GLACES
assez petits qui pe lardent pas à grossir, puis à se souder ensemble, et qui finissent par former une surface continue. L'épaisseur de celle première cuuclic s'accrotl dans les deux sens, en dessus par les neiges qui s'y rassemblent, en dessous par l'eau qui conlinueà se congeler. Cette addition do nouvelles couches porte l'épaisseur moyenne de la glace à environ 0 m ,80 dans la Neva, à Péiersbourg. On distingue facilement dans la tranche la glace transparente qui provient de l'eau du fleuve, de la glace confuse qui résulte de l'agrégation des neiges.
Le lit d'un fleuve devient pendant l'hiver une sorte de carrière que l'on exploite pour remplir les glacières, accessoire fort utile qui se trouve a peu près dans toutes les maisons en Russie, et pour construire les monlagnes de glace, le plus estimé dos divertissements nationaux. Les ouverlures pratiquées dans la glace sont aussitôt remplies d'eau à peu près jusqu'au bord : ce sont les fontaines de l'hiver. Des emplacements sont réservés pour puiser de l'eau dans la Névael dans les canaux à Péiersbourg. LaNéva offre au mois de janvier un tableau bien différent de celui qu'elle présente l'été. C'est une vaste surface blanche encaissée cuire deux rives ; quelques rampes en charpente la mettent en communication avec les quais. Des maisons de police, des hippodromes, des campements de Samoïedes, des rues jalonnées d'arbres et éclairées au gai, occupent l'emplacement même où, trois mois auparavant, on voyait encore une belle eau bleue rapidement emportée vers le goiïe et sillonnée par des embarcations.
Les dégels, qui sont assez fréquerils à Péiersbourg par Jes vents d'ouest, suffisent pour faire disparaître la neige des rues de la ville ; mais , sauf exceptions Irès-rares, ils sont sans action sur la glace de la Néva : elle ne cède
qu'à la longue, après le dége! définitif du printemps.
La débâcle est, sur tous les fleuves, posiérieu re.de quelques jours à la foule des neiges. Pour la Nova, Io retard peut être d'uu mois entier. Ce relard lient principalement au travail que !a glace doit subir pour que la débâcle soit possible. La foule des neiges du printemps grossit le cours d'eau et Tait monter le banc qui Ilolte à sa surface. Les pluies qui succèdent à la neige le mouillent par-dessus, et bientôt, sous l'influence de la température qui va toujours s' adoucissant, la glace su transTormu intérieurement. Pénétrée par l'eau, elle pard sa rigidité pour prendre un élut moléculaire analogue à celui que l'on observe dans les glaciers des montagnes. Ëilc ne fond pas, mais l'équilibre de la masse il la surface doue eau cour au le est modifié el s'approche de plus en plus du point où il sera définitivement rompu.
Lorsque l'eau absorbée a donné un jeu intérieur suffisant aux diverses parties de l'immeuse morceau qui couvre la rivière, la glace se met en mouvement; elle s'arrête quelquefois après ce premier pas, puis se met en marche de nouveau. Elle commence à su briser par les bords. Les rives exercent latéralement sur elle une compression qui détermine des ruptures suivant certaines directions. Aux coudes cl aux étranglements du lit des rivières, les morceaux délacbés s' enlreclioqucnt, les plus grands se redressent et forment une embâcle qui arrête momentanément la marche du phénomène.
La débâcle est d'une intensité et d'une durée variables d'une rivière à l'autre, el d'un point a l'autre d'une même rivière. Sur la Néva, à Péter s bourg, elle ne dure que trois heures; sur la Dvina, àDunabourg, elle dure vingt-quatre heures au moins. Le voisinage de la mer assure en général