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devenu célèbre, Nikila Dcmidoff, prit la direction d'une' usine que l'État lui avait vendue.
Ce Nikila Demidoff était lils d'un paysan, Démide, (ils de Grégoire Anlonfief, qui avait quitté son village vers 1650 et s'était établi à Toula. Le père et le fils travaillaient dans la fabrique (l'armes du gouvernement. En 1690. le tsar Pierre 1", passant par Toula pour aller de Moscou à Voronèje, remarqua le forgeron Nikila pour son apparence de force et sa belle taille, et manifesta l'intention bien arrêtée do l'enrôler dans son régiment do Préobrajeusk. Ace moment, le vieux Démide était mort, el Nikila, une fois devenu soldai, eût laissé sa mère sans ressources. Pierre ne se laissait guère attendrir par des considérations de cette nature, et tout ce que Nikila put obtenir du tsar, ce fut un délai d'un mois, au bout duquel il serait enrôlé s'il ne parvenait à fabriquer pendant ce temps trois cents hallebardes sur un modèle étranger qui lui fui remis, et que les forgerons du pays déclaraient impossible à imiter. Les efforts de Nikila produisirent dans ce mois trois cents hallebardes d'une fabrication encore supérieure à celle il u modèle qu'il était seulement tenu de reproduire. Nikila ne devint pas soldai, et la faveur du Isar lui fut acquise de ce moment. A son retour de Voronèje, Pierre alla le voir chez, lui, et lui donna mille encouragements; il fui surpris, dil-on, de trou ver du vin étranger sur la table du forgeron. Bientôt après, nous voyons Nikila et sou fils Hyacinthe à la tèle d'une fabrique à Toula, el dans une situation déjà florissante.
Un oukase du 2 janvier 1701 concéda a Nikila une fore! du gouvernement de Toula, pour qu'il y fit des recherches île minerai de fer. Les arbres de la forêt devraient fournir le combustible nécessaire au traitement du minerai trouvé.
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Au moment où les recher ches allaient commencer, le gouvernement retira on réduisit du moins la concession, parce que !a forêt contenail des arbres de grande dimension, qu'il tenait à réserver pour la construction des navires; cette restriction aux droits de Nikila mettait colui-ci en posiliiin de solliciter quelques dédommagements, et c'est dans l'Oural qu'il les chercha. De nouvelles usines à Fer y avaient été établies depuis peu d'années. Le gouvernement avait, en 1098, fondé l'usine Piévianne, qui commençait à donner quelques produits. Miliita et Hyacinthe allèrent à Moscou, et demandèrent a ti tsar en personne, à titre d'indemnité, la permission d'acheter celte usine, offrant d'en rembourser le pris en cinq ans. Pierre y consentit, et, le 4 mars 1702, un oukase ordonna la vente de l'usine et concéda de plus aux acheteurs le droit d'exploiter toutes les mines qu'ils pourraient découvrir sur les bords de la rivière Taguiîe. De ce moment, le nom de Demidaff, fils de Démide, remplaça pourHikita et ses descendants le nom de famille Anloulief. Diverses mesures, qui aujourd'hui paraissent bien tyranniques, donnèrent petit à petit un pouvoir extraordinaire aux DemidolT. Le gouvernement les investit de quelques-unes de ses prérogatives. Comme on ne pouvait compter sur le zèle et l'émulation d'ouvriers relégués dans les solitudes de l'Oural, les DemidolT reçurent le droit de les punir corporel lement ; trois villages peu éloignés des mines furent rendus corvéables des usines. Enfin, chose encore plus importante pour les concessionnaires, on les déclara indépendants des autorités locales, et les usines de Sibérie, isolées dans les circonscriptions administratives, relevèrent directement du Prikase de Sibérie, siégeant à Moscou sous l'œil du tsar; plus tard, elles correspondirent sans in termédiaireavec le collège des mines