CORROSION DES LITS
à la masse et à la vitesse du point matériel, et elle est enfin de plus en plus grande sous des latitudes de plus en plus élevées.
Ces considérations s'appliquent à un courant de molécules, à un lleuve par exemple, comme a une molécule unique. Mais ici le phénomène est très- complexe, et il est utile do faire quelques hypothèses pour en simplifier l'étude. Si l'on suppose un lit rectangulaire où l'eau s'écoule par filets parallèles, on est facilement conduit à reconnaître que l'excès de pression du fleuve, sur un métro carré de sa rive, dû à la rotation du globe, et par suite l'effet corrosif produit sur cette rive, toutes choses égales d'ailleurs, sont d'autant plus grands que le fleuve est plus large, et sont indépendants de la profondeur.
Le calcul donne rigoureusement la force qui, en un point donné d'un fleuve quelconque, le Nil ou le Volga, par exemple, tend à attaquer l'une des rives en vertu de la rotation de la terre, cette force étant rapportée à un mètre cube d'eau débité par la section droite du fleuve.
Pour le Nil au Caire, en admettant une vitesse d'écoulement de 0 m ,58, la latitude étant de 30°, et la direction du courant se confondant avec le méridien, on trouve pour la force cherchée 4 grammes par mètre cube.
Pour le Volga, entre Saratoff et Tsarilzin, sous la latitude do 50°, le courant faisant avec le méridien un angle de 20" et possédant une vitesse moyenne de 0 m ,60, la force cherchée est d'environ 6 grammes.
Ces forces doivent être multipliées par le débit du fleuve pour donner l'idée de l'action qu'il exerce sur un même point de sa rive pendant un temps donné. Lorsque le fleuve est en crue, cette multiplication conduit à un produit très-considérahlc, et il n'est pas étonnant qu'il en ré-
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suite une corrosion sensible dans un terrain qui présente
peu de résistance.
Plusieurs raisons s'opposent à ce que la corrosion effective de la rive droite des fleuves se manifeste aujourd'hui dans le reste de l'Europe.
Sans entrer dans L'élude des terrains traversés, on peut observer que les grands fleuves de l'Europe occidentale sont maintenant bordés par des propriétés d'une grande valeur, et que les points attaqués des rives sont protégés à peu prés partout par des travaux de défense; dans les parties orientales delà Russie d'Europe et dans la Sibérie, on n'a pas encore éprouvé le besoin de prévenir les empiétements des cours d'eau ; on y arrivera peut-être ; mais jusque-là ces rivières seront abandonnées à leur étal naturel, et on pourra longtemps encore y étudier les ravages lents exercés par la rotation de la terre (I).
Il) Surcï* pli^nomenes, voir îm ailide lie In Revue des deux mandes, nn^éo 1801, la M-ylite,y,i,ièe eaijiienue, par 11. ÏAhie Reclus.