‹ Les chemins de fer russes de 1857 a 1862 (volume 2)Chapitre 25 sur 118 · I". — LES CANAUX · texte numérisé non relu

I". — LES CANAUX

Les voies de communication a ri i 11 ci elles de la llussie sont toutes d'une daie assez récente. Antérieurement à Pierre le Grand, c'est-à-dire jusqu'à la lin du dix-septième siècle, les transports s'effectuaient, pendant l'hiver, sur un sol recouvert d'une couche épaisse de neige, et pendant l'été, sur les rivières, premières voies de communication d'un pays. Le commerce extérieur était peu développé : au midi les Turcs, au uord les Suédois, séparaient la Moscovie de la mer et du reste de l'Europe. Un seul port, celui d'Airiiaugel. pendant sou été de trois mois, servait d'intermédiaire cuire Moscou et l'Occident. Un autre port, Astrakhan, ancienne possession tartare conquise par les Russes au milieu du seizième siècle, mettait en rapport la Russie avec la l'erse, et non avec l'Iùiropc. Du centre de l'empire des tsars h Archange! , il y avait 1 ,200 versles : si l'on songe à ces barrières placées entre l'Europe et la Russie, les unes par des voisins redoutables, les autres par la distance et l'aprete du climat, on n'a aucune peine à s'expliquer pourquoi les Russes ont tant lardé

à se fniri! admettre dans la grande famille on rop^i'nniî.

Pierre le Grand eut la gloire d'arracher h la Suède la lirqioinlôi'.'iiKT que ['clli'-ci n\ail précédemment [.-urif |u isu sur la Pologne, et (l'ouvrir à lu Russie, sur la Baltique, un port plus méridional qu'Archangel et plus rapproché à la Fois dit centre de l'empire et de l'Europe occidentale. La vie d'un liomme ne suffisait pas pour mettre complètement en valeur cette colonie russe jetée sur les bonis du golfe de Finlande, et qui devait bien lût remplacer la vieille capitale de Moscou. Avant tout il fallait réunir Pétersbourg à l'empire; Pierre essaya d'ouvrir quelques routes, mais il donna généralement la préférence à la navigation intérieure, profitant habilement de ce que la nalure avait fait pour la Russie eu créant ses llcuves. C'est de son règne que datent les premiers essais de canalisation, poursuivis dans toutle cours du dix-huitième siècle, taudis que les chaussées elles ponts onteommeucé pour la Russie seulement au dix-neuvième. Les tentatives plusieurs fois renouvelées de 1724 à 1786, pour créer uue route entre Pélersliourg et Moscou, ont toujours été saus résultat.

Au point de vue des communications intérieures, il n'y a pas de fleuve en Europe qui présente un aussi beau réseau que le Volga pris avec lous ses affluents. Il prend sa source sur le plateau des monts Valdaï, fait un immense tour par le nord, pour revenir à Mijiii-Novgorod où il reçoit l'Oka, puis coule de i'ouest à l'est, reçoit la Kama au-dcss.ous de Kazan, et enfin, après des coudes assez, brusques, va se jeter dans la Caspienne. Son cours de 3,000 kilomètres est divisé à .Nijni-Novgorod en deux parties presque égales. Dans sa partie supérieure, le Volga reçoit trois rivières qu'il importe de signaler ici : la Tvcrïsa. h Mnlnjra et !n Chpltsm, lnu(«s trois mit ta rive

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gauche, et toutes Irais descendant îles faites *fuî séparent son bassin de celui fin fîf»ir« de Finlande. L'Oka. qui à lui seul forme un grand fleuve, descend d'un point situé enlie Koursk el Orol, et traee jusqu'à suri coiifluetit avec le Volga un S de 1 ,300 kilomètres a Iravers la région la plus peuplée delà Russie. La Katna, par sou affluent laTehoussovaïa, prend sa source dans l'Oural et apporte au Volga les eaux et les richesses du celle chaîne de montagnes.

Tel est, réduit à ses ligues principales, le vrai patrimoine du peuple russe. Depuis des siècles il occupe le bassin du Volga, groupé plus particulièrumeut dans les contrées où s 'élevèrent les villes de Vladimir d'abord, de Moscou ensuite. Au bassin du Dniepr appartient une autre ville sainte, Kieff, et une autre Russie, la petite, dont l'hisloire di Itère de celle de la grande Russie en un poitil important : la conquête polonaise n'a duré que. trois ans pour la Russie de Museini ; elle a duré plus de deux siècles pour la Russie de Kicff.

De (oui le bassin de la Hid tique, autrefois possession de la Suède et des chevaliers Porte-Glaive, Pierre le Grand n'a pu mettre laniain i|iie sur un seul grand fleuve, la Néva, el

ressiveiueut ajouté le reste du bassin de la Dvina, puis d'immenses portions des bassins du .Niémen et de la Vis- Iule. Ce sont 1rs jonctions de ces rivières aux bassins du Dniépr et du Volga qui constituent lu problème de la canalisation de la Russie.

