‹ Les chemins de fer français de 1905 à 1910Chapitre 3 sur 19 · OCÉAN · texte numérisé non relu

OCÉAN

Lvon0

■ Simplon

Milan o

PMt.Cenis

Moutiers-Granges.

L’avantage des distances : 7 kilomètres pour les relations d’Anvers avec Milan, 42 kilomètres pour celles de Londres, s’ajoute pour la voie du Simplon à ceux que tire ce passage de sa faible altitude, 705 mètres, comparée à celle du Gothard, 1.155 mètres, et en outre de la plus grande facilité de ses accès.

Il est vrai que ces dernières supériorités sont diminuées pour la voie Loetschberg par le niveau de ce passage. 1 .244 mètres ; mais elles gardent presque toute leur valeur pour la voie Frasne-Vallorbe dont l’allongement sera seulement d’une vingtaine de kilomètres et dont le niveau ne dépassera pas 900 mètres.

Les raccourcis ainsi créés par ces percées nouvelles interviendront naturellement dans les conventions de partage des trafics internationaux, trafics dont il convient toutefois de ne pas exagérer l’importance, car le déplacement du tonnage du Mont-Cenis à l’ouverture du Gothard, en 1882, n’a pas dépassé 43.000 tonnes. En 1901, tout le transit par le Gothard entre l’Italie et les pays autres que l’Allemagne et la Suisse n’a pas dépassé 61.000 tonnes.

On a fait valoir en outre l’avantage accordé par ces raccourcis et par les diminutions sur les taxes de transport qui en seront la conséquence, pour les relations de trafic entre les pays desservis par les nouvelles voies, par exemple pour celles de la région industrielle du Nord-Est de la France avec l’Italie.

L’ouverture du Gothard a en effet donné aux relations Italo-allemandes le merveilleux essor qui en 1908 portait à 600.000 tonnes le tonnage de ces échanges.

On peut donc concevoir des espérances dans ce sens, dans la mesure bien entendu des abréviations réalisées sur les parcours, abréviations qui en 1882 ont atteint via Gothard 229 kilomètres par exemple de Cologne à Milan et qui seront vià Simplon de 42 kilomètres seulement de Nancy à cette même destination.

Sur le croquis (Fig. 2), on voit au Sud-Ouest l’indication d’un raccourci dit de la Faucille, dont il faut dire un mot parce qu’il a fait couler beaucoup d’encre et prononcer beaucoup de discours ; on prétendait en effet trouver le meilleur itinéraire pour le Simplon par cette ligne directe de Paris a Genève

et de là par les lignes suivant les deux rives du lac Léman. L’allongement de parcours de 43 kilomètres par rapport à la ligne par Frasne-Vallorbe devait d’après ses promoteurs être compensé par les qualités de ce tracé ; il a malheureusement le défaut d’entraîner l’exécution de 3 grands tunnels de 6.400, 11.400 et 15.000 mètres, dans des conditions difficiles dont le tunnel du Credo, près de Bellegarde, peut donner un aperçu, et par suite une dépense de 140 millions dont l’Etat de Genève, principal intéressé, ne pourrait donner que vingt. Aussi, doit-on penser que la prise en considération de ce projet, inscrit a titre tout à fait éventuel dans la convention du 18 Juin 1909, n’est qu’une satisfaction platonique donnée à ses partisans.

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