprend, en particulier, une partie mobile de 114 m. 40 de longueur, d’un poids de 1.450 T., tournant sur un pivot central unique et laissant entre le niveau de la mer et le dessous des poutres une hauteur libre de 23 mètres pour le passage de forts bâtiments sans recourir à cette manœuvre.

Le poids tptal du métal employé dans ce viaduc atteindra près de 10.000 tonnes ; la dépense de l’ensemble de l’oüvragè en y comprenant les fondations et les maçonneries est évaluée à 11 millions.

A l’occasion de ce grand ouvrage métallique et bien qu’il ne se trouve pas sur une voie de dégagement comme celles dont il vient d’être question, il semble cependant intéressant de signaler à cause de ses dimensions tout-à-fait exceptionnelles, un autre viaduc métallique, le viaduc des Fades, construit par la Société Française de Constructions Mécaniques, sur la ligne de Lapeyrouse à Clermont-Ferrand et dont l’achèvement a eu lieu en 1909.

La fig. 12 représente cet ouvrage.

En raison de ses dimensions, ce viaduc est un des plus considérables qui aient été construits jusqu’ici : voici les plus caractéristiques de ses dimensions ;

Mètres.

Longueur totale des 3 travées . 346

Dont pour la travée médiane . 144

Et pour chacune des 2 travées latérales . 116

Hauteur du rail au-dessus de l’eau de la rivière (la Sioule) . 132,50

Hauteur des piles en maçonnerie au-dessus des socles de fondations . 92,33

Poids total de la partie métallique . 2.650 tonnes.

Dépense totale . . 4 millions environ

9° Matériel roulant.

Avec les compléments d’installation nécessités par le développement rapide du trafic, il a fallu naturellement pourvoir à une augmentation considérable et urgente du matériel roulant, locomotives et wagons.

Les statistiques officielles indiquent les effectifs annuels suivants pour les locomotives et les wagons à marchandises et de service :

Page 1