PAR LA CRANDR SOCIÉTÉ
de Toula, Orel, Koursk, Kharkoff, communiquer, soit directement, soit par un embranchement, avec la partie inférieure du Dniepr, au-dessous des cataractes d'Alexandrovsk, et entrer en Crimée entre Pérékop et Guéni- Ichi.
Moscou est situé, comme on sait, sur la Moskva, rivière
■|ull I'- I m- I "k ' ' i-.iil.uy- I- • > ■.-.■Ii M.......I
De Kalouga au confluent de la Moskva, l'Oka l'ait divers détours entre deux rives très - escarpées ; au-dessus de Kalouga, son cours est dirigé du sud au nord. Toula se trouve placé dans l'angle droit que forme h Kalouga la rive droite du tleuve, sur tes bords do l'un de ses affluents, l'Oupa, dont le cours, abstraction laite de diverses sinuosités, se dirige de l'est à l'ouest.
Toute ligue qui joint Moscou à Toula rencontre l'Oka ; la droite qui joint Toula à Orel retrouve le même fleuve, sur les bords duquel la ville d'Ureî est construite.
Koursk est situé sur ia rivière Seim, affluent delaDesna, qui se jette dans le Dniepr auprès de KiefT. Entre Orel et Koursk on franchit dune un faite principal, séparant les eaux de la Caspienne de celles de ia mer Noire.
Kharkoff se trouve à la limite d'un autre bassin, celui du Don et de la nier d'Azolï.
Prolongeant toujours la ligne vers le midi, on voit qu'elle passe près du coude formé par le Dniepr, entre Kkaterinoslatt' et Alexandre vsk, et que plus loin, le Dniepr se détournant vers le sud-ouest, la ligue, pour entrer en Crimée, doit eu quitter de nouveau le bassin ; elle rentre dans celui de la mer d'Aïoff, puis dans .celui de la mer Putride, flaque d'eau sa u mât re séparée de la mer d'Aioff par la flèche d'Arabat, et qui reçoit quelques cours d'eau, le Salgiiir entre autres, descendant des montagnes de la
18 UGMi-S ABANU0K.NÉK9
cote méridionale de la Crimée. Pour atteindre la ruer Noire, un dernier faite est à franchir, celui qui se prolonge jusqu'à Kertch, faite peu élevé, qui donne un passage rapproché de Théodosie.
L'élude de celle longue ligue a été commencée en 18ii7 à la fois parles deux extrémités.
Le tracé le plus rationnel entre Moscou et Toula consisfait à suivre la vallée de la Moskva jusqu'à son embouchure, à traverser l'Oka près du confluent des deux cours d'eau, puis a gagner Toula eu cherchant les points Las du l'aile qui le sépare do l'Uupa. Ce tracé, éLudié par la Compagnie, donnait un excellent profil sur toute la pivimire partie de su longueur, avec un profil plus lonroietilé sur la secundo. Le gouvernement le rejeta eu 1 8'iH, parce qu'il augmentait de près de moitié le parcours de Moscou à Toula, et invita la Compagnie à étudier un tracé direct cuire ces deux points, en abandonnant la vallée du la Mosk\a, réservée à la Compagnie du chemin de fer de Sarafolf. qui n'était pas encore constituée.
De nouvelles études, faites en 1859, conduisirent à la rédaction d'un projet complot de tracé entre Moscou et Urel, par Scrpoukhofî et Toula, avec une variante qui, passant de Moscou à Orel par Kalouga, réunissait par un embranchement Toula à la ligne principale. Ces traces sont extrêmement dispendieux : établis non dans des vallées, mais bien sur des plateaux ravinés daus tous les sens, ils demandent d'énormes terrassements pour arriver fréquemment à des pentes de 0,010 : de telles inclinaisons rendent toujours l'exploitation onéreuse. Dans le tracé par Toula, la traversée de l'Oka à Serpoukholf est surtout remarquablement difficile : un pont de Sofl à :tOl) sagènes se trouverait entre deux pentes tiès-roîdes et
l'Ail LA GRitNDK SOniéTE. 40
très-longues qui le rattachent aux crêtes dominant le fleuve.
Du côté du Sud, Je tracé a été plus facile, cL l'approbation ministérielle y a été successivement donnée sur environ 200 verstes de longueur. La Grande Société ne pouvant attaquer la ligne du Tliéodosie que par ses extrémités, et n'étant pas encore fixée pour l'extrémité .Nord par suite du rejet du tracé par la Moskva, entama la construction de la ligne du Sud par Tliéodosie; elle passa des marchés, et (il ses approvisionnements en outils, eu rails anglais, en traverses du Caucase. Dés 1300, elle avait dans ses dépôts de Tliéodosie, de (iuénitclii et d'Alexandrovsk,
pose de la voie de Tliéodosie au Dniépr, sur' 500 verstes environ de longueur. L'exploitation des forêts du versant méridional du Caucase dirait fournir les bois nécessaires à la construction. Les traverses débitées au Caucase étaient amenées par mer d'AnacIia à Tliéodosie. En 1800, on en avait déjà approvisionné environ (40,000. Cette même campagne fut utilisée en Crimée pour faire les terrassements du chemin de fer sur 00 verstes' do longueur.
