‹ Les chemins de fer russes de 1857 a 1862 (volume 2)Chapitre 109 sur 118 · CONDITIONS ACTUELLES · texte numérisé non relu

CONDITIONS ACTUELLES

transport 6 de Moscou à Pélersbourg. La fortune des Demidoff élail déj.îassr/ grande pour leur assurer de nombreux protêt' leurs. Le succès rie IVtil reprise, d'iiifli.'iirs. jusliliail la confiance du souverain. Nikita paya en deux ans, au lieu de cinq, le prix de l'acquisition de l'usine Névianne. Il monta bientôt après l'usine d'Alapaief, puis il présida à l'organisation des mines d'Ekaierinebourg; enfin il créa dans l'Oural l'exploitation des mines de cuivre et des mines d'argent. Le 21 septembre 1720, le gouvernement lui conféra le litre de gentilhomme, que ISikila ne voulut jamais porter. 11 mourut en 1723, laissant trois fils qui, l'année suivante, reçurent la noblesse; deux d'entre eux avaient hérité de In simplicité de leur père, et l'aîné seul fit usage des litres que le gouvernement avait accordés aux trois frères.

Telle est l'origine de celte famille, pour laquelle la faveur du souverain a complété largement l'œuvre accomplie par l'intelligence et l'activité de son fondaleur. a Les « droits concédés aux Demidoff par l'empereur Pierre « étaient sans doute un hommage rendu au travail; mais ■< c'élait en mémo temps consacrer un autre principe, sari voir, que l'empereur est la source d'où doivent découler " les récompenses des ouvriers habiiesetintelligcnts (1). ■> Erreur économique fréquente dans les pays de gouvernement absolu, et dont les conséquences n'ont pas lardé à se manifester en Russie.

L'industrie du fer s'y trouve eu effet dans une infériorité manifeste à l'égard do l'industrie étrangère. Malgré une exploitation déjà vieille de 160 ans, il y a encore presque loul à créer dans l'Oural. Les mines n'ont pas encore

(i) Tjlor, rapport sur l'exposition universelle do Pavis en 1855 (aoglaii).

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de bons chemins pour amener le minerai ou pour aller chercher le combustible. Le gaspillage des forêts a réduit des ressources que l'on croyait inépuisables. Enfin toutes les exploitations de l'Oural ont reposé jusqu'ici sur des privilèges tyran niques i|ui pesaient lourdement sur les ouvriers, et. dans ces conditions, il y a peu d'améliorations à espérer; l'art métallurgique dans l'Oural a été condamné dés le premier jour à végéter dans la rouline, ou h ne recevoir qu'à la longue les perfccliontiemenls réalisés ailleurs.

Quelques usines do Sibérie sont dans une posilion particulièrement défavorable : elles ne trouvent plus aujourd'hui de combustible qu'à 100 vers) es de distance. L'emploi du bouleau, autrefois négligé pour 1rs usages métallurgiques, a pourtant sensiblement augmenté depuis uneiieulaine d'années les ressources forestières de l'Oural.

Jusqu'ici, la main-d'œuvre, si elfe n'est pas très-productive, n'a pas été très-chére. Voici du reste comment, d'après Tégoborski (I), s'établissait à Nijni-Taguilsk , a l'usine des Dcnuldoir, le prix de revient du pond de fonle brute : il s'agiL du groupe d'usines qui se trouvent placées

.Lui», b-x dl.'uivj condi % -I . \j>l'iilal [ r l< nn-

ntraicomme pour le combustible :

Frais d'extraction c\ de fusion 45 \\

Impols Iï

Frais giméram. . 18

Intérêt el binûfico V '/,

Total

ou, au prix de 3 1/2 roubles assignat pour 1 rouble ar-

(I) Furcet pnduclivaA. Ht, p. 132.

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genl, 24 kopeks 2/7 le poud. Au pair intrinsèque, cela fait près de 0 f ,06 le kilogramme.

Ce faillie prix île revient s'explique par le bas prix de la main-d'œuvre. Dans les communes del'O ural, l'usine payait, eu 1851, O',20 environ [ajournée d'un ouvrier; mais elle devait entretenir les bâtiments de la commune, L'église, l'école, l'hôpital, et nourrir non-seulement les ouvriers aclifs, mais encore toute leur famille. Si l'on repartit ces excès de dépense entre lous les travailleurs actiTs, la journée réelle de travail monte à 0',49 : les impôts restant en dehors de ce calcul.

Ces conditions semblent favorables à l'industrie du fer. Mais si, sur place, les prix de revient sont peu élevés, les distances a parcourir pour alteindre le lieu d'emploi sont tellement grandes, que le prix demandé au consommateur est en bien des cas inabordahle; ce qui restreint singulièrement le débouché des usines.

Quand l'expédition des fers de l'Oural atteint la Karna, elle n'a plus devant elle jusqu'à Pfijni, et de là à Pélcrsbourg, qu'une navigation facile et sans danger. Mais, avant d'atteindre les grandes rivières, elle doit suivre sur 400 verstes l'un des affluents de la Kama, la Tchoussovaïa, rivière rapide el 'ianirpcousi*, oit il ne se passe pas d'années sans sinistres. Le point d'embarquement des produits des usines de Nijni-Tuguilsk et de Nijni-Salda, qui appartiennent encore aux Demiduff, est placé sur la Tchoussovala à 56 \ersles de l'une de ces usines, et a 102 verstes de l'autre; les 25 verstes à partir du port appartiennent au versant occidental de l'Oural; le reste du trajet fait partie du versant oriental ou sibérien. Les usines d'Alupaïef, qui appartiennent maintenant aux héritiers Jakovlef, sont encore à 78 vcrsles plus a l'est que

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