LA CAISSE
en général, l'un un plateau plat, l'autre un plateau bombé, et ils peuvent ainsi rester encore en contact au passage des courbes.
Les appareils de traction, qui servent à Tattelage des véhicules entre eux, et qui reçoivent l'effort de traction de la locomotive, se composent d'une barre de traction placée suivant l'axe longitudinal du châssis, terminée à chaque extrémité par un crochet d'attelage et rattachée au châssis par l'intermédiaire de ressorts. Aux crochets de traction sont suspendus des appareils à vis que Ton introduit dans les crochets des voitures voisines : un tendeur permet d'opérer un serrage assez fort pour amener les tampons des véhicules en contact, de manière à donner à l'ensemble du train une certaine rigidité qui s'oppose aux mouvements de lacet, si désagréables pour les voyageurs.
En France, l'attelage est complété par les chaînes de sûreté; en Allemagne, on emploie deux tendeurs à vis.
En Amérique, où les caisses sont supportées par deux trucks à bogies, les voitures n'ont à chaque extrémité, qu'un tampon central, et l'attelage se fait simplement au moyen d'une cheville.
Après le irain, il nous reste à parler de la caisse de la voiture.
Les caisses sont de types très variés, mais elles se rattachent à deux modèles principaux, le modèle anglais et le modèle américain.
Dans le modèle anglais, chaque voiture est divisée en
compartiments dans lesquels on pénètre par des portières latérales.
Dans le modèle américain, les voitures très longues sont terminées à chaque extrémité par une plateforme d'accès, et traversées par un couloir longitudinal permettant la circulation d'un bout à l'autre du train.
On a beaucoup discuté sur les mérites et sur les inconvénients respectifs de chacun de ces deux types, et les ingénieurs ont été divisés pendant longtemps en deux camps opposés. 11 semble aujourd'hui qu'on en arrive à reconnaître que là, comme en bien d'autres choses, la vérité est entre les deux et que les solutions qui répondent le mieux aux besoins généraux du public participent à la fois des deux systèmes : c'est dans ce sens que sont construites les voitures les plus récentes.
C'est ainsi que les Compagnies de l'Est et du Nord ont mis en service des voitures à couloir latéral dont nous donnons le plan dans la figure 62. Comme on le voit, ces voitures ont quatre compartiments, dont deux à six et deux à sept places, dans lesquels les voyageurs peuvent s'isoler comme dans les voitures ordinaires : ils ont, en plus, l'avantage de pouvoir circuler dans le couloir pour se dégourdir et pour admirer le paysage. Un cabinet de toilette complète l'installation de la voiturie.
Sur d'autres réseaux, tels que l'Orléans, le P.-L.-M. et l'État, on a cherché à donner satisfaction aux besoins de confortable du public, en construisant des voitures très longues rappelant les voitures américaines.
La figure 6} reproduit le demi-plan d'une voiture de
première classe du chemin de fer de P,-L.-M. à huit compartiments séparés.
Elle renferme six compartiments de première classe communiquant deux à deux et deux comparliments de fau teuils-lîts communiquant ensemble. On accède à ces compartiments par des portières latérales.
Chaque compartiment de première classe contient sept places et chaque compartiment de fauteuils-lits, trois places. Un cabinet de toilette avec water-closet dessert chaque groupe de deux compartiments.
La voiture est montée sur deux bogies à quatre roues.
Un autre type de ces voitures {fig. 6î) renferme huit compartiments de première classe où l'on a accès par un couloir intérieur brisé, de telle sorte que, les quatre compartiments d'un bout de la. voilure étant à droite du corridor, les quatre autres sont à gauche ; chaque com-
partiment contient six places. Un lanterneau, muni de châssis vitrés mobiles, règne au-dessus de tous les compartiments et leur donne ainsi plus de jour et d*air. Un cabinet de toilette, avec water-closet, est placé à chaque extrémité du couloir. Il y a deux terrasses aux extrémités ; elles sont pourvues d'une passerelle de communication d'une voiture à l'autre. En outre deux portières, avec marchepieds se développant automatiquement, sont placées, sur chaque face, au milieu de la longueur.
Un troisième type, monté, comme les précédents, sur deux bogies, est à intercirculation, avec couloir central (fig. 64). Cette voiture contient à chaque extrémité deux compartiments de quatre places chacun, et le reste de la caisse renferme trente et une places qui ne sont séparées par aucune cloison. Pour le reste, la voiture est identique au type précédent.
La Compagnie d'Orléans possède également des voitures longues, à couloir latéral, comprenant sept compartiments fermés, de six places, accessibles aux deux extrémités par des plateformes closes et pourvues d'une passerelle fermée par un soufflet. A chaque bout de la voiture se trouve un cabinet de toilette.
Sur le chemin de fer de l'Etat français, on emploie de longues voitures avec un couloir latéral desservant six compartiments de première classe à six places, ou sept compartiments de deuxième classe à huit places, ou huit compartiments de troisième classe à dix places. Un water-closet complète l'installation de ces voitures, qui ont i6"',24de longueur.
