INFRASTRUCTURE I
Les roues de la locomotive n'avancent sur les rails que grâce à l'adhérence ; si l'eflFort à vaincre pour remorquer la charge devient supérieur à cette adhérence, les roues glisseront sur les rails et la locomotive patinera sur place sans pouvoir avancer.
Comme Tefifort de traction augmente avec l'inclinaison de la rampe, on se rend parfaitement compte de ce que, au delà d'une certaine inclinaison, la locomotive ne trouvera même plus une adhérence suffisante pour se remorquer elle-même.
Le rayon des courbes d'une ligne est également limité par des motifs du même ordre : la solidité indispensable pour un matériel destiné à circuler à de grandes vitesses exige que les roues soient, non pas libres comme dans les voitures ordinaires, mais calées sur leurs essieux. Les mouvements des deux roues sont donc solidaires, et comme, dans une courbe, la roue extérieure doit parcourir un chemin plus grand que la roue qui repose sui le rail intérieur, les roues doivent, en même temps qu'elles roulent, glisser sur le rail. Ce mouvement de glissement donne lieu à une résistance qui augmente d'autant Tefifort de traction à exercer.
D'autre part les essieux d'une même voiture étant, en général, reliés d'une manière fixe au châssis, ces essieux conservent toujours leur parallélisme : or, pour franchir une courbe, la position la plus convenable des essieux est la convergence vers le centre; cette condition n'étant pas réalisée, il convient, pour réduire autant que possible la résistance due au frottement des boudins des
roues contre les rails, de tracer des courbes de rayons aussi grands que possible.
Le tracé des chemins de fer doit donc se faire avec des pentes faibles et avec des courbes d'un grand rayon.
Les limites à adopter dans les deux cas varient naturellement avec l'importance de la ligne, les dépenses d'établissement étant une fonction de ces limite^.
Sur les grandes lignes, destinées à être parcourues par des trains rapides, le maximum admis pour les pentes est 5 millimètres, et exceptionnellement 8 à 10; les courbes ont des rayons supérieurs à 800 mètres."
Pour les lignes moins importantes, appelées à desservir un trafic plus restreint, les pentes vont généralement jusqu'à 10, 12 et 15 millimètres, exceptionnellement même à 25 et au delà, tandis que le rayon des courbes descend ordinairement à 500 et exceptionnellement à 300 mètres.
Il y a, bien entendu, des cas où ces limites doivent encore être dépassées, dans les chemins de fer de montagne, par exemple. Nous y reviendrons plus loin.
La forme du terrain se prête rarement aux exigences du tracé d'un chemin de fer ; aussi les ingénieurs ont-ils eu, dès le début, à étudier de grands ouvrages d'art qui permettent de franchir les vallées trop profondes pour que le chemin de fer puisse y descendre, et les montagnes trop élevées pour qu'il puisse en franchir le faîte sans être conduit à des lacets et à des détours trop nombreux.
Tranchées et remblais, — Pour maintenir la plate-