‹ Les chemins de fer russes de 1857 a 1862 (volume 2)Chapitre 111 sur 118 · PRODUITS PRINCIPAUX · texte numérisé non relu

PRODUITS PRINCIPAUX

divers outils, notamment de harpons pour la pêche de la haleine. D'autres usines préparent up fer particulièrement propre à la fabrication de l'acier, et exporté de Russie en Angleterre. C'est aux environs d'Ekaterincbourg qu'on trouve les deux gisements d'oxyde de fer les plus renommés pour cette préparation. On attribue du reste en partie la supOi ioi-ilû ik l'acier qui a celle provenance aux quantités de charbon de bois qu'on emploie pour le traitement du minerai. Eu général, on admet que les mines d'Aliipaïi'f, qui fournissent les meilleures tôles, ne donnent pas de fer propre à recevoir l'aciération, et qu'au contraire, on trouve ce fer particulier dans les mines plus voisines du faite de l'Oural.

La production des usines russes se borne donc à des ohjets peu variés; pour les usages communs, on ne trouve poiul d'avantage, dans les parties les plus iudus- Ivicïk's île la Russie, à préféra- le fer russe au fer étranger. Malgré un droit d'entrée qui varie, suivant les objets, de 50 kopeks à 1 rouble le poud (1), le fer anglais est à Péiei'sbourg d'un usage généralement plus économique que le fer russe. Le moindre prix du fer étranger existe encore, pour les objets qui payent un petit droit, a Moscou et a. Nijni-Novgorod. Mais le prix n'est pas la seule considération à faire entrer en ligne do compte en faveur des produits étrangers. Lo trajet rie l'Oural h l'étersbourg dure deux étés, elles bateaux doivent perdre un hiver dans les glaces; quelquefois, même, le transport est encore plus Ion-, et l'imiuslriel ÏYlci'slimirg, qui ne peut attendre indéfiniment sa commande, est conduit à s'adresser à l'Auglelerre pour être sûr de la recevoir dans les

(i) De 12 à 24 centimes le kilogramme.

ha'ils. 241 délais fixés. Le pont de Louga, but le chemin de Pétcrsbourg à Varsovie, devait être construit avec des fers de l'Oural; une partie de la fourniture est arrivée un aD après ipje le pont était monté, achevé avec des tùles anglaises.

La comparaison des prix des rails russes et des rails anglais de)So7 à 1802 met l'infériorité de l'industrie russe en évidence. La Couronne avait passé avec les usines d'Alapaief et de .Nijui-Taguilsk des marchés pour la fourniture de rails destinés à la ligne do Varsovie : le prix du marché était fixé à 1 rouble 50 kopeks le poud, rendu à bY-leisbourg, environ 370 francs la tonne. La Grande Société, ayant repris ces marchés, remplaça par des rails anglais les rails russes pour la ligne de Varsovie, etar rêta les rails russes sur la ligne de Moscou à Nijni-Novgorod. L'usine de Nijni-Taguilsk consentit à abaisser son prix à 1 rouble 24 kopeks le poud; l'usine d'Alapaïef, après avoir descendu son pris à 1 rouble 32 kopeks, demanda la résiliation de sou contrat pour une partie de la fourniture. Pour remplacer les rails russes supprimés par cette i i siliatiuii , on eut encore recours aux rails anglais, et on trouva à passer un nouveau marché, à raison de 1 rouble 20 kopeks le poud, rendu a Moscou. Coprix même était regardé comme irès-élevé, eu égard aux prix des rails fournis en d'autres points du réseau, partout à moins de 1 rouille le poud. Il était cependant de 4 kopeks par poud, ou de 10 francs par tonne, inférieur au plus bas prix i|uc l'industrie russe ait pu atteindre, et cola au centre de la Russie.

Le fer de l'Oural a une élasticité et une ténacité remarquables; il est excellent pour la construction de pièces qui

pas pour les rails. Il manque de la dureté nécessaire à la

!42 droits d'entrée dk.s fers.

surface déroulement, et d'ailleurs la fabrication de l'Oural eslpeu précise, les tolérances les plus larges sont immédiatement dÉpassées, et des rails inégalement coupés el peu rigoureusement profilés reudeul la pose de la voie difficile et irrégulière.

L'exemption de droits de douane sur les fers des pouls métalliques a permis à la Grande Sociélé de n'employer presque exclusivement que du fer étranger sur ses lignes; les prix des marchés ont élé 080 francs et 880 francs la tonne de fer mise en place. Ces pris sont notablement iufér ieurs à ceux que l'on pavait eu Russie avant 1857. La Couronne avait payé le pout de Louga 6 roubles 50 kopeks le poud, ou lG2!i francs la tonne ; les marchés passés par la Sociélé avec les usines du pays, dans le but de donner un certain aliment à l'industrie nationale, eld'obleuir ainsi l'exemption des droits de douane sur les autres ponts métalliques, ont été conclus au prix de 5 roubles 50 kopelis le poud (1370 francs la tonne), puis à 4 roubles 00 kopeks (1150 francs). Ce dernier prix est encore de 170 francs au-dessus du prix des ponts métalliques de la ligne de Varsovie, et comme il ne comprenait pas certains frais, notamment les Irais d'échafaudages, on voit que le tarif douanier de 1 rouble par poud, ou de 2ii0 francs par tonne, aurait à peine sul'li pour faire préférer l'industrie nationale a l'industrie étrangère.