1, Chemins de fer et Tramways,
En résumé, on voit que Ton cherche aujourd'hui à installer de grandes voitures d'une capacité au moins double de celle des voitures anciennes, et établies suivant trois types fondamentaux :
1° La voiture, très longue, reposant sur deux bogies est divisée en compartiments transversaux avec portières latérales.
2^ Les compartiments transversaux sont conservés, mais l'accès a lieu par un couloir latéral.
y La voiture est disposée suivant le système américain, en un seul compartiment avec couloir central.
Voitures anglaises, — Le premier des systèmes cidessus qui est actuellement le moins employé en France, est très répandu en Angleterre; les nouvelles voitures des principales compagnies anglaises ont 6 compartiments de r* classe à 6 places, ou 8 compartiments de 3* classe à 8 places. Ces voitures sont munies de watercloset. Fréquemment, un ou deux compartiments sont réservés aux bagages, surtout dans les voitures directes ; d'autres fois il y a un compartiment spécial pour le garde-frein.
On a pu remarquer, à l'Exposition de 1889, une voiture du Midland-Railway à 6 compartiments, dont 3 de I'* classe et 3 de 3' classe, avec toilette-lavabo pour chaque classe, un compartiment pour le conducteur chargé de la manœuvre des freins et du réglage de la lumière électrique. Cette voiture, montée sur deux bogies à 6 roues, a 17 mètres de longueur et peut contenir 16 voyageurs de T' classe et 28 de 3* classe. 11 e$t
à noter que sur le chemin de fer du Midland, il n'y a pas de 2* classe.
La Compagnie du London and North Western Railway fait circuler sur son réseau des voitures-salons à couloir latéral, montées sur bogies, réunies les unes aux autres par des passerelles de communication fermées.
toitures américaines, — Les voitures du système américain ont, en règle générale, une seule classe et renferment 60 places. De chaque côté du couloir central, il y a des banquettes pour deux personnes, avec dossier réversible. Dans un angle de la voiture se trouve un water-closet avec toilette, et à Tangle diagonalement opposé, un fourneau, remplacé en été par un récipient à glace. Au-dessus du couloir un lanterneau surélevé contient les appareils d'éclairage et de ventilation.
Des volets protègent les voyageurs contre le soleil et des cadres avec des toiles métalliques empêchent l'entrée de la poussière quand les glaces sont baissées.
En Amérique, les classes ont été rétablies, en pratique, par la création des wagons d'immigrants, des wagonsfumoirs, et surtout des voitures-restaurants, salons et lits (Palace-Cars et Pullmann-Cars) installées avec un grand luxe.
Les voitures de luxe ont été introduites en Europe, il y a plusieurs années, lors de la création des grands express internationaux et intérieurs, dans les divers pays.
La figure 65 reproduit Taspect extérieur d'un wagonrestaurant de la Compagnie Internationale des Wagons- Lits et des Grands Express Européens, construit sur le
modèle américain. La figure 66 donne le plan d'un restaurant du chemin de fer de rÈtat français, avec salles à manger pour les voyageurs des diverses classes.
toitures allemandes, — Sur la plupart des chemins de fer allemands, autrichiens et hongrois, il existe quatre classes de voitures ; la première classe est très peu utilisée et considérée pour ainsi dire comme une place de luxe.
Les classes diffèrent entre elles par l'espace affecté au voyageur (par compartiment il y a 6 places de r** classe, 8 de 2*" et lo de y et de 4*") et par la garniture des compartiments. On peut dire que le matériel allemand, qui a été longtemps supérieur au matériel français, ne présente plus cette supériorité depuis l'adoption des nouveaux types de voitures en France.
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Foitures suisses. — Le matériel suisse est établi d'après le type américain, et il convient bien aux conditions particulières dans lesquelles s'effectuent les voyages dans ce pays : les trajets sont courts, il n'y a pas de service de nuit, et le voyageur doit avoir toute liberté de se déplacer dans la voiture pour admirer le paysage.
yoitures'tramways de la Compagnie du Nord. — La Compagnie du Nord fait usage pour ses trains-tramways, de voitures qu'elle a établies sur un type spécial, destiné à répondre au programme suivant :
1^ Avoir un poids aussi faible que possible par voyageur transporté, afin de réduire au minimum le poids du train;
2® Présenter, de tous les points de la voiture, un accès facile et permanent du conducteur sur la machine ;
y Permettre au conducteur de circuler facilement au milieu des voyageurs pour donner les billets et faire les perceptions, et d'appeler facilement, avant chaque arrêt, le nom de cet arrêt, afin que les voyageurs puissent se préparer, se grouper et descendre rapidement ;
4° Avoir une voiture de grande capacité, dans laquelle le nombre des places offertes de chaque classe réponde sensiblement au nombre des places occupées, en augmentant un peu la proportion des premières et des deuxièmes classes :
10 à 12 pour 100 en première classe; 20 à 25 pour 100 en deuxième classe; Et le reste en troisième classe;
5° Donner à chaque classe un accès différent, tout«n