Une ligue de faite principale sépare le versant de la Baltique des versants tributaires de la mer Noire et (fe la Caspienne. Une autre liguu isole le bassin du Volga de celui du Dniépr, et, par une bifurcation, l'ait place au bassin du Don, tri bu la ire de la mer d'Azof.

-Sfi Î.PS Tlli US SVST&MRS

Le bassin de la Ni'; va, beaucoup moins élendu que celui [lu Volga, préspule mi intérêt égal. Ode rïvîorn, grande, par son volume, niais longue tout au plus de lifl kilomètres, sort du lac Ladoga et vase jeter dans le golfe de Finlande. Le lac Ladoga est alimenté lui-même par trois affluents principaux, qui sont, de l'ouest à l'est, le VolchofF. le -Siass et le Svire, et dont il nous est nécessaire d'étudier sommairement le cours.

Le Volchoff sort du !ac Ilmen, sur les bords duquel est située l'antique cité de Novgorod, autrefois république indépendante comme Pskoff, puis ville hanséatïque comme Airhangcl, maintenant en décadence comme ses deux sœurs ',■ après avoir clé, il y a mille ans, le berceau de l'empire russe. Le lac Ilmen reçoit, entre autres rivières, la Msla *, dont les sources sont peu éloignées de celles de la Tvertsa. l'affluent du Volga que nous avons signalé plus haut. Là donc se trouve dans la ligne de fotle une dépression propre à faciliter le passage du bassin du Volga à celui de la Néva : ce point lopograpbique est situé à moitié chemin de Pélers bourg à Moscou, et s'appelle Vicbnei- Volotchok *.

Si. au lieu du Volchoff, nous remontons le Siass, puis un de ses affluents, nous arrivons h la ville de Tichvine, où une dépression semblable e.iiste dans le même faite. La vallée de l'a fil tient du Siass est adossée à la vallée de la Mologa, qui descend au Volga en droite ligne.

Le Svire est la communication naturelle du lac Onéga duns le lac Ladoga. De l'un des cols de la ligne de faite,

(I) l'skoiï el Korgornil se trailnir.til Je /»rci dans la currespomianio ofllcielle entre les rlouv république».

(S) Mite, vengeance.

(3) Vafottliuli, île Ytilotrliii, [rallier : |i;irn> rjiùm fiïuicliissuit Ii> f;ii1i- Il Yaide. riu traînai', pour reirouver an jett tes vows iuivignbli-9.

descend d'un côlo un affluent du lac Onega, de l'an Ire un affluent d'un autre lac dont le nom est célèbre dans l'histoire delà fondation de l'empire russe le; lac lllauc, qui verse ses eaux dans la Cheksna, l'affluent du Volga dont nous avons cité le nom.

On reconnaît ainsi trois solutions possibles du problème de la communication du Volga à la Neva. Toutes trois sont réalisées et constituent les trois systèmes de navigation.

Premier système ou système <k Viv/mei- Vu/o/c/to/.: — Il

(I) llurick et ses detu [ri 1 rus, reconnus souverains ri» peuple russe, sYlalrlirenl primiliinnenl nu Irord rit! Irtiis lnrs, ri Islmrsk sur lu lue de Pskou", i Nuij;orod sur le bu: tlmrn, ut a ilulocclo sur le Inc Rlanr. Lus dironiqurs riirr.es priX f.-i i. U:r il que le varègue llurirk, d'nbord battu par [us ancêtres des tinsses. Fui ensuite rappelé par .ses laiïiqueiirs qui ra firtnlleur Graml-Priiu t. Il es! plus pruliiililc que les Scandinaves de Hiirick mil pris pieil petit à pelll sur lis lerres du peuple russe, BLn'onl pas réussi huniétliali'uicul ri impriseï leur domination sans rencontrer du résistance. Le choiï Jus résidences des trois premiers r.rands-Durs

sur Ir.'S I in i îles des n^it.n- oi-i-upéus par l>' pi-upl que! Ituriek a donne

suri nom, setliUc prouH'r r[i i r- U - ru, al:i- 1 u r : ri.' jtni i.'n I pas ruii-ore

nager des moyens de retraite, I.n rnudalifiri de l'empire rllis£ . ,.„ gn-i

celle. hïpolliiVe, c'est que te i:rauil lîu'n euicn l est contemporain dus imnsions nonnnritirr. iliins l'utrculcnt de l'Kurope, signe certain de la IrrliioulatiiSri qiii dot ivjjiht nli.rs il.ilii- 1rs [iriïs Scandinaves, e! qui sans doule a jeté sur la Russie mrame sur l'empire dus descendants du Cliarleuinistift une armée île conquérants.