Les éludes delà partie moyenne de la ligne de Tliéodosie furent achevées en 1800, etl'on put enfin se rendre un compte exact des difficultés de laconstruction.
La longueur du la ligue s'élève à l,3li:î verstes; cette longueur avait été partagée en trois tronçons.
Dans le tronçon du Word, d'une longueur de iOO verstes, les difficultés du terrain commandaient, comme nous l'avons dit plus haut, une quantité énorme de terrassements : celle quantité dépassait d'après le projet 2 millions desugèues cubiques, ce qui fait ressortir à 5,000 sagencs cubiques par vente la moyenne dos terrassements.
5fl LIGNES ABANDONNAS
Le tronçon du centre, long de 500 versles, ne présentait pas d'aussi grandes difficultés de tracé, cependant les mouvements de terre atteignaient encore une moyenne de 2,500 sagènes cubiques par versle; d'un autre côté, après avoir traversé les régions relativement riches et peuplées du rayon de Moscou, le chemin de fer s'enfonçait de plus en plus dans un pays pauvre de toutes façons cl surtout pauvre en matériaux.
Enfin io tronçon du Sud, d'une longueur de 454 verstes, comprenant le passage de laSleppeella traversée delà Crimée, outre qu'il présentait quelques difficultés de terrain dans la portion voisine du Dniepr, était partout dans les plus mauvaises conditions où puisse se trouver un chemin de fer : point de population, point de bois, point de matériaux, point d'eau. Les rivières mêmes que la carte indique dans cette région, n'offrent peudant la plus grande partie de l'année qu'un lit desséché. En Crimée, des fièvres régnent sans interruption, et l'on trouve à peine de l'eau potable. Pour construire le chemin de Ter, il fallait tout amener du dehors, créer de véritables colonies d'ouvriers, et les faire vivre par des importations continuelles.
D'un bout à l'autre de son immense étendue, la ligne du Midi n'offrait ainsi que des obstacles de toute nature. Ces obstacles se traduisirent par le pris de l'estimation du chemin. Y compris les intérêts à payer aux actionnaires pendant la période de construction, le prix de la verste montait à 95,000 roubles ou environ 350,000 francs, ce qui porterait à près de 500 millions de francs le capital nécessaire pour mener l'entreprise jusqu'au bout.
L'acte do concession delS5" garantissait <i la Compagnie un intérêt du ;> p. (00 pour cette ligue sur fi2,;iU0 rou-
bles par versle, eslimaiion trop faihied'un tiers. Hélait certain par conséquent que l'on ne pourrait pas réunir le capital nécessaire à la conslruction de la ligne du Midi, si le gouvernement no consentait a améliorer largement les conditions du marché. Des propositions lui furent soumises dans ce sens, mais il 11c voulut point écouter les demandes de la Compagnie; de son côté, la Compagnie ne pouvait refuser les propositions de l'État quand il offrait de la subventionner pour qu'elle renonçât à la ligne du Sud (1). Les nouveaux statuts du 3 novembre 1801 prononcèrent irrévocablement le reirait de la concession en ce qui concerne la ligne de Tliéodosie. Les projets, les travaux et les approvisionnements furent eu conséquence cédés à l'Administration publique. Les dépenses faites par la Société sur cette ligue lui onl été comptées pour une somme de 6,400,000 roubles argent, à déduire du forfait de 18,000,000 de roubles dû par la Société a la Couronne pour les travaux exécutés sur la ligne de Varsovie antérieurement à la concession.
IJijne de JJbau. — Cette ligne devait se détacher de celle de Tliéodosie vers Orel ou Koursk, et aboutir à Libau sur la Baltique, en passant par Dunabourg. Elle a été complètement étudiée eu 18i)8 entre Dunabourg et Libau, suivant deux directions, l'une passant par Millau, l'autre plus courte, négligeant Miltau, et allant droit à Libau par le village lithuanien de Janischki. Les deux tracés ont une partie commune de Dunabourg à Birseu, et, après s'être séparés l'un vers Bauske et Millau, l'autre vers Janischki, se rejoignenl à Grosen pour aboutir à Libau. Le Iracé direct a 342 verstes de longueur, et le tracé par Millau, 302 verstes.