L'Ile de l'Oka dans laquelle se tient la foire aux fers renferme en général des fers bruts, des fers en barre, des feuilles de lole, quelques cornières, el presque jamais des fers plus compliqués, tels que des fers à T ; ou y trouve

également du cuivre brut. Mais n'est à peu près tout. Los quantités sont parfois considérables, ruais il y a peu de variété dans tes produits.

A l'autre extrémité de la foire, le long du Volga, nous trouvons dans des barraquessoigneuserueiit garanties contre les intempéries, le dépôt des thés de la Chine, l'une des plus importantes brandies de lu foire. Le thé est apporté à Nijni par les Sibériens qui l'ont acheté des Cliinois. L'échange du thé sur la frontière de Chine se fait presque exclusivement contre des métaux précieux. Les Russes n'ont pas pu éluder, comme l'ordonnait le tsar Alexis, l'emploi du numéraire dans leur commerce avec les Asiatiques. Autrefois du moins, ils fournissaient aux Chinois les fourrures delà Sibérie; mais ce commerce a cessé depuis les premières années de ce siècle, et c'est en argent que se soldent aujourd'hui les acquisitions de la Russie dans l'extrême Orient. On peut se demander où les acheteurs trouvent l'argent qu'ils emploient dans ce commerce.

L'usage du (hé s'est introduit en Russie vers la fin du dix-septième siècle ; on a commencé là, comme en France, par regarder cette nouvelle infusion comme une préparation pharmaceutique. Bientôt on la rechercha pour son goût autant que pour ses effets, et elle est aujourd'hui d'un usage universel. Le thé que l'on trouve en Russie est généralement supérieur à celui qui vient directement de Chine en France ou eu Angleterre; il provient cependant du mfime arbre; mais plusieurseirconslances contribuent à lui douner un parfum plus distingué. Celui qui vient par mer dans l'Europe occidentale est tiré de Canton, et recueilli dans le midi de la Chine; le thé de caravane, qui pénètre en Russie, est, au contraire, tiré du Nord; les épo-

244 MiitCHÉS ques où l'on cueille l'arbuste no sonl pas les mômes daiis ces diverses localités ; et un climat plus doux peut suffire d'ailleurs pour développer quelques principes acres particuliers dans le thé le plus méridional. Enfin le thé de caravane, emballé dans des caisses vernies, doublées de lames depluinb et enveloppées de peaux, passe deux ou trois ans soustrait a toute influence atmosphérique pendant l'immense voyage ii petites journées qu'il fait avant d'atteindre Piijm-Novgorod. Le tué, surtout dans les qualités supérieures, s'améliore en vieillissant. Bieu autrement traité, le (hé qui s'embarque à Canton est moins soigneusement emballé, et passe plusieurs mois exposé aux exhalaisons d'une cale de navire, qui le détériorent plus encore que ne peuvent le faire les vapeurs de l'Océan.

Un thé Ires-fin et des fourrures de grand prix forment une grande partie du luxe du marchand russe, il faut y ajouter des pièces d'argenterie ou de cuivre : les métaux, quels qu'ils soient, sont très-est hués du peuple russe, et, neuf fois sur dix, forment le sujet de ses conversations.

Ou trouve a Kijui les produits industriels des gouvernements voisins et particulièrement la coutellerie du village de Pavlovo, et les ustensiles de cuivre jaune de Toula. La foire comprend encore un marché pour les céréales, et des magasins de fruits du Midi ; la ville de Kief y envoie même ses confitures. Le marché des fourrures présenle toutes les pelleteries de la Sibérie, et de plus les peaux de moulons7HW-n&, cequel'on nomme on France Astrakhan, ut que les Tatars apportent sous le nom de Kurukoul. Comme objets de curiosité, l'Oural expédie à Nijni ses pierres dures taillées à la poussière de diamant; les Persans amènent avec eux leurs lapis brodés, leurs étoiles, leurs armes, et réservent soigneusement jusqu'à la lin de

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la foire leurs talismans el leurs turquoises : négociants rusés avec lesquels il esl difficile de mener jusqu'au bout une opération commerciale, elqui soupçonnent tout acheteur d'être aussi trompeur qu'eux-mêmes.

Nous n'essaierons pas de donner une description plus complète de la foire de Nijni-Novgorod. II nous suffira d'en avoir indiqué les principaux caractères et d'avoir signalé, dans un ouvrage dont la Russie est l'objet, l'un des points les plus curieux de l'Empire. Les chemins de fer russes nous y ont conduit : Ni j ni- Novgorod est jusqu'à présent l'extrémité la plus orientale du réseau européen, el c'est celte limite que nous avons choisie pour y arrêter notre travail.

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