Une théorie historique récente présente Ituriek et les Varèi-iies comme des Lithuaniens el non di s Scandinaves. I,u 'uiliontiHlt- du folidnleur de l'empire a Été l'objet, à Péiershourg, eu ISfiO, d'une diïcuïsidii inililiqne qui il'.i p:i- <■!: iK 1 résultai;. I.'opiniuu ancienne, qui fait de Rurick un Srandiuai c. parait plus admissible que l'opinion contraire. Celle-ci est peut-être inspirée par un sentiment du vanité patriolique. Ilcrlriin; linges air: h v.iii'iil ; 1 1 i ■ - . ■ i anar êlr ci un] ni s par (le; Lithuaniens, leur; pr.rrets éJoL'tié;, qui! par des Searirrinavis, qui ne sont pas leur; prirent; tin toril, l'rm l,'iil,,tiie analogue a eu lieu au dh->epiiême siècle pour l'histoire île France : des historiens ont prétendu dé nlrer que les Francs Mnmil des fin :rtf >ip.

comprend la Nfiva, le canal Ladoga, le Volchoff, le canal Sivers, la Msla, le lac Mslino, le canal à point de partage du Vichnei-Vololcbok, la Tverlsa el le Volga.

De l'élersbourg à Nijni-Novgiirod ce système présente une longueur de 1,309 verstes, dont 1,(92 en rivière et 117 en canal.

Le canal de Vichnei-Volotcliok, point de partage de celle ligne navigable, comprend eu réalité deux canaux, celui delà Tsua, construit de 1719 à 1722, reconstruit depuis il plusieurs reprises, et achevé seulement en 1834, et celui de la Tverlsa, commencé en I 7()i, n lnuclié en 1722, et terminé seulement do nos jours. A ce canal appartiennent les premiers travaux exécutés en Russie dans l'intérêt de la navigation. Un particulier, Michel Serdou koff, imagina de créer des retenues dans les rivières doTsna et de Schlissa.ponrassurer une alimentation suffisante en temps utile (1712-1719) ; c'est lui qui construisit le canal delà Tsua, et en récompense de ses services, il obtint du gouverrnent la concession d'un péage sur les bateaux qui adopteraient celte voie : ses héritiers eu jouirent jusqu'en 1 77;!, époque à laquelle le privilège concédé à Serdoukoff fui racheté par le gouvernement.

Le canal Sivers coulourne le lac Ilmen entre le Volclioff el la Hsla : il a une longueur de 9 verstes et a été construit de 1797 à 1804.

Les lacs îles systèmes navigables sont ainsi doublés généralement d'un canal laléral qui reçoit la presque totalité de la navigation, La difficulté du halage dans les lacs, où une profondeur suffisante ne se trouve qu'à une assez grande distance de la rive, el aussi la fréquence el l'intensité des tempêtes démontrent l'utilité de cette addition.

Le plus grand canal île eegfnre est le canal qui. cfin-

De navigation. lil tournant le lac Ladoga, réunit la Ni 1 va an Volchoff. lia 101 vi'rsles de longueur. Les travaux cmminmi.'és en 1719, onl permis de Je mettre en activité vers 1730. Mais il restait alors de nombreux parachèvements à y exécuter, et nous voyons notamment que, sous le règne de Nicolas 1", des écluses à sas. les unes eu briques, les autres en granit, ont été construites aux extrémités du canal par le général itazaine.

Le système de navigation de Yichnei-Vololcholi, premier eu date, est aussi le premier en importance. Il présente de notables imperfections : entre autres l'insuffisance du tirant d'eau dans le bief de partage, et l'exisleuce de cataractes dans la MsLa, à Burovitch. Ce dernier obstacle n'empêche pas les bateaux de suivre le premier système dans le sens qui va du Volga à la Néva, mais il s'oppose d'une manière absolue au mouvement en sens inverse. Comme les systèmes de navigation ont principalement pour biH l'approvisionnement de Pétersbourg, cette grave imperfection n'est pas un inconvénient radical, et le système de Yiehuei-Volotetiok n'est pas abandonné (1).

Le canal Ladoga, qui sert de lèle commune aux trois systèmes, était encore, malgré les améliorations qui y ont été apportées sous le dernier règne, d'une viabilité assez défectueuse pour qu'on ail trouvé utile de commencer un second canal latéral au premier, d'une section plus grande

(i) l"armi les pcrfccliomii'iiifiilM ili; ili'hiil introduits dam ] a niivi^. hru^ili'i livicrr-, on duit rit.':- !■ :ii"ï î--- 1 : 1 i r- 1-.- ri 1 1-: i r les (jiiaiy iloitaji ,

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