iO Nuus revteudrdtu plus lui» <ur ces utgocialioiu,
,Ï2 J.ll'.NKS AUANDONÎiÊKS
Le projet consistai! à détacher la ligne de Liban de lu ligne de Varsovie à qnehpie dislanee de la traversée de la Dvina ; le tracé i|uillait le liassin de la Dvina pour enl ri;r dans celui île l'Aa. après avoir rencontré un petit alïluent du Niémen ; leNîémen est cependant éloigné de la Dvina de 201) versles. Ce délail donne une idée de l'enchevètre- -iient des cours d'eau dans cette région. Les faites y sont d'ailleurs peu élevés. Le tracé par lîauskc et Millau suit la vallée d'un affluent de l'Aa, IcMemel, puis la vallée de l'Aa elle-même, à travers un pays riche qu'on appelle le Jardin de !a Courlande. Quittant l'AaàMitlan, il si! développe dans les plaines qui séparent l'Aa de la V'indau, franchit cette rivière à Groseu, contourne le massif accidenté d'Amliotcn, connu sous le nom un peu prétentieux de Suisse Courlandaise, laisse ia ville de Grohin à droite, et vient aboutir sur la rive droite du chenal qui constitue le port du Libau.
La concession du chemin de fer de lliga à Dunabourg, faite eu ISSiH parle gouvernement à nue Société de marchands de Riga, fut la première cause d'ajournement pour l'exécution du chemin de fer de Dunabourg à Liban. Plus tard, tous les efforts effectifs furent concentrés sur les lignes de Suinl-I'élersliinirg à Varsovie et de Moscou à Nijni-Novgorod , tandis que les espérances les plus prochaines étaient reportées sur la ligue de Moscou àThéodosie. On ne perdit pas de vue la ligne transversale, niais on n'y opéra plus que des reconnaissances suivant différentes ilirei'lmus. C'est ainsi qu'on étudia sommairement une ligne de jfiiii'limi de Dunaliouig à Vilcbsk, une ligue de Liban à Kovno. variante destinée à éloigner la liene transversale de celle de Dunabourg à lliga; enfin des tracés de Vilcbsk à Orcl. cl do Vilna à Toula. Ces éludes por-
(aient sur quatre il ircctit iris entre li'Hjiicllrs 1 f a comparaison paraissait devoir être établie, et qui sont définies par deux points do départ sur la ligne du .Midi, Toula ou Orel, et deux points intermédiaires entre Liliuu et cette ligne, Vilna ou Duuabourg. De ces quatre directions qui toutes donnent à construire des longueurs do chemins de fer supérieures à 1,000 verstes, l'une parait préférable a toutes les autres, parce que nou-seuîenieut elle ouvre au commerce du centre de la Russie le port russe le plus méridional de la Baltique, mais encore parce qu'elle forme à proprement parler le chemin de- fer direct de Moscou à Varsovie. Celte direction part de Toula, passe par Kalouga, Smoiënsk, Orcha et Minsk, rejoint à Vilna la ligne du Varsovie, emprunte jusqu'à Kovno l'embranchement de la frontière de Prusse, puis franchissant la Vilia à Kovno, se dirige sur Liban eu ligue droite. De Toula à Liban, il y aurait par celte voie I ,ifi9 verstes; de Moscou à Vilna, ] ,02 ! verstes ; enlin, il n'y aurait que 1,127 verstes a construire sur les 1 .200 qui forment le parcours total de celle grande voie transversale.
Comme pour la ligue du Midi, le gouvernement tînt la Société quitte de se» engagements i Hâtifs a la ligne de Liban, et l'exécution des projets de )«^7 est ainsi ajournée pour le chemin transversal à un avenir indéfini,
Nous venons de parcourir la totalité du réseau concédé à la Compagnie. L'entreprise Était gigantesque. Elle a été menée avec beaucoup de vigueur, et elle aurait été poussée beaucoup plus loin, si l'Administration publique n'avait préféré briser l'instrument qui fonctionnait eu dehors de son initiative, plutôt que de respecter son indépendance, line grande institution indépendante était elfectï-
veinent quelque chose d'anormal en Russie. Les statuts du ;[ novembre 1861 oui modifié celte situation que le pouvoir avait l'en l'uni illage de croire menaçante. La. concession a (:[& réduite do plus de moi lié, rl le gouvernement, en se faisant représenter dans L'administration delà Compagnie, eu a pris la direction réelle. Ces deux mesures sont contradictoires, car pourquoi le gouvernement a-t-il pris la peine de réduire les attributions dont il allait s'emparer? Mais cette cou iradictiou renferme un aveu. L'Administration russe peut s'approprier les lignes failes ; elle ne pourrait pas créer de nouvelles lignes. Sur ce point l'expérience est complète aujourd'hui. Ce n'est pas la première fois du reste qu'un gouvernement absolu, en croyant frapper un coup d'aulorilé, a donné la preuve de sou impuissance. .