TELEGRAPHE I
ainsi que les réclamations relatives aux marchandises de grande et de petite vitesse.
Les gares sont, à cet effet, reliées entre elles par des lignes télégraphiques, généralement aériennes, quelquefois souterraines, et composées ordinairement de plusieurs fils.
En France, les fils du télégraphe de TÉtat ont droit aux places les plus élevées sur les poteaux. Immédiatement au-dessous, sont placés les fils à grande distance ou directs reliant les gares de premier ordre entre elles, les fils semi-directs réunissant les gares principales du parcours, et les fils omnibus reliant les gares intermédiaires entre elles et aux gares principales. Les fite omnibus desservent aussi les postes de secours dont nous parlerons plus loin.
Dans les gares sont installés des postes télégraphiques.
Ces postes peuvent être permanents de jour et de nuit, c'est-à-dire être à même de recevoir et de transmettre des dépêches à toute heure, ou seulement permanents de jour. Les postes facultatif s sont des postes qui ne rentrent dans le circuit que pour transmettre des dépêches : ils peuvent appeler les autres postes, mais non être attaqués par eux.
Dans certaines gares, les postes télégraphiques sont ouverts à la correspondance privée pour recevoir les dépêches du public ou des voyageurs.
Les dépêches relatives à la sécurité de l'exploitation ont, bien entendu, la priorité sur toutes les autres.
Pour accélérer la transmission des dépêches, les postes
extrêmes peuvent demander la communication directe aux postes intermédiaires : toutefois, il est interdit de donner la communication directe sur les lignes à voie unique, où toutes les gares doivent avoir connaissance des dépêches concernant la circulation des trains.
Appareils télégraphiques. — Les appareils employés dans les postes télégraphiques des chemins de fer sont de deux sortes, Tappareil Bréguet et l'appareil Morse *.
Le télégraphe Morse est usité de préférence parce que la transmission des dépêches est plus rapide au moyen de cet appareil, mais il exige une instruction spéciale que toutes les Compagnies n'ont pas cru pouvoir demander à leurs agents dans les petites stations» où l'on ne peut consacrer un personnel spécial au service télégraphique. L'expérience a cependant démontré que les agents apprennent assez rapidement le maniement de cet appareil, qui a encore sur l'appareil Bréguet l'avantage de laisser une trace écrite des dépêches et de faciliter ainsi la recherche des responsabilités en cas d'erreur.
Quoi qu'il en soit, l'appareil Bréguet à cadran est encore généralement utilisé sur les fils omnibus, pour faciliter le service des agents des petites gares, et l'appareil Morse sur les fils directs et semi-directs.
L'appareil Morse, comme l'appareil Bréguet, comporte un manipulateur et un récepteur.
^ Voy. L. Montillot^ La Télégraphie 'actuelle en France et à V Etranger (Bibliothèque scientifique contemporaine).
APPAREILS TÉLÉGRAPHiaUES I37
Appareil Bréguei. — Dans l'appareil Bréguet, le manipulateur à cadran (fig. 36) se compose d'un cadran divisé en vingt-six parties égales portant les vingt-cinq lettres de Talphabet, la série des nombres et une croix. Au centre du cadran, est articulée une manivelle que l'on peut placer en regard de chacune des divisions.
Le récepteur (fig. 37) se compose d'un cadran semblable, mais pourvu d'une aiguille.
Les mouvements de la manivelle du manipulateur et de l'aiguille du récepteur se correspondent exactement : l'expédition d'une dépêche est donc d'une extrême simplicité, puisqu'il suffit, pour passer la dépêche, de placer la manivelle successivement devant chacune des lettres composant le mot à transmettre, et devant la croix à la fin de chaque mot ; et pour la recevoir, de noter les lettres indiquées l'une après l'autre par l'aiguille, sur le cadran du récepteur.
La transmission est nécessairement assez lente, puisqu'il faut faire, pour chaque lettre, une fraction plus ou moins grande du tour du cadran.
Appareil Morse, — Le manipulateur Morse (fig. 38) se compose simplement d'un levier oscillant autour d'une poignée et soutenu par un ressort. En exerçant une légère pression sur la poignée, on établit un contact qui ferme le circuit. Suivant la durée des contacts établis de cette façon, on envoie sur la ligne, et, par suite, dans le récepteur du poste correspondant, des courants plus ou moins prolongés qui produisent les signaux de la manière que nous indiquerons plus loin.
ScHŒLLER, Chemins de fer et Tramways, 9
F G J7 — R*cepteu B «gue
Fio. 39 — Ricepleur MorM
Le récepteur (fig. 39) se compose d'un mécanisme d'horlogerie entraînant une bande de papier sans fin, au-dessus de laquelle est un levier, à molette imprégnée d*encre, que chaque passage de courant vient faire appuyer contre le papier.
Suivant la durée du courant envoyé par le manipulateur, la molette appuie plus ou moins longuement et produit un point ou un trait sur la bande qui se déroule continuellement.
La transmission des signaux de l'appareil Morse se fait donc à l'aide d'une série de points et de traits.
Diverses combinaisons de points et de traits forment l'alphabet, les chiffres et les signes conventionnels.
Ces signaux sont les suivants :