BRISE-GLACES
pieux bailus dans le fond du fleuve; l'ossature était recouverte d'un bordage en madriers dont les arêles riaient encore garanties par des feuilles de tôle. La débâcle de 1 SC I passa sur ces brise-glaces, et leur livra pendant vingtquatre heures un continuel assaut. L'ossature tint bon, mais le bordage fut emporte. Quoi qu'il en soit, les briseglaces provisoires remplirent leur destination, en empêchant la débâcle de raser les échafaudages pour la protection desquels ils étaient placés. Celle expérience prouva d'ailleurs que les brise-glaces en charpente ne peuvent être considérés que comme des brise-glaces provisoires, et que, pour les conserver dans une grande rivière, il faudrait les reconstruire chaque année.
Les brise-glaces en maçonnerie s'adaptent aux piles en pierre, dont ils prolongent à l'amont les avant-becs. On sail qu'autrefois on donnait aux avant-becs une coupe triangulaire ou ogivale. On a abandonne depuis longtemps ce [racé en France pour y substituer une coupe circulaire, qui a l'inconvénient de se prêter assez mal à l'écoulement de l'eau, et de provoquer des remous à axe horizontal capables d'afFouiller l'amont de la pile et quelquefois de renverser le pont tout entier. Aussi n'esl-il pas étonnan| de voir tant de ponts modernes renversés de l'aval a l'amont (1). Le brise-glaces en maçonnerie, qui s'adapte parlai ii' meut à uti avant-bec circulaire, est une forme dispendieuse, mais trés-convenablc pour prévenir de semblables accidenls.
(tj Voir la noie de M. Min.ml, iiispoe dur gi-niîra] des pouls el chaus- Slîts, il II i'< uctuliTL! INii'i. J»i)lls .ijiillh'MHI^ ijlic, tr.l.:ijii'oi] vie» l i|« poser en rivière les premiers tubes d'une fondation à air comprimi 1 , un all'uiiilk'riii'iit fi> [in.it uil en amonl, el la colonne s'incline sensiblemenl de ce cûltf.
Le projet dressé par Perronnet pour un pont fixe sur ia Jiéva ronferme, ainsi que nous l'avons dit, l'indication de la forme dos brise-glaces; les deux plans inclinés qui limitent en amont la pile, se coupent suivant une droite Taisant avec l'horizon un angle de 45'. Latéralement ces plans sont terminés par l'intersection de plans sensiblement verticaux. Dans l'application on a développé celle idée première, en donnant une inclinaison un peu plus forte à l'arête, en !a prolongeant plus loin, enfin, en adoptant l'angle droit pour angle du dièdre qui forme Je couteau.
L'appareil à suivre pour la coupe des pierres du briseglaces consiste à faire sur les faces du dièdre les joints discontinus parallèles à l'arele, et les joints continus perpendiculaires ; les faces du joint sont normales aux faces du dièdre. Sur les faces latérales verticales ou légèrement inclinées, on reprend l'appareil régulier des piles, les joints continus sont horizontaux, et les joints discontinus à angles droits sur les autres. Des pierres spéciales, d'une coupe difficile, réunissent les faces du dièdre à l'avauthec cylindrique; elles présentent un angle rentrant à arèle courbe. Une autre pierre remarquable se trouve à la pointe du brise-glaces. Ou substitue aux arêtes vives, qui seraient vite écornées, des surfaces cylindriques langenles, de quelques centimètres de rajon.
Lorsque le pont est Liais, l'avaul-bcc se (race on plan suivant deux arcs de cercles tangents entre eux et tangents aux faces parallèles de la pile, le brise-glaces se place toujours dans l'axe de la pile, et est traité de la même manière que si le pont était droit ; mais l'intersection de se> plans avec l'avanl-bec donne des courbes plus compliquées, et entraîne des tailles d ès- bizarres pour les pierres qui établissent le raccordement.
Le cordon qui fait ordinairement le tour Je la pile audessous des naissances, doit être graduellement réduit, et toute saillie doil disparailn' corn ploiement au point ou commence la courbure de l'avant-bec à l'amont; celle précaution n'est nécessaire que si le cordon est exposé au choc des glaces, car, à une hauleur assez grande, on pourrait le laisser subsister sans inconvénient. Ilèglegénérale, la glace ne doit rencontrer aucune arête qui puisse faire obstacle a son passage sous le pont.
Dans certains ponts en pierre on a adopté un appareil défectueux, qui consiste à tracer horizontalement les joints continus sur les faces du dièdre formant couteau. Pour que la maçonnerie n'ait rien a redouter du frottement des glaçons qui prennent à rebours toutes les pointes aiguus des pierres ainsi placées, il est nécessaire de garnir l'arèleet les faces du dièdre d'armatures en fer, pièces d'un enlretien difficile, et qui exercent une fâcheuse influence sur la durée des constructions en pierre.
Les grands ponts métalliques de la ligne de Varsovie qui reposent sur des piles lubulairos devaient élre munis de brise-glaces; dans l'absence de toute observation, de tout essai concluant, on a dû étudier longtemps le système (fu'il convenait d'adopter pour ces appareils.
On a d'abord songé à îles brise-glaces en charpente; mais il était facile de prévoir, ce que l'expérience ne larda pas a démonlrer, que les brise-glaces en charpenle ne peuvent être considérés comme des ouvrages définitifs.
Un autre projet fut étudié ensuite : il consistait à entourer d'unepile en inaronnei'iiilcsduuï lubes constituant la pile métallique; l'emploi du système (ubulaire n'aurait été qu'un moyen de parvenir plus vite à mettre le pont en