TOITURES
sieurs fois chaque hiver. Comme il faudrait une inclinaison trop roide puni' prmoquer le glissement naturel île ces couches, on préfère donner au toit une faible inclinaison, qui permet d'effectuer le déblai sans exposer lu vie des hommes. De plus, les toitures sonl généralement recouvorles de feuilles de tille posées sur voliges, à la place des ardoises ou des tuiles de nos pays, et la couverdire nii'lalliipir est hcaiiroup plus élauelie, à inclinaison
égale.
La l'î-irli! île Rondelet ' consistait à donner à un luit, situé dans la zone tempérée boréale, une inclinaison sur l'horizon égale à l'excès de la latitude du loit sur celle du tropique du Cancer, 23° 28'.
Si celte règle élail universellement suivie, tous les toits orientés vers le midi, le long d'un même méridien, seraient parallèles à l'horizon du Iropique au point où ce méridien le rencontre. L'inclinaison pour Hainl-l'élersljnurg serait 36' 33', qui correspond au talus de 3 de hauteur pour \ do base, tandis que certains toils de Pélerslnnirg n'ont qu'une im-linaison de 1 de hauteur pour \ de base, ou le tiers seulement de ce que donne ia formule Rondelet.
La faihle inclinaison des toits augmente les pressions et les tensions des pièces de charpente, et ces pièces doivent recevoir des dimensions d'autant plus fortes qu'elles sonl d'ailleurs appelées à supporter de plus lourdes charges.
Voici le résumé des poids d'épreuve admis pour le calcul de rétablissement des combles des palais impériaux à Pélershourg.
(I) Hondelciiijoiilc quùltjiirs iIi^l.'s pnnr k- luils en lu Mes cl pour les toits ou ardoises.
134 TOITUHKS.
La charpente doit supporter :
1° Le poids des pannes, des voliges
et de la tôle
2° Une couche de neige d'un quart de sagène (0 m ,53) de hauteur, pesant
3° La pression exercée par un coup de vent à la vitesse de 1 7 à 21 mètres par seconde, équivalant à une
pression verticale de
Total
En retranchant du lolal le poids I 4 tM ,40 qui fait parlie du poids propre do la toiture, on trouve une surcharge accidentelle de 94 kîl ,10 par moire carré; encore convieut-il d'observer que le poids admis pour une couche de neige de O m ,53 de hauleur parait un peu insuffisant. La surcharge accidentelle n'en surpasse pas moins de moitié celle qu'on iiiluple ^én Oralement eh France pour les calculs du même genre. Par contre, le poids de I4 UI ,40 pour la couverture est plus petit que les poids des tuiles et des ardoises.
La Graude Société avait commandé à une usine anglaise une toiture pour le prolongement construit par elle en arrière du bâtiment principal de la gare de Pélersbuurg, et destiné à faciliter les manœuvres de garo et à remiser une certaine quantité de matériel. La toiture était formée de 23 fermes, espacées de deux sagènes (4 m ,26) et présentant chacune une ouverture totale de 20 sagènes (42", 06) , avec une flèche de 2** ,80 (5 m ,96).
La pente du comble était ainsi mesurée par le nombre
0,28, légèrement supérieur à Chaque ferme, y compris les L'iiti'tloisL's, les pannes et la couverture, pesaîl 12 tonnes, ce qui fait pour les 25 fermes un total de 300 000 kilogrammes.
Le projet avait élu rédigé conformément aux usages des constructions anglaises, c'est-à-dire en prévoyant des surcharges accidentelles très-petites. Quand les fermes furent exécutées, on appliqua au calcul de vérification de leur résistance la surcharge de 94 kilogrammes par métro carré adoptée pour Pétersbourg. Ce calcul lit voir que les tirants supportaient, par millimètre carré, une tension un peu supérieure à 12 kilogrammes, et que la compression atteignait 9 kilogrammes en certains poinls do l'arbalétrier. Peut-être en d'autres pays eut-on admis sans difficulté ces lourdes charges qui ne seront peut-être jamais réalisées. Mais, sous le climat de Pétersbourg, on craignit pour la durée de la toiture, et on chercha un remède à cette insuffisance sous la condition do ne rien changer à l'arbalétrier. Le problème fut résolu et n'exigea quolo remplacement de quelques pièces secondaires. Des colonnes en fonte, placées sous les milieux des arbalétriers de trois en trois fermes, portent à la parité supérieure une série de petites poutres métalliques à treillis qui soutiennent les milieux des arbalétriers intermédiaires. L'espace à couvrir était situé au fond de la gare proprement dite, qui aune largeur do 10 sagènes, comprenant deux trottoirs et trois voies. Les colonnes ajoutées après coup se trouvent donc dans le prolongement des deux façades intérieures qui dans la gare regardent les voies, et cette addition, qui réduit à peu près au quart les efforts subis par la charpente, a pu s'opérer sans nuire ni au bon effet de la construction ni à la commodité du service.